Accompagnée par
Marie-Christine Drouin


Bonjour à tous,


Quel bonheur d’avoir bien dormi et de sentir que nous sommes reposés et prêts à gravir ces sommets helvétiques. Après un déjeuner bien copieux sur les rives du lac des Quatre-Cantons, nous retrouvons Claude et Agnès pour une excursion de 185 kilomètres au cœur de l’Oberland bernois. Les voyageurs en prendront plein les mirettes!


Oberland signifie « pays d’en haut ». L’expression nous est familière au Québec, mais ici, le pays d’en haut change sérieusement d’échelle! La région compte neuf sommets de plus de 4 000 mètres. Mais comme nous en gravirons un aujourd’hui et non le moindre, ne perdons pas de temps, la Jungfrau nous attend. Agnès conduit l’autocar avec la grâce que requiert ce majestueux décor. Sur la route, les paysages sont idylliques; lacs aux reflets émeraude, chalets aux balcons fleuris, pâturages, clochers et montagnes sont bien réels. Nous sommes vraiment en Suisse.


Interlaken, dont le nom signifie tout simplement « entre les lacs » sera notre premier arrêt. La ville est installée entre le lac de Thoune et celui de Brienz, deux étendues d’eau alimentées par les glaciers. Depuis le XIXe siècle, voyageurs, écrivains et artistes viennent ici pour admirer le décor alpin. Aujourd’hui, les parapentes ajoutent leurs voiles colorées au-dessus de la vallée. Un arrêt qui permet d’estampiller notre carnet “My Grand Train Tour”, une sorte de Compostelle ferroviaire Suisse. Charmant, à souhait.


Maintenant, passons aux choses sérieuses. Si hier, nous nous sommes élevés à plus de 2000m d’altitude, au mont Pilatus, nous allons presque doubler la mise aujourd’hui, c’est-à-dire que nous dinerons à plus de 3400m ! Notre ascension spectaculaire commence en gondoles panoramiques.


À Grindelwald, village alpin situé à 1034m d’altitude entouré par l’Eiger, le Wetterhorn et le Schreckhorn, la vue de nos gondoles font paraître les maisons de bois toutes minuscules au pied de ces masses rocheuses. Nos machoîres sont presque décrochées devant tant de beauté. En plus, nous avons une telle chance avec la météo; de nuageux ce matin, le ciel cède la place au soleil en après-midi dégageant les sommets et glaciers perchés à notre plus grand bonheur.


Déjà, à 2 320 mètres d’altitude, nous descendons des gondoles pour prendre le train à crémaillère à la gare de Eigergletscher. Il est ici question d'un chef d’oeuvre ferroviaire constitué par un rail à crémaillère taillé dans le roc dès 1896 par de braves hommes à la sueur de leur front, au pic et à la pelle.


Le train fait un arrêt à 3 160 mètres, dans une galerie souterraine pour nous laisser descendre 5 petites minutes afin d’admirer par quelques fenêtres, cette mer de Glace. Le nom Eismeer signifie d’ailleurs exactement cela en allemand.


De retour à nos places, nous sommes vites arrivés à 3454 mètres d’altitude, soit à la plus haute gare ferroviaire d’Europe. Bienvenue au « Top of Europe ». Claude nous avait prévenu de marcher lentement, l’air étant plus rare, nos poumons encaissent le coup. Oh là là… on sent qu’on ne battra pas un record olympique à la course ici. Le souffle court, certains ont même quelques étourdissements, le temps de s’adapter.


Un dîner montagnard (pâtes, lardons, fromage, pommes de terre) nous est servi face à un décor irréel, au sommet d’un cirque tout ce qu’il y a de plus glaciaire.


Nous trépignons d’impatience de voir ce décor de plus près. Que ce soit depuis la plate-forme du parcours ou de la terrasse du Sphinx, notre regard porte sur les sommets des Alpes bernoises et sur le glacier d’Aletsch, le plus long des Alpes. Ce vaste fleuve de glace s’étend sur plus de 20 kilomètres au cœur d’un territoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. WoW!


Voyage Louise Drouin sait faire les choses; nous redescendons par un parcours différent de celui de ce matin. Un train nous conduit doucement vers la fameuse vallée de Lauterbrunen. Ses hautes parois rocheuses abritent pas moins de 72 cascades. Sauf qu’en septembre, disons que ce nombre est plutôt réduit à quelques unes. La plus connue, Staubbach, fait une chute de près de 300 mètres; son nom signifie « ruisseau de poussière », car l’eau semble parfois se transformer en brume avant d’atteindre le fond de la vallée.


De retour à l’hôtel, les conversations du souper reviennent inévitablement sur ces paysages, mais aussi, chacun fait plus ample connaissance. Le plaisir est aussi à bord. Une chose est certaine : pour notre deuxième journée en Suisse, nous avons placé la barre très haute!


Nous avons saisi l’occasion de souligner un très bel événement: l’anniversaire de mariage de Gérald et Diane qui en sont à leur 44e printemps. Cheers les tourtereaux!


La minute ferroviaire – Un train au cœur de la montagne

Le chemin de fer de la Jungfrau est né de l’imagination de l’industriel suisse Adolf Guyer-Zeller. Son projet était si audacieux qu’à la fin du XIXe siècle, plusieurs le croyaient irréalisable.

La ligne fut construite par étapes entre 1896 et 1912. Elle relie la Petite Scheidegg au Jungfraujoch sur environ neuf kilomètres, dont 7,6 kilomètres en tunnel à travers l’Eiger et le Mönch.

Quelques données à retenir :

Ouverture complète : 1er août 1912

Longueur de la ligne : environ 9 kilomètres

Parcours en tunnel : 7,6 kilomètres

Dénivelé franchi : environ 1 400 mètres

Altitude de la gare d’arrivée : 3 454 mètres

Durée du trajet : environ 35 minutes

Arrêt panoramique à Eismeer : 3 160 mètres

Le train fonctionne à crémaillère, car l’adhérence de simples roues d’acier sur les rails ne suffirait pas dans les fortes pentes. Depuis plus d’un siècle, il conduit ainsi les voyageurs à l’intérieur de la montagne jusqu’au toit ferroviaire de l’Europe.


Sur ce, à demain,

Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, la tête encore un peu dans les nuages