Accompagnée par
Louise Drouin
Villes visitées
Casablanca, Rabat, Volubilis, Fès, Marrakech, Gorges du Dades, Gorges du Todra, Sahara, Taghazout, Targant

De la nuit étoilée aux sommets de l’Atlas : une journée inoubliable!

Il fait encore nuit noire lorsque nous quittons Marrakech. La ville dort profondément, enveloppée dans un silence rare, presque irréel. Les rues sont vides, seules quelques lumières tamisées accompagnent notre départ. Très vite, nous laissons derrière nous l’agitation pour rejoindre les étendues brutes qui annoncent les premiers reliefs de l’Atlas. Dans l’obscurité, les montagnes sont invisibles, mais leur présence se ressent déjà, presque magnétique.

À notre arrivée, le ciel est encore constellé d’étoiles. L’air est frais, pur. Autour de nous, une chorégraphie silencieuse s’organise : les équipes déploient les montgolfières, immenses toiles étendues sur le sol. Puis les brûleurs s’allument, projetant de grandes flammes qui illuminent la nuit par pulsations. Peu à peu, les ballons prennent vie, se redressent, respirent.

Cette activité faisait partie de notre magnifique voyage — une attention particulière, presque un cadeau, pour nous permettre de vivre quelque chose d’exceptionnel. Et quel cadeau… Pour plus d’une douzaine de mes voyageurs, c’était une première expérience en montgolfière. On sentait l’excitation, mêlée à une légère appréhension, mais surtout une curiosité émerveillée. Cela rendait le moment encore plus spécial, presque collectif, comme si nous partagions ensemble une première fois.

Lorsque nous montons dans la nacelle, tout semble irréel. Et puis, presque sans transition, nous quittons le sol. L’ascension est douce, silencieuse.

À l’horizon, une lueur apparaît. Le ciel se transforme lentement : bleu profond, violet, puis des nuances de rose et d’or. Le lever du soleil ici est d’une beauté saisissante. La lumière révèle progressivement les formes du désert, les villages en terre, les palmeraies… et surtout les reliefs puissants du Haut Atlas.

Lorsque le soleil surgit enfin derrière les montagnes, tout s’embrase. Les sommets captent la lumière en premier, puis celle-ci descend dans les vallées. Autour de nous, plus de 60 montgolfières flottent dans le ciel, baignées dans cette lumière dorée. C’est un spectacle suspendu, presque irréel — un moment où le temps semble s’arrêter.

Après l’atterrissage, nous retrouvons la terre avec douceur. Un petit-déjeuner traditionnel nous attend en plein air : pain chaud, huile d’olive, miel, fruits frais et thé à la menthe. Un moment simple, chaleureux, qui prolonge la magie.

Puis commence notre exploration du Haut Atlas en 4x4.

Cette chaîne montagneuse, véritable colonne vertébrale du Maroc, s’étend sur plus de 700 kilomètres et abrite les plus hauts sommets d’Afrique du Nord, dont le mont Toubkal. Mais l’Atlas, ce n’est pas seulement un décor spectaculaire — c’est un territoire habité, vivant, profondément humain.

Très vite, en parcourant les pistes avec nos Jeeps, cette réalité s’impose à nous. Nous croisons de nombreux bergers guidant leurs troupeaux à flanc de montagne, silhouettes discrètes mais essentielles à la vie de ces terres. Nous voyons aussi des femmes berbères, impressionnantes de force et de dignité, transportant du bois, des récoltes ou des charges du quotidien, souvent à pied, sur des chemins escarpés. Leur présence donne au paysage une profondeur humaine saisissante. Ici, les Berbères ne font pas partie du décor — ils en sont l’âme.

Mais cette région porte aussi les traces d’une histoire récente plus douloureuse. Le Haut Atlas a été fortement touché par le tremblement de terre de septembre 2023, l’un des plus puissants qu’ait connus le Maroc. De nombreux villages ont été affectés, et près de 3 000 personnes ont perdu la vie. En traversant ces montagnes, on ne peut s’empêcher de penser à ces événements. Certains villages portent encore les marques de cette tragédie, mais on ressent aussi une grande résilience, une dignité silencieuse chez les habitants qui reconstruisent, pierre par pierre, leur quotidien.

Notre première halte se fait à Aguergour, paisible et authentique. Puis nous traversons le plateau de Tamezert, territoire ancien parsemé de fossiles, témoins d’un passé où la mer recouvrait ces terres.

À Asni, niché dans une vallée fertile, la vie semble s’organiser autour de la montagne, entre traditions et simplicité.

Puis vient le moment du déjeuner à la Kasbah Tamadot.

Perchée au-dessus de la vallée, cette propriété d’exception appartient à Sir Richard Branson, fondateur du groupe Virgin. Aventurier, entrepreneur visionnaire, il a su transformer cette demeure en un lieu unique, mêlant luxe, authenticité et respect du patrimoine local.

À l’intérieur, le lieu raconte mille histoires. Objets d’art, pièces rares, souvenirs du monde entier… et sur les murs, des photographies marquantes. Parmi elles, une image de Richard Branson aux côtés de Nelson Mandela, ainsi que d’autres personnalités influentes. Cela donne au lieu une dimension particulière, presque intime — comme si ces montagnes avaient été témoins, elles aussi, de grandes rencontres.

Installés sur la terrasse du restaurant Kanoun, nous profitons d’une vue spectaculaire sur le Haut Atlas. La cuisine est raffinée, inspirée des traditions marocaines, mais revisitée avec élégance. Chaque bouchée, chaque regard porté sur les montagnes, prolonge l’expérience.

L’après-midi, nous poursuivons vers la vallée de l’Ourika, plus verdoyante, plus douce, traversée par l’eau et habitée elle aussi par des villages authentiques.

En fin de journée, sur le chemin du retour vers Marrakech, les montagnes s’éloignent lentement. La lumière devient plus chaude, plus douce. Et je réalise à quel point cette journée a été intense, riche, profondément humaine.

Un voyage entre ciel et terre, entre beauté spectaculaire et réalité vivante.

merci de nous suivre !

Louise