Accompagnée par
Alexandre Gignac et Ann-Marie Garneau
Villes visitées
Lisbonne, Tomar, Coimbra, Douro, Guimaraes, Bom Jesus, Porto, Aveiro, Nazaré, Alcobaça, Batalha, Évora, Monsaraz, Algarve, Île de Tavira, Ria Formosa

Ce matin, après un dernier déjeuner à Lisbonne, nous montons dans l’autocar pour quitter la capitale. L’air est encore frais lorsque nous prenons la route vers Tomar et déjà, on sent que la journée sera placée sous le signe de l’histoire et des grandes découvertes.


Pendant le trajet, Patrick profite de la route pour nous parler de la vie quotidienne au Portugal. Il nous explique notamment les différences entre les carrières dans le secteur public et dans le secteur privé, ainsi que la façon dont les Portugais interagissent avec les services gouvernementaux. Au fil des kilomètres, les paysages défilent et nous découvrons une région profondément liée à son territoire. De vastes plantations d’oliviers s’étendent à perte de vue, tandis que Patrick nous présente les principales essences qui participent à l’économie locale : l’eucalyptus, le pin, le châtaignier, le chêne et l’olivier. Les vendanges arrivent également à leur terme. Nous apprenons qu’elles se déroulent principalement entre la mi-août et la mi-septembre et qu’elles sont souvent effectuées en soirée afin d’éviter les fortes chaleurs de la journée.


Patrick est particulièrement volubile ce matin, il nous raconte également l’une des légendes les plus connues du Portugal : celle du célèbre coq de Barcelos.


Lors de son étape dans une auberge de Barcelos sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, un pèlerin galicien décline les avances d'une servante qui, pour se venger, dissimule l'argenterie de l'établissement dans son sac et l'accuse de vol. Condamné à la pendaison sans preuves tangibles, le pèlerin obtient une dernière audience auprès du juge, alors en plein banquet devant un coq rôti, il lui affirme haut et fort que son innocence est aussi certaine que le redressement imminent de cette volaille pour chanter au moment de son exécution. Moqué par l'assemblée, le condamné est conduit au gibet, mais à l'instant précis où la corde se tend, le coq rôti se dresse sur la table du magistrat et pousse un chant retentissant. Pris de stupeur, le juge se précipite à l'échafaud et découvre que le nœud coulant s'est miraculeusement desserré, sauvant la vie du pèlerin innocent et donnant naissance au plus célèbre symbole de justice et de chance du Portugal.


À notre arrivée à Tomar, nous retrouvons Paulo Neves Galamba, notre guide local, devant le majestueux Convento do Cristo. Dès les premières minutes, son enthousiasme est contagieux. Paulo possède un talent particulier pour rendre l’histoire accessible et divertissante, multipliant les anecdotes et les explications avec passion.


Il nous rappelle rapidement pourquoi cette ville occupe une place si importante dans l’histoire du Portugal. Celle-ci devient, dès 1160, l’un des centres du pouvoir des Templiers grâce au soutien du premier roi portugais, Afonso Henriques. Au fil des siècles, les différents souverains agrandissent le complexe, transformant progressivement la forteresse templière en l’impressionnant ensemble architectural que nous découvrons aujourd’hui.


Paulo nous raconte également un épisode fascinant de l'histoire des Templiers. Lorsque l'ordre fut dissous dans une grande partie de l'Europe au début du XIVe siècle, le roi du Portugal souhaitait conserver ces précieux alliés. Avec l'accord du pape Jean XXII, les Templiers portugais furent réorganisés sous un nouveau nom : l'Ordre du Christ. Derrière cette nouvelle appellation se retrouvaient plusieurs des mêmes hommes, les mêmes connaissances et une grande partie des richesses de l'ancien ordre. Cette décision permit au Portugal de préserver l'héritage templier et joua plus tard un rôle important dans les grandes explorations maritimes portugaises.


Très vite, l’atmosphère change. Les cloîtres silencieux, les murs chargés d’histoire et les détails sculptés semblent nous transporter plusieurs siècles en arrière. La célèbre Charola, avec sa forme ronde unique et ses décorations impressionnantes, capte immédiatement l’attention de tout le groupe. On avance lentement, comme si chaque pierre avait une histoire à raconter.

