Après une bonne nuit de récupération à Zanzibar, à la suite de notre départ du Serengeti et de nos vols de la veille, nous nous retrouvons en pleine forme pour découvrir cette île fascinante. Dès 8 h 30, la chaleur se fait déjà bien sentir. Il fera autour de 32 degrés aujourd’hui, mais c’est surtout l’humidité qui enveloppe l’atmosphère tropicale. Confortablement installés dans notre véhicule climatisé, nous quittons l’hôtel en compagnie de notre guide local, Ija, qui nous attendait avec le sourire pour nous faire découvrir Stone Town.
Stone Town, la vieille ville historique, tire son nom des maisons construites en pierre de corail au XIXᵉ siècle, remplaçant les habitations plus rudimentaires d’autrefois. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle nous charme immédiatement par ses ruelles étroites, sinueuses et animées. Nous sommes fascinés par ses célèbres portes sculptées, véritables symboles de richesse et de statut social. Certaines, d’inspiration indienne, arborent des clous en laiton pointus. Contrairement à la légende souvent racontée, ces pics ne servaient pas à repousser des éléphants à Zanzibar — il n’y en a jamais eu sur l’île — mais cette tradition décorative vient d’Inde, où ils protégeaient les portes des charges d’éléphants. Les portes d’influence arabe, quant à elles, se distinguent par leurs motifs géométriques et leurs inscriptions coraniques.
Nous visitons le Vieux Fort, construit par les Omanais au XVIIᵉ siècle pour repousser les Portugais, puis nous longeons le bord de mer où accostent les ferries reliant Zanzibar à Dar es Salaam ainsi qu’aux îles voisines. De nombreux petits bateaux transportent aussi les amateurs de plongée en apnée vers les récifs coralliens et les eaux cristallines peuplées de poissons tropicaux et de tortues. Nous immortalisons de magnifiques scènes de rue, croisons une multitude de chats — omniprésents dans la ville — et faisons quelques achats dans les boutiques locales.
Au détour d’une rue, nous découvrons la maison natale de Freddie Mercury, né ici en 1946 sous le nom de Farrokh Bulsara. Le légendaire chanteur du groupe Queen a passé une partie de son enfance à Zanzibar avant que sa famille ne quitte l’île lors de la révolution de 1964. Ce petit arrêt ajoute une touche culturelle et musicale inattendue à notre visite.
Le moment le plus marquant demeure toutefois la visite du site de l’ancien marché aux esclaves. Zanzibar fut l’un des centres majeurs du commerce d’esclaves en Afrique de l’Est au XIXᵉ siècle. Nous entrons dans l’église anglicane Christ Church, construite à l’endroit même où se trouvait autrefois le marché. En ce dimanche matin, la messe rassemble de nombreux fidèles. Les chants, en anglais et en swahili, résonnent avec intensité. À l’extérieur, la poignante statue des esclaves enchaînés — représentant cinq figures captives dans une fosse — rend hommage aux victimes de cette période sombre de l’histoire. L’émotion est palpable.
Nous quittons ensuite Stone Town pour poursuivre notre découverte de l’île. L’ambiance dominicale est tranquille, d’autant plus que nous sommes en plein ramadan, débuté le 18 février. La population, majoritairement musulmane, observe le jeûne, ce qui rend les routes et marchés un peu plus calmes durant la journée.
Notre prochaine étape nous mène vers une plantation d’épices. Zanzibar mérite pleinement son surnom d’« île aux épices ». Nous découvrons, malgré un impressionnant orage tropical, la cannelle fraîche, la cardamome, la citronnelle, la muscade et le clou de girofle. Bien installés dans notre véhicule pendant la pluie torrentielle, nous voyons notre courageux guide du site courir sous l’averse pour nous rapporter feuilles, écorces et gousses parfumées afin de nous les faire sentir. Une expérience sensorielle inoubliable. Puis, comme souvent sous les tropiques, le soleil revient, la pluie cesse et la lumière redevient éclatante.
Nous poursuivons alors vers le nord de l’île et atteignons enfin notre destination pour les cinq prochaines nuits : le magnifique RIU Palace Zanzibar. La chaîne RIU possède trois hôtels voisins sur l’île, mais notre choix s’est arrêté sur le Palace pour son élégance et son atmosphère raffinée. Dès notre arrivée, nous sommes charmés par ses jardins luxuriants impeccablement entretenus, ses bungalows harmonieux, ses coins détente invitants et son ambiance à la fois chic et chaleureuse. Cinq restaurants et plusieurs bars agrémenteront notre séjour — nul doute que s’installer ici pour quelques jours sera un pur bonheur.
Nous sommes maintenant douze voyageurs, puisque Michel et Jacynthe se sont joints à nous pour cette semaine de détente avant leur safari privé en famille. Les sourires sont nombreux alors que chacun découvre sa chambre et son environnement.
Après cette journée riche en histoire, en émotions et en découvertes, il est enfin temps de ralentir le rythme. Les valises à peine déposées, nous enfilons nos costumes de bain pour aller profiter d’une première baignade dans les eaux chaudes et turquoise de l’océan Indien avant le souper. Sous le ciel encore lumineux de Zanzibar, nous savourons ce moment privilégié, conscients de vivre une transition parfaite entre l’aventure sauvage du safari et la douceur tropicale de l’île.
Louise















































































































