Accompagnée par
Louise Drouin
Villes visitées
Kilimandjaro, Kilimandjaro Ouest, Parc national d'Arusha, Parc national Tarangire, Lac Manyara, Karatu,Ngorongoro, Ndutu, Lac Ndutu, Parc national du Serengeti

17 février – De la conservation du Ngorongoro aux plaines infinies de Ndutu

Après la journée magistrale vécue hier dans le cratère du Ngorongoro, nous avons passé la nuit tout près du parc, dans un campement installé en pleine nature. Et quand je dis en pleine nature, ce n’est pas une image poétique — c’est la réalité. Ici, nous sommes accompagnés le soir et au lever du jour pour circuler entre les tentes, car les animaux sauvages s’approchent régulièrement des hébergements.

Quand je dis que nous étions au cœur de la nature, je pèse mes mots. Ici, on est vraiment dans la nature. Le soir comme le matin, nous devons être accompagnés pour circuler, car les animaux s’approchent des tentes et des lodges. Ce n’est pas une image romantique… c’est la réalité.

La nuit a été sonore. Les buffles sont venus tout près des campements. On les entendait souffler, brouter, marcher lourdement autour des tentes. Deux de nos voyageuses ont même eu un petit moment de surprise en pleine nuit en réalisant la proximité de ces imposants visiteurs… mais tout s’est calmé et chacun s’est rendormi. Au petit matin, l’anecdote du jour nous attendait déjà. En croisant Peter et Jany sur leur balcon, je remarque que Peter porte un soulier… et un bas sans soulier. Intriguée, je lui demande ce qui s’est passé. Il m’explique, en riant lui-même, qu’il a mis le pied directement dans un beau tas d’excréments de buffle laissé par nos visiteurs nocturnes. Fou rire général. Voilà ce que signifie dormir au cœur de la savane africaine !

Nous prenons le petit déjeuner dans cette atmosphère encore imprégnée des sons de la nuit, puis nous quittons le campement à 8 h, accompagnés, comme toujours, par les chants et la danse du personnel. Ces départs sont devenus des moments profondément touchants. Il y a quelque chose de simple et de vrai dans ces adieux.

Nous restons d’abord dans l’aire de conservation du Ngorongoro. Cette région, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, couvre plus de 8 000 kilomètres carrés et se distingue des parcs nationaux traditionnels par sa philosophie de cohabitation. Ici, les populations massaï vivent toujours sur ces terres avec leurs troupeaux. Ils ne chassent pas les animaux sauvages, mais ils partagent le territoire avec eux. On y retrouve donc des villages, des enclos pour le bétail, des troupeaux de chèvres, de moutons et de vaches, tout cela au milieu des zèbres, des gnous et parfois même des prédateurs. C’est un équilibre fragile, mais fascinant.

Nous roulons à travers ces paysages vallonnés aux routes orangées bordées de vert intense. Les villages massaï parsèment le territoire. Les étoffes rouges, bleues et violettes portées par les habitants contrastent avec la terre et le ciel. Des enfants gardent les troupeaux. Des femmes marchent avec assurance. Certains hommes nous saluent de la main. Quelques-uns acceptent d’être photographiés, toujours avec ce mélange de fierté et de douceur dans le regard.

Peu à peu, le paysage s’ouvre davantage. La végétation change. La savane devient plus vaste. Nos guides quittent progressivement les pistes principales et commencent à rouler hors piste. Nous approchons de la région de Ndutu, située au sud du Serengeti, là où la grande migration s’installe entre janvier et mars pour la saison des naissances.

Et soudain, l’immensité.

Des gnous. Des milliers. À perte de vue. Des zèbres en nombre impressionnant. Des hyènes qui circulent entre les troupeaux. Des marabouts immobiles qui observent la scène. Des girafes élancées en arrière-plan. Nous roulons littéralement au milieu des animaux, sans route tracée, guidés par l’expérience de nos chauffeurs.

C’est un moment presque irréel.

Nous apercevons aussi des vautours rassemblés autour des restes d’une proie. La vie sauvage ne cache rien. Elle montre tout : la naissance, la survie, la prédation.

Nous faisons une pause pour le pique-nique sous un grand arbre isolé. L’endroit est magnifique. Deux Massaï de la région s’approchent doucement. Nous partageons avec eux certains aliments de nos boîtes à lunch qui ne seront pas consommés. Les échanges sont simples, respectueux, naturels.

Nous poursuivons ensuite notre route à travers les troupeaux. Des autruches se tiennent un peu à l’écart. Les hyènes nous observent sans gêne. Les gnous continuent leur lente progression.

Puis vient un moment fort.

Avant même d’entrer officiellement dans le parc national, nous apercevons un guépard. Magnifique, élancé, concentré. Il vient tout juste de capturer une petite gazelle. Par moments, il mange. Par moments, il s’arrête, regarde autour de lui, puis se couche quelques instants. La scène est puissante. Difficile et belle à la fois. C’est la savane dans toute sa vérité.

Nous continuons notre avancée et apercevons ensuite de nombreuses girafes, puis un léopard perché dans un arbre. Il est bien dissimulé, fidèle à sa réputation, mais visible assez longtemps pour nous permettre de l’admirer.

Les lions sont également de la partie. De magnifiques mâles, impressionnants, indifférents aux Jeeps qui circulent autour d’eux. Et puis ce moment spectaculaire : plus d’une quinzaine de girafes réunies ensemble, élégantes et majestueuses, offrant un tableau digne d’un documentaire.

La journée est dense. Intense. Vivante.

En fin d’après-midi, nous arrivons enfin à notre lodge à Ndutu, où nous passerons les deux prochaines nuits. Après la poussière et l’intensité de la savane, l’accueil avec un verre de bienvenue et un service impeccable est particulièrement apprécié. Les chambres sont magnifiques, confortables, luxueuses sans excès.

Nous partageons un excellent repas avant de regagner nos chambres.

Cette journée marque un tournant.

Nous avons quitté la profondeur géologique du Ngorongoro pour entrer dans l’immensité vivante de la migration.

Et ce que nous avons vu aujourd’hui… n’est que le début 🤍✨.

Louise