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5e récit - 2 novembre – Franschhoek

Bonjour tout le monde!

Ce matin, la température est encore exceptionnelle.  Tous sont en forme et, après avoir pris un bon petit-déjeuner, nous nous apprêtons à prendre la route vers Franschhoek, situé à une cinquantaine de kilomètres de la ville du Cap. 

Pour bien vous mettre dans l’ambiance de notre journée d’aujourd’hui, voici quelques informations historiques sur Franschhoek. 

Au XVIIe siècle, le gouverneur Simon van der Stel avait insisté auprès de la Compagnie Néerlandaise des Indes orientales pour que lui soient fournis des experts vignerons et des spécialistes de l''olivier afin de cultiver des terres riches en alluvions.  La compagnie accepta sa requête et le 31 décembre 1687, un premier navire transportant des réfugiés huguenots d''origine française quitta la Hollande pour Le Cap.  Ces Huguenots s''étaient retrouvés en Hollande à la suite de la révocation de l''édit de Nantes par Louis XIV en 1685.  La compagnie leur offrait un pécule et une terre à cultiver en Afrique du Sud pour une durée de 5 ans minimum.

Au bout d''un voyage de 3 mois pendant lesquels périrent de nombreux passagers, quelque 176 Huguenots débarquèrent au Cap au cours du premier trimestre 1688.  En tout, près de 277 huguenots s''installèrent dans la colonie néerlandaise.

Le gouverneur van der Stel leur avait réservé des terres dans la vallée d''Olifantshoek rapidement rebaptisé Franschhoek (littéralement « le coin des Français » en afrikaans) afin que ces derniers puissent y développer la culture de la vigne.

Le pasteur de l''Église huguenote, Pierre Simond, essaya en vain de préserver l''usage de la langue française bravant la politique d''assimilation du gouverneur.  Il demanda sans succès en 1689 que le culte puisse être exercé dans cette langue.  Une génération plus tard, l''assimilation était réussie et plus aucun francophone ne subsistait dans la colonie.

La culture de la vigne se développa à Franschhoek et dans toute la vallée du Drakenstein grâce à l''apport des Huguenots français.

En 1992, à la suite de l''amalgation entre la commune blanche de Franschhoek et des townships voisins pour former une nouvelle collectivité comprenant 3 000 coloureds, 500 noirs et 1 200 blancs, la ville devient la première de l''Afrique du Sud située en zone officiellement blanche à se doter d''un maire non blanc, en l''occurrence coloured, à la suite de la délibération des 12 membres du conseil municipal.  En même temps qu''il allait occuper cette fonction, Frank Arendse et son premier adjoint, Arthur McWilliam-Smith, ancien maire blanc de la ville, adhéraient au congrès national africain. Néanmoins, un an plus tard, à la suite de nombreuses menaces de mort et insultes, Arendse décide de ne pas solliciter de nouveau mandat et est remplacé par Arthur McWilliam-Smith.

À partir des années 1990, de nombreuses fermes sont rachetées par des fonds d''investissement et des personnes privées d''origine européenne, notamment anglaise et française.  Près de 11 % de la population du village est dorénavant de langue anglaise.

De nombreux noms de famille français subsistent dans la région (Du Toit, Marais, Du Plessis, Malan, Malherbe, Joubert).  C''est pourquoi la plupart des fermes et domaines viticoles de la vallée portent des noms à consonance française (« Chamonix », « l''Ormarins », « l''Abri », « La Bri »).

Plusieurs voyageurs ont suivi Léonce pour la visite du musée tandis que les autres voyageurs ont préférés faire une découverte personnelle de la belle petite ville et y faire un peu de shopping.

Après ce court temps passé à Franschhoek nous nous sommes dirigés vers notre vignoble ou nous étions attendus pour un magnifique dîner pique-nique dans les jardins de Boshendal.

L’essentiel du vignoble sud-africain est concentré à une heure du Cap, dans la province du Cap-Ouest, région la plus méridionale du pays.  Rien qu’autour de la ville de Stellenbosch (où l’université héberge une filière œnologique reconnue), cohabitent pas moins de 80 producteurs, dont la consonance de certains domaines, comme l’Avenir, le Bonheur ou le Pommier (sic), scelle toujours l’héritage francophone.  Boschendal est de ceux-là, la cuvée maison la plus prestigieuse portant le nom du premier propriétaire des lieux, un certain Jean Le Long, huguenot ayant fui la persécution religieuse en Europe. Enfin, autre trésor national : le vin. Neuvième pays producteur mondial, et premier du continent avec 102 000 hectares de vignes, l’Afrique du Sud chérit son breuvage, au point d’avoir inventé, en 1925, un cépage rouge, le pinotage - croisement entre le cinsault et le pinot noir.

Inhérentes à la colonisation, les vignes ont accompagné la première vague migratoire en provenance de l’Europe, au milieu du XVIIe siècle.  Aujourd’hui, la République enfin délivrée du joug ségrégationniste cultive une pratique si prisée qu’elle confine au hobby : le wine tasting. Ou, comme on dirait à Saint-Emilion ou Riquewihr, la dégustation.

Notre lunch servi dans un charmant panier à partager entre deux personnes était succulent et surtout amusant accompagné encore une fois de bons vins.  Nous nous sommes régalés et l’endroit était magique avec une charmante brise, fort heureusement car aujourd’hui le mercure a monté à plus de 32 degrés.

Suite à cette visite, nous prenons la direction de Stellenbosch mais pas de n’importe quelle façon!!!  En effet, nous avons la chance d’être conduits à bord de voitures anciennes, par leur propriétaire…  La route est magnifique et c’est charmant de partager un peu de la passion de ces habitants et de leur voiture de collection.

Stellenbosch est un charmant village où le temps semble s’être arrêté et la vie y semble bien agréable.  Léonce nous fait visiter la ville et nous reprenons la route vers notre hôtel de ce soir situé dans les collines près de Franshhoek.  Un magnifique hôtel de charme comme je les aime. Nous nous sommes retrouvés à la piscine de l’hôtel pour nous détendre avant le souper.  Malgré l’eau assez froide plusieurs braves ont fait saucette.

Un excellent souper encore une fois et accompagné d’un pianiste juste pour nous dans la belle salle à manger de l’hôtel.

C’est le temps d’aller au lit maintenant et je vous dis à demain.

Louise


 

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