Accompagnée par
Manon Gagnon

Bonjour à vous tous, amis et proches de nos voyageurs,


Après trois jours de pur lâcher-prise, bercés par le soleil, la plage et la piscine, le temps semblait presque suspendu. Ce repos bien mérité a permis à chacun de refaire le plein d’énergie, de retrouver le sourire et de savourer ce rare luxe : du temps pour soi, sans horaire ni obligation. Dans ce décor de rêve, le bonheur prenait des airs d’évidence. Sous notre bienveillance d’accompagnatrices, Manon et Guylaine , le groupe a doucement apprivoisé l’art du bien-être.


Puis, l’appel de la route s’est fait sentir. Frais et dispos, levés dès l’aube et réchauffés par un petit déjeuner, nous avons pris la direction de Tafraoute et Tiout. Les 165 kilomètres à parcourir se sont vite effacés devant la beauté des paysages. Routes sinueuses, montagnes arides, horizons à perte de vue… Le Maroc se dévoile lentement, majestueux, rappelant par son immensité le Québec, mais avec une âme et des couleurs bien à lui.


Ici, la nature raconte aussi les bouleversements de notre époque. Habituellement avare de pluie, la région porte les marques de la sécheresse. Pourtant, cette année, quelques précipitations ont redonné un souffle au paysage : un filet d’eau ici, une rivière partiellement remplie là-bas. Preuve que les changements climatiques touchent tout le monde, d’un continent à l’autre. Malgré cela, les habitants avancent avec courage, résilience et une admirable capacité d’adaptation.


L’arrivée à Tafraoute est un véritable choc visuel. Blottie à 1 200 mètres d’altitude, la ville semble se cacher entre les montagnes de l’Anti-Atlas, comme le suggère si bien son nom. Le granit rose qui l’entoure embrase le paysage, et l’on devine sans peine pourquoi le coucher du soleil y est réputé magique. Les maisons ocre, harmonieusement fondues dans la montagne, se dispersent entre amandiers, arganiers et palmiers, donnant à la ville une douceur presque irréelle.


En cette saison hivernale, avec des températures oscillant entre 15 et 18 degrés, Tafraoute vit au ralenti. Pour les habitants, il fait frais ; pour nous, c’est un climat idéal — infiniment plus clément que celui du Québec. Nous prenons le temps de marcher, d’observer, de photographier, et surtout de nous imprégner de cette atmosphère paisible qui marque l’esprit autant que le cœur.


La route nous mène ensuite vers un village rattaché à Tafraoute, dominé par un immense rocher incliné que l’érosion a patiemment façonné au fil des siècles, lui donnant la forme surprenante d’un chapeau de Napoléon. Autour, les rochers semblent raconter des histoires : visages, silhouettes animales, formes mystérieuses. Un lieu qui, depuis toujours, inspire poètes et chanteurs berbères.


Une pause bien attendue s’impose à l’heure du dîner. Au menu : salade marocaine, tajine de bœuf et des fruits pour conclure le repas. Revigorés, nous partons ensuite à la découverte du centre-ville, où artisans et marchands nous accueillent avec chaleur. Les négociations s’animent, les sourires fusent, et grâce à notre guide Houcine, véritable maître de l’art du marchandage, plusieurs repartent avec des babouches et des bijoux.


Sur le chemin du retour, Houcine nous offre un itinéraire différent, ponctué de paysages encore plus saisissants. Quelques arrêts nous permettent de découvrir des ruines anciennes et un ancien lieu de commerce juif. Devant ces structures vieilles de plus de 800 ans, toujours debout, le temps semble une fois de plus suspendu.


En fin de journée, nous retrouvons l’hôtel, un peu fatigués mais le cœur rempli. Autour d’un bon souper au restaurant, les conversations s’animent. Chacun partage ses coups de cœur, ses images marquantes, ses émotions, même avec ceux qui ont choisi de rester sur place. Une journée riche, intense et profondément humaine, qui s’ajoute aux précieux souvenirs de ce voyage.

Bonne nuit,

Manon et Guylaine