Jour 4 – 12 juillet 2026
En route vers Longyearbyen… et vers le Commandant Charcot
Bon matin tout le monde!
Malgré une heure de réveil qui ressemblait davantage au milieu de la nuit qu'au début d'une journée, toute notre joyeuse équipe déborde d'enthousiasme. Aujourd'hui, c'est enfin le grand départ vers notre véritable aventure : notre expédition à bord du Commandant Charcot de Ponant.
À 4 h 15, nous quittons le Novotel de l'aéroport Charles-de-Gaulle, où nous avons passé une excellente nuit. Quel bon choix d'hôtel! Situé à moins de dix minutes de marche du terminal 3, il nous permet de rejoindre l'aéroport rapidement et sans stress. Chacun reçoit sa petite boîte à lunch préparée à l'avance, un déjeuner bien apprécié à cette heure où Paris dort encore.
Au terminal, les représentants de Ponant nous accueillent chaleureusement et procèdent à l'enregistrement de notre groupe auprès de la compagnie aérienne Enter Air.
Fondée en 2009 et basée à Varsovie, Enter Air est une compagnie aérienne charter polonaise, aujourd'hui la plus importante de son pays et l'une des principales en Europe. Spécialisée dans les vols affrétés pour les voyagistes, elle transporte chaque année des millions de passagers vers des destinations de vacances ou d'expédition. C'est à bord de l'un de ses Boeing 737 que nous nous envolerons aujourd'hui vers Longyearbyen, la porte d'entrée de l'archipel du Svalbard.
Comme nous sommes arrivés tôt, nous figurons parmi les premiers à nous enregistrer. Environ 150 passagers prennent place à bord de notre vol, tandis qu'une soixantaine d'autres voyageurs rejoindront Longyearbyen par un second vol spécialement affrété par Ponant.
En attendant notre tour, nous observons les autres passagers et un détail attire rapidement notre attention. La file est composée d'un très grand nombre de voyageurs asiatiques, principalement chinois. Mais ce qui nous surprend encore davantage, c'est leur âge. Nous nous attendions à rencontrer surtout des voyageurs plus âgés, compte tenu du coût élevé d'une telle expédition dans le Grand Nord. Pourtant, plusieurs semblent être dans la jeune vingtaine. Il est fascinant de constater que cette aventure attire une clientèle aussi diversifiée et internationale. Autour de nous, les conversations se déroulent surtout en chinois, ajoutant une touche encore plus cosmopolite à cette journée qui ne fait que commencer.
Le passage aux contrôles de sécurité s'effectue rapidement. Nous nous dirigeons ensuite vers la porte d'embarquement où Ponant avait tout prévu. Fruits frais, café et autres petites attentions nous attendaient afin de rendre l'attente des plus agréables. Fidèle à sa réputation, la compagnie sait recevoir ses invités dès les premiers instants. Nous en profitons également pour immortaliser ce moment avec quelques photos avant le grand départ.
Une fois installés à bord, nous constatons que l'appareil pourrait accueillir davantage de passagers; plusieurs sièges demeurent libres, ce qui rend le vol encore plus confortable. Après ce réveil en pleine nuit, plusieurs d'entre nous reprennent naturellement quelques heures de sommeil pendant les quatre heures de vol.
Nous sommes ensuite réveillés par le service d'un excellent déjeuner chaud. Comme si cela ne suffisait pas, Ponant nous réserve une délicieuse surprise : une coupe de champagne est offerte à tous les passagers afin de souligner le début de cette grande aventure. Les sourires sont partout. Les conversations s'animent. Nous réalisons que nous sommes véritablement en route vers le Svalbard, où notre expédition arctique prendra officiellement son envol.
À notre arrivée à Longyearbyen, un immense soulagement m'envahit : toutes les valises sont au rendez-vous! Je dois vous avouer que je serre presque la mienne dans mes bras! Ceux qui ont suivi ma précédente expédition en Antarctique se souviennent peut-être que ma valise ne m'avait jamais rejointe. J'avais alors vécu toute l'aventure sans mes effets personnels, grâce à la générosité de mes voyageurs qui m'avaient prêté manteaux, vêtements, tuque et mitaines. Dans une région polaire où il est pratiquement impossible de remplacer ce qui manque, perdre sa valise est probablement ce qu'on souhaite le moins. Cette fois-ci, elle est bien là… et je suis probablement la femme la plus heureuse de tout l'aéroport!
À la sortie, nous faisons la connaissance de notre guide local, un Français installé à Longyearbyen depuis un an. Passionné par sa ville d'adoption, il nous entraîne dans une visite aussi instructive que captivante.
Avec ses quelque 2 600 habitants, Longyearbyen est la localité permanente la plus septentrionale de la planète. Fondée en 1906 par l'Américain John Munro Longyear, elle s'est développée grâce à l'exploitation du charbon. Aujourd'hui, les mines ont presque toutes cessé leurs activités et l'économie repose désormais sur la recherche scientifique, le tourisme et les services. Les anciennes installations minières, toujours visibles sur les montagnes environnantes, rappellent le passé de cette petite ville hors du commun.
