Accompagnée par
Catherine Drouin

Chers compagnons de lecture,


Ce matin, une pluie légère se pointe le bout du nez en début de journée pour s’interrompre vers 11 heures. Cela ne nuit en rien à notre bonne humeur, afin de conclure en beauté ce premier volet de notre périple sur la route des vins d’Alsace. Nous avons mis le cap sur Riquewihr, un village niché au pied des collines, autrefois occupé par les Romains qui y introduisirent la culture de la vigne vers l’an 1000. Encore aujourd’hui, les producteurs locaux perpétuent cette tradition, valant à Riquewihr le surnom de « la perle du vignoble ». Classé parmi les plus beaux villages de France, il a miraculeusement échappé aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, grâce à sa position en cul-de-sac, éloignée des grands axes, ce qui l’a préservé des combats. Claude, notre guide, n’a pas manqué de souligner la richesse de ce patrimoine intact, ce qui nous a fait apprécier d’autant plus l’architecture des bâtiments encore debout.

Dès notre arrivée, nous avons découvert un véritable musée à ciel ouvert, protégé par ses anciennes fortifications que seules les vignes semblent assiéger désormais. Le secteur piétonnier de la vieille ville ajoute à son charme et nous permet de circuler paisiblement sous la bonne conduite de Claude. Les maisons accolées, construites entre le 13e et le 18e siècle, forment un ensemble architectural remarquable. La tour du Dolder, haute de 25 mètres, servait autrefois de porte défensive, de clocher, de tour de guet et d’alarme face à la menace. Non loin, la tour des voleurs, anciennement une prison, abrite encore une chambre de tortures. Comme toujours, Claude partage avec enthousiasme ses connaissances sur l’histoire de la région. Et bien sûr, impossible de parcourir la route des vins sans une dégustation.

Nous faisons halte au vignoble de Jean-Luc et Anne-Catherine Bucher, une maison viticole fondée au début des années 80, réputée pour ses crémants (vins mousseux) et ses grands crus. Nous découvrons l’histoire du domaine, ses choix de cépages et ses secrets de vinification, avant de déguster cinq excellents vins : le Riesling, le Pinot gris du domaine familial, un Gewurztraminer, un vin des vendanges tardives plus sucré et un crémant blanc d’Alsace. L’atmosphère se réchauffe (il est à peine 9 h) et nous ricanons de plus en plus. Nous vivons très certainement l’ivresse d’une cave à vin !! En cours de dégustation, la maison nous sert un morceau de Kougelhopf, la fameuse brioche alsacienne à la forme cannelée et au cœur creux. Un peu de solide pour absorber le liquide!

À la sortie, une autre surprise attendait nos voyageurs, car chacun est reparti avec une bouteille de crémant blanc, cadeau de Louise Drouin, que nous boirons à ta santé ma belle Louise ! L’autocar est dorénavant surnommé « le cellier ».

Nous poursuivons nos découvertes à bord d’un petit train touristique (que j’adore), qui démarre devant la mairie. En chemin, nous découvrons les boutiques artisanales de vignerons, les îlots fleuris et l’ambiance animée du village. Le circuit nous fait d’abord serpenter dans les ruelles de la vieille ville avant de grimper à travers les vignobles. Au sommet, un point d’arrêt offre une vue imprenable sur Riquewihr, ses tours, ses remparts, ses vignes et la vallée environnante. Wow, quel beau décor pour la prise de photos, malgré la grisaille.

À l’heure du lunch, nous nous installons au restaurant du Cerf pour savourer une spécialité alsacienne : le Baeckeoffe. Ce plat à base de bœuf, d’agneau, de porc et de légumes est mijoté lentement dans du vin blanc. « Baeck » signifie boulanger et « offa », four — un clin d’œil au temps où ce mets était cuit chez le boulanger du village alors que les femmes s’afféraient à faire la lessive. Un repas réconfortant, savoureux, mais combien généreux. Ces Alsaciens ont décidément bon appétit !

Le chemin vers Bâle nous permet de cuver notre vin et de nous assoupir un brin. Nous pourrions entendre une mouche voler dans l’autocar lors de cette heure de route, témoignant bien de l’effet post-dégustation. Ayant un peu de temps devant nous avant l’embarquement, Claude nous dirige au centre-ville de Bâle afin de jeter un regard sur sa cathédrale. Datant de l’époque médiévale elle est principalement construite en bloc de grès rose. Consacrée en 1019 elle a ensuite été agrandie et rénovée au fil des siècles. Ses deux grandes tours et son toit aux tuiles colorées la rendent particulièrement reconnaissable et en font l’emblème de la ville. Nous avons fait court, accompagnés d’une poignée de voyageurs comme la pluie était de retour et assez intense.

Une fois au quai, nous remercions chaleureusement Claude et Jérémy pour ces derniers jours riches en découvertes, pour leur convivialité, leur compétence et leur bonne humeur communicative. Puis, dans une section réservée du port de Bâle, nous procédons à l’embarquement vers 15 h 30 L’accueil, rehaussé d’un cocktail de bienvenue, est aussi attentionné que royal. Il faudra s’y habituer, car avec seulement 156 passagers et 50 membres d’équipage, le service à bord de l’AmaLucia et de l’AmaSiena, son frère jumeau, promet d’être à la hauteur.

Nous voilà prêts à entamer le deuxième volet de notre voyage, qui nous mènera de Bâle à Strasbourg en longeant le Rhin. Les chaudes températures estivales vécues en Europe, combinées à de très faibles précipitations, nous contraignent à revoir notre itinéraire initial, comme le niveau de l’eau est insuffisant pour parcourir le Rhin jusqu’à la mer Noire. Nous profiterons donc de deux itinéraires de navigation. Le premier pour trois nuitées et le second pour quatre nuitées à découvrir l’Escaut, ce fleuve qui traverse la Belgique. Une fois installés dans nos cabines, nous voguons doucement sur notre hôtel flottant de 443 pieds, explorons les aires communes et trouvons nos repères sur les quatre ponts.

Ainsi, après un premier repas à la salle à manger, qui s’avère tout aussi bon que beau, l’AmaLucia poursuit son itinéraire en toute sérénité, en route vers notre première escale : Breisach, que nous atteindrons demain matin.

Je vous souhaite une agréable soirée, où que vous soyez. Merci de nous lire.


On vous partage ici notre album photo.

Catherine