Bonjour à tous,
Ce matin, il fait un soleil radieux, aucun nuage dans le ciel quand nous quittons Stansstad et notre hôtel en bord de lac. On met les valises à bord et c’est un départ à 8 h avec Agnès qui nous conduit au centre-ville de Lucerne pour nous y déposer. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que nous la retrouverons alors qu’elle aura emmené nos bagages directement à L’hôtel. Quant à nous, c’est par divers moyens de transport que nous nous rendrons à Lugano, situé à quelque 175 km. En effet, la journée d’aujourd’hui nous réserve des déplacements agréables : une promenade à pied dans Lucerne, un dîner sur l’eau et une traversée des Alpes à bord du Gotthard Panorama Express.
Nous commençons en parcourant les ruelles de Lucerne avec notre guide Claude. Les places bordées de maisons aux façades peintes, les quais animés, le marché du samedi et les boulangers venus faire connaître leurs produits nous charment à coup sûr, comme les centaines de promeneurs venus profiter de cette belle journée de fin d’été. L’église des Jésuites, avec son élégant décor baroque, se reflète dans la rivière Reuss, tandis que les tours de l’ancienne muraille de la Musegg dominent toujours la vieille ville.
Mais le grand symbole de Lucerne demeure le pont de la Chapelle, le célèbre Kapellbrücke. Construit au XIVe siècle, ce pont couvert de bois traverse la Reuss en diagonale. Sous son toit, des panneaux triangulaires racontent des épisodes de l’histoire suisse et lucernoise. En 1993, un incendie détruit une grande partie du pont et plusieurs peintures anciennes. Sa reconstruction fut entreprise presque immédiatement. Aujourd’hui, les panneaux laissés vides rappellent volontairement ceux qui ont disparu dans les flammes.
Le simple fait de parcourir ce pont me ramène immédiatement aux doux souvenirs de ma jeune vingtaine, lorsque, munie de mon sac à dos, Eurailpass et chèques de voyage en main, je parcourais l'Europe au gré de ma liberté.
Après cette agréable visite, nous gagnons le port et montons à bord d’un bateau d’excursion du type bateau blanc de l’époque pour naviguer vers Flüelen sur l’immense lac des Quatre-Cantons. Notre dîner nous est servi pendant que défilent les rives du lac. Quel enchantement dans ce décor de rêve.
Les montagnes plongent presque directement dans l’eau, les villages apparaissent au fond des baies et quelques voiliers viennent compléter le décor. Le bateau nous permet aussi de longer des lieux associés aux origines de la Suisse, dont la prairie du Grütli, où la tradition situe le serment fondateur de la Confédération en 1291. Un dîner-croisière en plein cœur des Alpes… on pourrait facilement s’habituer!
Gilbert Bécaud le chantait: On prend toujours un train pour quelque part; un grand blanc un grand train bleu, un grand train noir. Au bout du quai flottent des mains , des au revoir....C'est à Flüelen, que nous montons dans notre premier train panoramique. Le Gotthard Panorama Express nous attend pour l’un des parcours ferroviaires les plus historiques et merveilleux du pays.
Confortablement installés devant de grandes fenêtres panoramiques, nous remontons la vallée de la Reuss en direction du massif du Saint-Gothard. Les parois se rapprochent et le train commence une véritable chorégraphie ferroviaire faite de ponts, de courbes et de tunnels qui tourne en rond sous la montagne afin de nous faire gravir en altitude.
Près de Wassen, une petite église blanche attire notre attention. Quelques minutes plus tard, elle réapparaît… mais à une hauteur et sous un angle différents. Puis nous la voyons une troisième fois!
« Nous tournons en rond ou c’est l’église qui nous suit? »
Ce curieux phénomène s’explique par les tunnels hélicoïdaux nous explique Marcus, notre charmant chef de section qui a l'air de bien aimer la compagnie de notre groupe, ou serait-ce celle de Claude ? L’histoire ne le dira pas! À l’intérieur de la montagne, la voie forme de grandes boucles qui permettent au train de gagner de l’altitude sans affronter une pente trop abrupte. L’église de Wassen est ainsi devenue le point de repère préféré des voyageurs.
Nous franchissons ensuite le tunnel historique du Saint-Gothard, ouvert en 1882. Long d’environ 17 kilomètres, il fut l’un des plus grands exploits techniques de son époque et transforma profondément les échanges entre le nord et le sud de l’Europe.
À la sortie du tunnel, le changement est frappant. Les paysages deviennent plus lumineux, l’architecture prend des accents italiens et la végétation se fait plus méridionale. Bienvenue au Tessin!
À Bellinzone, ses trois châteaux médiévaux nous rappellent que cette vallée fut longtemps un passage stratégique à travers les Alpes. La voie nous conduit jusqu’à Lugano, où les palmiers, les façades colorées et les rives du lac donnent l’impression d’avoir changé de pays en plus d’avoir la douce sensation de la chaleur presque méditerranéenne.
« Ce matin, nous étions en Suisse allemande; ce soir, on se croirait presque en Italie! »
Notre arrivée à l’hôtel Parco Paradiso de Lugano relève d’un exploit pour notre conductrice, car la manœuvre pour faire descendre l’autocar de reculons dans une descente qui courbe, est digne des prouesses réservées aux plus expérimentés!
Mission accomplie, Bravo Agnès!
La minute ferroviaire – Le train qui joue à cache-cache avec une église
Le Gotthard Panorama Express relie Lucerne à Lugano en combinant bateau et train sur un parcours total d’environ 182 kilomètres.
Entre Flüelen et le Tessin, il emprunte la ligne historique du Saint-Gothard, inaugurée en 1882. Pour franchir les fortes dénivellations, les ingénieurs ont imaginé des tunnels hélicoïdaux : la voie pénètre dans la montagne, décrit une boucle et ressort plusieurs mètres plus haut.
Le tunnel ferroviaire historique du Saint-Gothard mesure environ 17 kilomètres. Il ne faut pas le confondre avec le tunnel de base inauguré en 2016 : ce dernier s’étend sur 57,1 kilomètres et demeure le plus long tunnel ferroviaire du monde.
Les trains rapides utilisent aujourd’hui surtout le tunnel de base. Notre train panoramique préfère l’ancienne ligne, plus lente, plus sinueuse et beaucoup plus intéressante pour les yeux!
À demain
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, fascinés par ce premier voyage en train.







