Accompagnée par
Alexandre Gignac et Ann-Marie Garneau
Villes visitées
Lisbonne, Tomar, Coimbra, Douro, Guimaraes, Bom Jesus, Porto, Aveiro, Nazaré, Alcobaça, Batalha, Évora, Monsaraz, Algarve, Île de Tavira, Ria Formosa

Après une bonne nuit de sommeil pour certains et quelques heures de repos pour d’autres, nous commençons la journée par le généreux buffet-déjeuner de l’hôtel. Le choix est impressionnant : charcuteries, pastel de nata, fromages, saumon fumé, plats chauds et plusieurs spécialités locales. Les commentaires sont unanimes autour des tables : tout est excellent.


Ce matin, nous nous retrouvons dans le hall de l’hôtel pour amorcer notre première véritable journée d’exploration de Lisbonne. L’énergie est bonne, les visages sont reposés et l’enthousiasme est palpable. Avant le départ, Alexandre met en place notre système d’« amis de voyage ». Les duo de voyageurs sont associés à un autre duo de référence. Lorsqu’il est temps de remonter dans l’autocar ou de quitter un site, une simple question suffit : « Avez-vous vos amis? » Cette méthode facilite grandement les déplacements et nous permet de nous assurer rapidement que personne n’est resté à admirer un monument ou à magasiner un souvenir un peu trop longtemps! En prime, elle favorise naturellement les échanges entre voyageurs qui apprennent à mieux se connaître au fil des journées.


Nous retrouvons encore aujourd’hui, notre guide local, André Gonçalves, pour cette découverte de la capitale portugaise. Au fil de ses explications, nous apprenons à mieux comprendre cette ville construite sur sept collines et tournée depuis toujours vers le Tage.


Très rapidement, notre regard est attiré par l’impressionnant pont Vasco-de-Gama. Avec ses près de 17 kilomètres de longueur, il détient le titre de plus long pont d’Europe. Naturellement, les comparaisons avec le Canada commencent à surgir. Plusieurs voyageurs pensent immédiatement au pont de la Confédération, qui relie l’Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick. André nous explique également que le pont est payant dans un seul sens, tout comme le pont de la Confédération. Ces ressemblances provoquent plusieurs discussions dans le groupe.


Au cours de la matinée, André nous montre également la statue de Gil, la mascotte de l’Exposition universelle de 1998 tenue à Lisbonne. Lorsque notre guide nous demande si l’un des voyageurs porte ce prénom, plusieurs répondent spontanément que nous avons même trois Gilles dans notre groupe. André semble sincèrement surpris, car il nous explique que ce prénom est plutôt rare au Portugal.


L’un des moments les plus attendus de la journée est sans contredit notre balade à bord de tramways privés. Dès les premières minutes, nous réalisons cependant que même les transports historiques de Lisbonne doivent composer avec la circulation moderne. À un moment, nos tramways se retrouvent immobilisés derrière un camion de bière en pleine livraison. Plus loin, c’est un tuk-tuk en panne qui bloque complètement le passage. Loin de s’impatienter, le groupe trouve la situation plutôt amusante. Les appareils photo sortent rapidement et plusieurs immortalisent ces scènes typiquement lisboètes.


La visite nous réserve également un petit défi inattendu. Dans certains secteurs, les rues étroites et les épais murs des bâtiments historiques nuisent parfois à la qualité de la transmission des audioguides. André prend soin d'intervenir lorsque les conditions le permettent et adapte son rythme au parcours, mais Patrick n’hésite pas et prend également le relais à plusieurs reprises pour compléter les explications et partager de nombreuses informations avec le groupe du tramway numéro 2. Finalement, ces échanges spontanés enrichissent encore davantage notre découverte de la ville.


Le tramway nous permet de découvrir plusieurs secteurs emblématiques de la ville. Nous traversons des rues étroites bordées de façades colorées, gravissons des pentes impressionnantes et observons la vie quotidienne qui se déroule sous nos yeux. Dans certains quartiers, le linge sèche encore aux fenêtres tandis que les résidents discutent sur le pas de leur porte.


À l’heure du dîner, nous nous retrouvons au restaurant Audrey's, tout près du château Saint-Georges. Le repas est généreux et savoureux. Plusieurs découvrent notamment une étonnante confiture de citrouille qui accompagne certains fromages locaux. Cette association surprend d’abord plusieurs voyageurs, mais les commentaires deviennent rapidement très favorables.