Parmi les nombreux éléments qui retiennent notre attention se trouvent de magnifiques azulejos datant du XVe siècle. Paulo prend même plaisir à nous en montrer certains détails, révélant au passage toute l’importance de cet art dans l’histoire portugaise.


Les histoires racontées par Paulo ajoutent une dimension humaine à la visite. Nous apprenons notamment que le roi Jean V a fait venir un palais complet d’Italie pour en faire un couvent. Il parait même qu’il se déguisait en femme pour accéder au couvent et que ses petites visites auraient produit une centaine d’enfants. Les récits sont parfois très étonnants et toujours divertissants.


En fin de matinée, nous reprenons la route vers Coimbra, ancienne capitale du Portugal et ville universitaire par excellence. Tout au long du trajet, de nombreuses collines défilent autour de nous, donnant au paysage un relief très différent de celui observé à Lisbonne.


Le dîner nous attend au Papa Restaurante, où les saveurs locales sont à l’honneur. Autour de la table, nous dégustons une sélection de fromages et de charcuteries, des tartelettes de fromage frais et citrouille, une alheira servie avec une mayonnaise au parmesan ainsi qu’un filet de porc ibérique accompagné d’une réduction au porto et à l’orange. La pannacotta au chocolat blanc et aux fruits rouges conclut agréablement ce repas. Une remarque revient toutefois autour de plusieurs tables : difficile de ne pas souhaiter un peu plus de cette délicieuse sauce au porto qui accompagne le plat principal!


Nous montons ensuite vers la célèbre Université de Coimbra, perchée sur sa colline. À un moment, pendant une montée particulièrement exigeante, Paulo se retrouve légèrement essoufflé et demande à Patrick de prendre une pause. L’arrêt se fait tout près d’une station de gonflage pour vélos. Fidèle à lui-même, Roch suggère alors avec humour d’utiliser l’appareil pour redonner un peu d’air à notre guide. Paulo lui répond instantanément : « Attention où vous allez mettre le tuyau! » Le groupe éclate de rire.


La montée se poursuit, et nous apercevons enfin les bâtiments historiques, les cours intérieures et les portes richement sculptées, qui témoignent de l’importance de cette institution fondée il y a plusieurs siècles.


La bibliothèque constitue sans contredit l’un des moments marquants de la visite. Dès notre entrée, le silence s’impose naturellement. L’atmosphère invite à la contemplation. Les boiseries, les rayonnages anciens et les milliers d’ouvrages soigneusement conservés créent un décor impressionnant auquel même les voyageurs les plus bavards se laissent prendre.


Nous découvrons aussi que la magnifique chapelle universitaire est encore utilisée aujourd’hui pour de grands événements. Selon Paulo, les coûts associés à certaines cérémonies peuvent atteindre des sommes considérables, ce qui suscite plusieurs réactions étonnées parmi les voyageurs.


Nous apprenons également que saint Antoine de Padoue, bien connu dans le monde catholique, était en réalité portugais. Avant de devenir célèbre en Italie, il a étudié justement à Coimbra, dans l’institutions que nous découvrons aujourd’hui.


Nous poursuivons ensuite notre découverte à pied dans les ruelles du centre historique. Les pavés irréguliers, les escaliers, les maisons anciennes et les petites places donnent beaucoup de charme à la ville. Nous découvrons la cathédrale-forteresse, les anciennes portes musulmanes et le quartier de la Baixa.


En fin d’après-midi, nous rejoignons l'Hôtel Vila Galé Coimbra, où chacun s’installe pour la soirée, Sophie, Mylène et Roch, profite de la piscine extérieure, qui n’est pas aussi froide que le laissait penser Patrick.


Bien que le dîner ait été particulièrement généreux et que plusieurs d’entre nous n’aient pas encore très faim, personne ne manque le souper ce soir. Le buffet de l’hôtel est magnifique, abondant et varié. Devant autant de choix, les bonnes intentions de manger légèrement ne résistent pas bien longtemps.


Rapidement, les assiettes se remplissent et les conversations reprennent naturellement autour des tables. Une fois le repas terminé, personne ne semble pressé de retourner à sa chambre. Plusieurs voyageurs prolongent la soirée en sirotant tranquillement un verre de vin tout en poursuivant les conversations. Peu à peu, la soirée s’étire dans une atmosphère détendue et conviviale, une belle façon de conclure cette journée riche en histoire avant de poursuivre demain notre découverte du Portugal.