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5e récit - 22 février - Bali


Suite à deux journées bien remplies, tout le monde apprécie de pouvoir profiter de la quiétude offerte par l''hôtel Conrad de Nusa Dua.  Se prélasser au soleil, se baigner, se faire masser, faire de l’exercice, lire, dormir, méditer : autant d’activités propices au cadre enchanteur de ce complexe hôtelier qui marie à merveille le moderne et le traditionnel, l’utile et le confort.
 
Hélène Gauthier et Jean-Claude Laquerre ont d’ailleurs la formule tout à fait appropriée pour décrire et faire partager à leurs parents et amis le bonheur qu''ils ressentent : “On fournit pas d’être bien...”

** La chronique de Bob **

Ces heures lascives prêtent aussi à la réflexion.  Dans ce pays où le sacré se présente sous une forme unique d’hindouisme et d’animisme, chaque geste influence le fragile équilibre entre les forces du bien et du mal.  Les nombreuses offrandes quotidiennes prennent ainsi tout leur sens.  Il est donc logique de déposer au sol, sur le seuil de sa maison ou de sa boutique, des gâteries pour satisfaire les esprits du mal et les forcer par le fait même à s’éloigner
que d’inviter ceux du bien à s’installer au coeur de notre demeure en disposant sur l''autel domestique de quoi les rassasier.

La vie et la mort sont intrinsèquement liées dans un univers de rituels qui prédisposent à la réincarnation.  Les naissances et les décès sont reliés de cycles indissociables et tout aussi importants les uns que les autres.

Je vous laisse sur un passage tiré du très beau roman de Philippe Claudel : L’arbre du pays Toraja (île de Sulawasi en Indonésie).

“Près d’un village du pays Toraja situé dans une clairière, on m''a fait voir un arbre particulier.  Remarquable et majestueux, il se dresse dans la forêt à quelques centaines de mètres en contrebas des maisons.  C’est une sépulture réservée aux très jeunes enfants venant à mourir au cours des premiers mois.  Une cavité est sculptée à même le tronc de l''arbre.  On y dépose le petit mort emmailloté d''un linceul.  On ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus.  Au fil des ans, lentement, la chair de l''arbre se referme, gardant le corps de l’enfant dans son
grand corps à lui, sous son écorce ressource.  Alors peu à peu commence le voyage qui le fait monter vers les cieux, au rythme patient de la croissance de l''arbre.

Nous enterrons nos morts.  Nous les brûlons aussi.  Jamais nous n''aurions songé à les confier aux arbres.  Pourtant nous ne manquons ni de forêts ni d''imaginaire.  Mais nos croyances sont devenues creuses et sans écho.  Nous perpétuent des rituels que la plupart d''entre nous seraient bien en peine d''expliquer.  Dans notre monde, nous sommes désormais la présence de la mort.  Les To raja en font le point focal du leur.   Qui donc est dans le vrai?”


 

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