Accompagnée par
Marie-Christine Drouin
Villes visitées
Reyjavik, Seydisfjordur, Djupivogur, Akureyri, Isafjordur

Bonjour à tous,


Après une autre bonne nuit de repos à Reykjavik et un bon petit-déjeuner (on adore le Skyr), nous voilà prêts pour une journée qui s’annonce vraiment e.x.c.e.p.t.i.o.n.n.e.l.l.e et u.n.i.q.u.e: la découverte du coeur même du glacier Langjökull (lang-yo-koutl), le deuxième plus grand glacier d’Islande. Car l’excursion prévue aujourd’hui consiste à s’introduire dans un tunnel long de 500 m dans ce glacier. Au plus profond du tunnel, nous aurons 40 m de glace au-dessus de nous!


La météo n’est pas si mauvaise, autour de 13ºC avec un ciel nuageux et des espoirs d’ensoleillement. Nous quittons la capitale dès 7h50 en direction de l’intérieur du pays, et déjà, le paysage change. La route sinueuse longe le fjord de Hvalfjörður (kval-fyör-dur), un bras de mer profond entouré de pâturages où broutent paisiblement les moutons et les chevaux en semi-liberté. On franchit un tunnel sous le fjord long de 6 km. Des massifs montagneux ou volcaniques complètent le paysage si caractéristique de l’Islande. À l’intérieur des terres, on gagne en altitude avant de traverser des régions où la nature semble encore plus brute, plus sauvage. Même les lupins ici sont arctiques.


Arrivés à Húsafell, nous nous approchons du but après 140 km. Il nous faut toutefois changer de véhicule pour monter à bord d’un superbus capable de circuler sur une route de gravier, ou devrais-je dire de moraine glaciaire jusqu’au camp de base de Klaki.


À partir d'ici, changement d’ambiance complet. Nous montons dans un autre véhicule capable de circuler sur la glace, la neige et même de traverser des crevasses pouvant aller jusqu’à 3 mètres de large ! Ouf ! On doit enfiler des bottes imperméables qui nous garderont au sec durant notre randonnée sur le plancher du tunnel. On embarque donc dans ces impressionnants tanks militaires pour les derniers km à parcourir, directement sur le glacier. Pour la petite histoire, ces véhicules allemands ont servi à l’Otan pour le transport de missiles. Comme il ne servent plus, l’entreprise qui offre cette expédition les a achetés pour leur fiabilité à circuler sur une surface pour le moins… cahoteuse!!


Ça y est, nous y sommes, ou presque; un tunnel à peine visible nous conduira dans les entrailles de Langjökull, mais avant d’aller plus loin, sécurité oblige, nous nous équipons de crampons pour notre sécurité. Holly, un islandais fort sympathique, nous rejoint et commence déjà à nous expliquer ce que nous allons découvrir… mais rien ne prépare vraiment à ce qui suit. On entre littéralement dans un autre monde.


À l’intérieur du glacier, tout est bleu, blanc, translucide. Les parois brillent de l’eau qui y coule et que l’on peut aussi sentir tomber du plafond sur nos manteaux. Le tunnel descend jusqu’à environ 40 mètres sous la surface, et nous marchons sur près d’un demi-kilomètre à l’intérieur même du glacier. Une expérience complètement irréelle.


On apprend que le Langjökull (lang-yo-koutl), qui veut dire long glacier, doit son nom à sa forme allongée. Il s’étend sur environ 50 kilomètres de long et fait jusqu’à 20 kilomètres de large, avec une épaisseur pouvant atteindre près de 580 mètres à certains endroits. Un géant de glace en constante évolution, qui malheureusement, recule de 3 mètres par année, phénomène qui s’accélère d’année en année.


Ce qui nous frappe le plus, c’est le contraste entre ce que l’on voit en surface: un désert blanc et silencieux et ce que l’on découvre à l’intérieur: un monde en évolution, fragile, où chaque goutte d’eau, chaque couche de glace raconte l’histoire du climat. Nous sommes témoins de l’entassement des couches de glaces successives sous la pression du poids de géant de glace. Fascinant comme dirait Charles Tisseyre!


Nous nous souviendrons de notre séance de yoga glaciaire offerte par Holly et l’écho du glacier retournant nos voix! Je le répète, un moment suspendu que nous ont permis de vivre les entrailles de Langjökull.


Nous en ressortons transformés et avons très faim ! Nous arrivons ensuite à Húsafell (hoo-sa-fetl) pour l’excellent buffet du bistrot, le temps de reprendre des forces.


Célia a d’autres trésors islandais à nous dévoiler. Deux cascades magnifiques : Hraunfossar (rraun-fossar) et Barnafossar (bar-na-fossar), issues de la percolation des eaux à travers les pierres basaltiques d’un champ de lave vieux de 2000 ans. L’eau tombe directement de la roche mère dans un canyon qu’elle a creusé. Le contraste entre la roche sombre et les cascades d’un bleu limpide est saisissant. C’est un endroit paisible, presque hypnotisant.


Puis, finale de cette journée géomorphologique, court arrêt près de Deildartunguhver (deil-dar-toungou-kvèr), pour observer la source d’eau chaude la plus puissante d’Europe. Les bouillons jaillissent du sol à une température de 100ºC, autre preuve tangible de l’activité géothermique intense du pays.


Après tant de découvertes fascinantes, nous sommes prêts à reprendre la route vers Reykjavik dans le décor paisible qu’offrent ces pâturages intensément verdoyants et ces montagnes qui nous entourent par leur hauteur. Célia poursuit sa tradition de nous lire une page du folklore islandais; quelle bonne idée!


De retour en ville, nous partageons un souper de groupe dans une ambiance bien animée, avec ce groupe, déjà tissé serré ! Au menu : soupe de champignons onctueuse à souhait, filet d’agneau (spécialité islandaise) et mousse au chocolat. Une belle façon de terminer une journée intense, aussi impressionnante qu’inoubliable.


Demain, c’est déjà le moment de l’embarquement à bord du Silhouette de Celebrity Cruise, mais il nous reste encore beaucoup à découvrir d’ici là!


À plus tard, nous devons aller faire nos bagages

Eric, Marie-Christine et leurs voyageurs ébahis!