Notre guide nous explique également que la population est étonnamment cosmopolite. Des gens venus de partout dans le monde choisissent de vivre ici pour travailler dans les centres de recherche, les services, le tourisme ou les institutions scientifiques. Malgré son isolement, Longyearbyen possède une école, un hôpital, une université spécialisée dans les études arctiques, des commerces, des restaurants et même une vie culturelle étonnamment dynamique.
Parmi les sites les plus fascinants figure le Svalbard Global Seed Vault, le célèbre coffre-fort mondial des semences. Creusé profondément dans une montagne de pergélisol et inauguré en 2008, il renferme aujourd'hui plus d'un million d'échantillons de graines provenant de presque tous les pays du monde. Cette réserve constitue une véritable police d'assurance pour l'humanité : en cas de catastrophe naturelle, de guerre ou de bouleversement climatique majeur, ces semences permettraient de préserver la biodiversité agricole et de relancer les cultures.
Notre guide nous raconte aussi une anecdote qui fait sourire tout le groupe. Il nous montre un ancien bâtiment accroché à flanc de montagne que les habitants surnomment la maison du Père Noël. Pourquoi ce nom? Tout simplement parce qu'en plein hiver, lorsque la nuit polaire enveloppe Longyearbyen pendant plusieurs mois, ce bâtiment demeure éclairé. Pour les enfants de la ville, cette petite lumière dans l'obscurité est devenue, au fil du temps, la résidence imaginaire du Père Noël. Une jolie histoire qui ajoute encore un peu de magie à cet endroit déjà unique.
Après cette visite, nous sommes conduits dans un ancien théâtre transformé en salle de réception, où Ponant accueille les futurs passagers du Commandant Charcot. Un magnifique buffet mettant à l'honneur plusieurs spécialités locales nous y est servi. L'occasion est parfaite pour échanger avec les autres voyageurs avant de profiter de quelques heures de liberté.
Nous partons ensuite à la découverte des rues de Longyearbyen. Quelle charmante petite ville! Les maisons de bois, peintes de couleurs vives, contrastent avec les montagnes encore enneigées qui l'entourent. Ici et là, des motoneiges sont stationnées devant les résidences comme d'autres laisseraient leur voiture dans l'entrée. Les boutiques sont accueillantes et l'atmosphère est à la fois paisible et chaleureuse. Selon notre guide, c'est un endroit où il fait étonnamment bon vivre. Après cette visite, je comprends très bien pourquoi.
En fin d'après-midi, il est temps de rejoindre enfin celui que nous attendons depuis des mois : le Commandant Charcot.
Un bateau-navette nous conduit jusqu'au navire. Plus nous nous en approchons, plus la fébrilité est palpable. Les appareils photo se multiplient, les sourires aussi. Ce sont toujours des moments très émouvants : celui où un rêve devient enfin réalité.
À la coupée, comme toujours chez Ponant, l'accueil est exceptionnel. Les membres d'équipage nous souhaitent la bienvenue avec leur élégance habituelle. Quel bonheur également de retrouver le commandant Patrick Marchesseau, que j'ai eu le privilège de côtoyer lors de plusieurs autres croisières. C'est toujours un immense plaisir de naviguer sous son commandement.
Nous sommes les seuls Québécois à bord et faisons partie d'un groupe d'une quarantaine de passagers francophones, au milieu d'une clientèle venue des quatre coins du monde. Je vous parlerai davantage demain du Commandant Charcot, de ses installations et de cette clientèle internationale qui compose notre expédition.
Après l'exercice obligatoire de sécurité et la présentation officielle du commandant, nous avons juste le temps de nous installer dans nos cabines avant de nous retrouver pour notre premier souper.
Et quel souper!
Tous les menus du Commandant Charcot portent la signature du grand chef Alain Ducasse, et cette première expérience gastronomique est tout simplement exceptionnelle. L'unanimité est immédiate autour de la table : wow! Chaque plat est une véritable œuvre d'art, autant pour les yeux que pour les papilles. Les photos que je partagerai avec vous au cours des prochains jours parleront d'elles-mêmes. Nous allons assurément vivre une expérience gastronomique aussi mémorable que notre aventure polaire.
Quelle magnifique journée d'ouverture! Après des mois de préparation, notre grande expédition est enfin commencée. Et ce n'est que le début…



































































































































