Bonjour à tous,
Ce matin, en ouvrant les rideaux de notre cabine, un immense fjord s'offre à nous. Les montagnes plongent presque directement dans la mer et entourent la petite ville d'Ísafjörður (i-sa-fi-eur-dur), dont le nom signifie tout simplement « le fjord de glace ». La lumière est douce, l'eau est calme et, malgré la présence de notre imposant Celebrity Silhouette, on se sent tout petits dans ce décor grandiose. Oh joie, aucum nuage pour cette dernière escale qui s’annonce spectaculaire.
Située à l'extrême nord-ouest de l'Islande, Ísafjörður est la plus importante localité des Fjords de l'Ouest, même si elle ne compte qu'environ 2 900 habitants. Longtemps tournée presque exclusivement vers la pêche, la ville a su se réinventer au fil des dernières décennies grâce au tourisme. Ses maisons colorées, son petit port et son ambiance paisible lui donnent un charme bien particulier.
Aujourd'hui, nous partons justement explorer cette région des Westfjords, considérée comme la plus sauvage, la plus isolée... et aussi l'une des moins visitées du pays. C'est peut-être ce qui fait tout son charme. Ici, on croise davantage de moutons que d'autocars!
Bjorgvin et son minibus sera notre hôte aujourd’hui. Nous avons crée deux groupes qui se succéderont tour à tour pour la visite. Eric part avec le premier groupe ce matin et quant à moi, je prendrai le deuxième groupe en après-midi. À peine sortis de la ville, nous empruntons le tunnel de Vestfjarðagöng, long d'un peu plus de 9 kilomètres, qui traverse la montagne pour relier les différents fjords. En ressortant de l'autre côté, un tout nouveau paysage s'ouvre devant nous. Les montagnes se succèdent, comme des mastodontes dénudés, les vallées deviennent plus larges et les fjords semblent se perdre à l'infini. Nous sommes encore émerveillés de tant d’immensité. Ici encore, aucun arbre, à part les quelques milliers plantés par les fermiers, encouragés à le faire par les subventions gouvernementales islandaises qu’ils reçoivent.
Nous longeons ensuite le magnifique fjord Önundafjörður (eu-neun-das-fi-eur-dur), long d'une vingtaine de kilomètres. Ce qui surprend ici, c'est sa vaste plage de sable blond. Oui, du sable blond en Islande! On dit même qu'à certains moments de l'été, on pourrait presque se croire dans un pays beaucoup plus au sud, si ce n’est des sternes arctiques qui virevoltent en quête de nourriture. Le contraste entre cette plage, les montagnes et les eaux calmes du fjord est vraiment étonnant.
Nous traversons également le petit village de Þingeyri (thing-ey-ri), qui compte à peine quelques centaines d'habitants. Fondé autour d'un ancien comptoir commercial, il vit aujourd'hui principalement de la pêche et d'un tourisme encore discret. C'est le genre d'endroit où le temps semble ralentir. C’est que notre guide Bjorgvin, est le plus sympathique des fermiers retraités, converti en guide/chauffeur local. Il connaît chaque parcelle de ces fjords, l’histoire de toutes les fermes et il a fait mille métiers. Bjorgvin prend le temps de s’arrêter aux plus beaux endroits pour nous les présenter. On se croirait en visite chez un viel ami qu’on a pas vu depuis longtemps et qui nous fait faire le tour des alentours.
Puis vient le moment que nous attendions tous: la découverte de Dynjandi (din-yan-di).
Au détour d'un virage, elle apparaît enfin. D'abord toute petite au loin, puis de plus en plus impressionnante à mesure que l'on s'en approche. Avec ses quelque 100 mètres de hauteur, cette immense chute s'élargit progressivement de 30 mètres au sommet à près de 60 mètres à sa base, lui donnant l'allure d'un immense voile de mariée.
En réalité, Dynjandi fait partie d'un ensemble de sept cascades qui se succèdent les unes sous les autres avant de rejoindre le fjord. Plus on monte le sentier, plus le grondement de l'eau se fait entendre. On lève instinctivement les yeux pour admirer toute sa puissance.
Je dois vous avouer que cette cascade figure maintenant parmi mes préférées du voyage. Peut-être parce qu'elle se mérite un peu plus que les autres... ou simplement parce que son décor est spectaculaire ou était-ce peut être le temps magnifique qu’il faisait aujourd’hui. Toujours est-il que nous sommes à court de superlatifs pour décrire notre joie d’être ici.
Le trajet du retour nous permet de profiter encore une fois de ces fjords immenses où les montagnes semblent tomber directement dans la mer. Chacun contemple le paysage à sa façon. Bjorgvin nous réservait toutefois une très belle surprise. Il nous conduit à une des fermes qui est en réalité le lieu de sa résidence. C’est qu’il est spécialement agréé et expérimenté pour la récoltte du duvet d’Eider. Oui, oui, vous avez bien lu, ce neck plus ultra des duvets de canard. Nous nous arrêtons donc près de l’endroit où il entrepose le duvet qu’il récolte dans les nids d’eiders. Il prend le temps de nous expliquer ce procédé si particulier. Par le fait même, Bjorgvin contribue à la protection de cette espèce en voie d’extinction tout en procurant à ceux qui paye le fort prix, un sommeil au confort inégalé. Parlant de prix, un kilo de cette précieuse matière est vendu l’équivalent de 3000$ CA. Japonais et allemands en sont friands.
Nous sommes unanimes à considérer cette journée parmi les plus belles de celles que nous avons passé en Islande. Nous y avons trouvé un ami en la personne de Bjorgvin qui nous raconte avec passion les secrets de son coin de paradis et des payasages exaltants qu’on ne se lasse pas de regarder.
En toute fin d'après-midi, nous retrouvons avec plaisir le Celebrity Silhouette. Après le souper, plusieurs choisissent d'assister au spectacle présenté au théâtre, tandis que d'autres préfèrent profiter d'une promenade sur les ponts extérieurs avant une autre belle journée qui nous attend demain. Nous naviguerons en direction de Reykjavik où nous dormirons pour une dernière nuit afin de passer l’ultime journée à explorer la côte sud.
Le saviez-vous ?
Le Brennivín, surnommé la « Mort noire », est la boisson alcoolisée traditionnelle d'Islande. Distillée à partir de pommes de terre et parfumée au carvi, elle accompagne souvent les spécialités locales, notamment le fameux requin fermenté... une dégustation qui demande, paraît-il, un certain courage!
P.S. Je veux prendre le temps d'adresser de beaux remerciements à Mélissa et à Véronique qui nous offrent si généreusement de beaux clichés complétant ainsi ceux que je mets dans les récits. Nous partageons toutes les trois cette passion des images qui fait que vous en bénéficiez à votre tour !
Eric, Marie-Christine et leurs voyageurs des grands espaces

















