C’est également durant cette pause qu’André nous initie à quelques subtilités de la langue portugaise. Nous apprenons qu’un homme dira « obrigado » alors qu’une femme dira « obrigada ». Notre guide résume la chose avec humour : lorsqu’on remercie quelqu’un, on dit littéralement « je suis obligé ». La réponse traditionnelle est alors « de nada », ce qui signifie « de rien ». Cette explication simple provoque plusieurs sourires et tout au long du reste de la journée, les « obrigados », les « obrigadas » et les « de nada » fusent un peu partout dans le groupe.


Après le dîner, nous poursuivons notre exploration jusqu’au château Saint-Georges, qui domine la ville depuis des siècles. Les panoramas sont tout simplement magnifiques. Devant nous, les toits orangés de Lisbonne s’étendent jusqu’au Tage, créant un décor spectaculaire qui attire rapidement les photographes du groupe.


C’est également à l‘entrée du château qu’a lieu l’anecdote la plus mémorable de la journée. Danielle et Monique deviennent en une fraction de seconde, les victimes involontaires d’un pigeon particulièrement précis dans ses manœuvres aériennes. La situation déclenche immédiatement une vague de solidarité. Des voyageurs offrent des mouchoirs, d’autres viennent prêter main-forte aux opérations de nettoyage, tandis que les commentaires humoristiques fusent de toutes parts. Les éclats de rire se multiplient et, pendant plusieurs minutes, tout le groupe est complètement dissipé. La camaraderie s’installe naturellement dans ce genre de situation improbable. Encore longtemps après l’événement, les plaisanteries continuent de circuler et il devient difficile pour André de ramener tout le monde au calme afin de débuter la visite du château.


En milieu d’après-midi, nous reprenons tranquillement le chemin de l’hôtel en traversant un quartier reconnu pour son art urbain. Les immenses murales colorées offrent un contraste saisissant avec les monuments historiques découverts plus tôt dans la journée.


Après un peu de temps libre pour se reposer et profiter des installations de l’hôtel, nous nous dirigeons en soirée vers la Casa Tradição pour vivre l’une des expériences culturelles les plus emblématiques du Portugal : le fado.


Malgré la chaleur qui persiste encore en fin de journée, tout le monde est au rendez-vous dans ses plus beaux habits. L’élégance est de mise pour cette soirée toute spéciale.


Le repas est servi dans une ambiance chaleureuse. Un moment mémorable survient toutefois avant même le début du spectacle lorsque la chaise de Roch décide soudainement de rendre les armes dans un bruit impressionnant. Plus de peur que de mal heureusement, mais l'incident provoque immédiatement une vague de rires qui anime les conversations pendant un bon moment.

Le souper est excellent et le dessert fait particulièrement l’unanimité. Ann‑Marie elle-même, qui n’est habituellement pas une grande amatrice de desserts, se laisse tenter par une deuxième portion, ce qui en dit long sur sa qualité.


Puis, peu à peu, les conversations s’estompent lorsque les musiciens prennent place. Les premières notes résonnent dans la salle et captent immédiatement notre attention. Plusieurs voyageurs s’intéressent particulièrement à l’instrument principal qui accompagne les chanteurs : la guitare portugaise, appelée guitarra portuguesa. Avec sa caisse en forme de goutte et ses douze cordes métalliques, elle produit cette sonorité cristalline et mélancolique qui caractérise le fado. Ses accents délicats ajoutent une profondeur toute particulière aux chansons et contribuent à créer cette atmosphère unique qui touche même ceux qui ne comprennent pas la langue.


Les voix puissantes et chargées d’émotion nous transportent dans cet univers où la nostalgie, les souvenirs et les sentiments profonds occupent une place centrale. Même sans saisir chaque parole, il est facile de ressentir toute l’intensité de cette tradition musicale.


Lors d’une chanson plus entraînante, la chanteuse nous invite à participer. Après quelques hésitations bien naturelles, plusieurs voyageurs se prêtent volontiers au jeu et toute la salle se met à chanter ensemble. Les sourires apparaissent instantanément et l’ambiance devient encore plus chaleureuse. Ce moment spontané restera certainement parmi les beaux souvenirs de cette soirée portugaise.


Au retour, certains voyageurs choisissent de reprendre l’autobus vers l’hôtel, tandis que d’autres profitent de la douceur exceptionnelle de la soirée pour rentrer à pied dans les rues de Lisbonne. Une belle façon de conclure cette journée riche en découvertes.


Entre les quartiers historiques, les aventures en tramway, les vues spectaculaires sur le Tage, les leçons de portugais, les péripéties des pigeons du château Saint‑Georges, la chaise rebelle de Roch et les émotions du fado, Lisbonne nous aura offert aujourd’hui plusieurs de ses plus beaux visages. Et ce n’est que le début.