Accompagnée par
Marie-Christine Drouin
Villes visitées
Reyjavik, Seydisfjordur, Djupivogur, Akureyri, Isafjordur

Bonjour à tous,


Aujourd’hui, nous retrouvons la terre ferme pour une dernière grande journée de découvertes en Islande. Le Celebrity Silhouette est de retour à Reykjavik, mais notre voyage n’est pas encore terminé. Avant de penser au débarquement de demain matin, il nous reste encore une région spectaculaire à explorer : la côte sud.

Et quelle façon de terminer ce voyage! La météo annonce une des plus belles journées de l’été en Islande avec un très confortable 16ºC et un soleil radieux.


En compagnie de Arthur, notre chauffeur et d’Adrian, un guide hypercompétent, français d’origine, pas du tout avare de ses commentaires et fort sympatique, nous prenons la route en direction de paysages que plusieurs attendaient avec impatience. La route de la côte Sud parcourt cascades, glaciers, volcans, plages de sable noir… bref, tout ce qui fait que l’Islande nous garde en état d’émerveillement depuis notre arrivée.


Ce sera une journée de plus de 300 km aujourd’hui, alors nous sommes prêts à prendre le décor! Sur la route, à la vue du sommet enneigé désormais célèbre, impossible de ne pas penser au volcan Eyjafjallajökull (ei-ya-fia-tla-yeu-koutl). Son nom avait donné bien du fil à retordre aux journalistes du monde entier en 2010, lors de l’éruption qui avait paralysé une bonne partie du trafic aérien européen pendant 7 mois. Si vous vous souvenez, les journalistes l’appelaient E15 (E pour la première lettre et 15 pour les autres lettres du nom). L’éruption avait débuté le 20 mars 2010 et s’était poursuivie par épisodes jusqu’au 27 octobre. Aucun décès n’a été rapporté, mais les cendres volcaniques ont causé d’importantes perturbations et marqué toute la région.

Notre premier grand arrêt: la cascade géante de Skógafoss. Autre carte postale de l’Islande. Celle-ci prend sa source dans le réseau de lacs au pied du glacier, tombe d’une hauteur d’environ 60 mètres et poursuit sa route vers la mer. Sa largeur d’environ 25 mètres lui donne une présence très imposante. En s’approchant, on sent la brume sur le visage avant même d’être au pied de la chute. Nous avons tous choisi de l’admirer d’en bas car nous n’avions pas les jambes entraînées (à part François bien entendu) pour gravir les 400 marches de l’escalier qui mène au sommet.


Skógafoss a aussi sa légende. On raconte qu’un Viking du nom de Þrasi Þórólfsson aurait caché un coffre rempli de trésors derrière la cascade. Un enfant aurait réussi à le trouver, mais le coffre était trop lourd pour être sorti de l’eau. Il n’aurait rapporté qu’une poignée du coffre, aujourd’hui conservée au musée de Skógar. Comme quoi, en Islande, même les cascades ont leur part de mystère.


Nous avons eu l’honneur d’avoir comme dernier dîner de notre voyage, de l’omble chevalier (artic char) à notre plus grand plaisir. Définitivement, ce poisson saumonné sait plaire !


Une fois les estomacs bien remplis, nous poursuivons vers l’Est en direction du glacier Sólheimajökull, une langue glaciaire qui descend du grand glacier Mýrdalsjökull. Long d’une dizaine de kilomètres, il donne naissance à un petit lagon où l’on peut parfois voir flotter des morceaux de glace détachés du glacier. C’est un endroit magnifique, mais aussi troublant, car le glacier recule rapidement depuis plusieurs décennies. Le paysage que nous admirons aujourd’hui ne sera probablement plus tout à fait le même dans quelques années.


Il nous reste encrore deux autres attraits à contempler sur notre route. Le prochain est l’incontournable plage de sable noir de Reynisfjara, près du village de Vík.


Dès qu’on arrive, le contraste est saisissant. Le sable noir volcanique, les colonnes de basalte parfaitement dessinées, les aiguilles rocheuses de Reynisdrangar qui surgissent de l’océan… on a vraiment l’impression de se trouver dans un décor de film. Et ce n’est pas qu’une impression : plusieurs productions y ont tourné des scènes, dont Game of Thrones, Star Trek et certains films liés à l’univers de Star Wars.


Mais Reynisfjara est aussi un endroit où la beauté exige beaucoup de prudence. Cette plage est connue pour ses vagues dites “sneaker waves”, des vagues imprévisibles qui peuvent soudainement monter beaucoup plus haut que les précédentes. Plusieurs accidents tragiques y sont survenus au fil des ans. En décembre 2022, les autorités islandaises y ont installé un système de panneaux et de feux d’avertissement pour mieux informer les visiteurs des zones à risque. Au début de 2026, une succession de fortes tempêtes hivernales, combinées à des vents inhabituels et à de puissantes vagues, a profondément modifié la plage. Une grande quantité de sable noir a été emportée, exposant davantage les formations de basalte et rapprochant la mer de certains secteurs auparavant accessibles. Une partie de la falaise sous Reynisfjall s’est également effondrée, remodelant encore davantage ce décor déjà spectaculaire.


Depuis, la plage reprend lentement une partie de son apparence, au gré des marées, des courants et du sable qui revient peu à peu. Elle ne redeviendra sûrement pas telle qu’elle était avant cette tempête, mais elle s’en rapproche tranquillement. C’est aussi ça, l’Islande : un pays vivant qui changent de décor. Ici, la nature ne se contente pas d’être belle… elle travaille, elle déplace, elle efface et elle recommence.


La légende raconte que les Reynisdrangar (les deux pics qui sortent de l’eau tout près de la rive) seraient en fait des trolls transformés en pierre après avoir été surpris par la lumière du soleil. Honnêtement, devant ce décor, on comprend pourquoi les Islandais ont autant d’histoires de trolls, d’elfes et de créatures mystérieuses. Ici, l’imagination travaille toute seule.

Nous sommes chanceux d’avoir pu observer également Dyrhólaey, ce promontoire volcanique de 120 mètres de haut dont le nom signifie « île haute avec passage de porte ». Son immense arche naturelle rappelle un peu notre Rocher Percé, version islandaise, avec la force de l’Atlantique en prime.


Après cette journée bien remplie, nous reprenons la route vers Reykjavik. La dernière étape nous mène à Seljalandsfoss, l’une des cascades les plus photographiées du pays. Vous l’avez compris, en islandais, foss signifie « chute d’eau »; après tous ces jours en Islande, ce mot fait maintenant partie de notre vocabulaire! Haute d’environ 60 à 65 mètres, Seljalandsfoss est surtout connue parce qu’il est possible de marcher derrière son rideau d’eau. Une expérience assez unique… et disons-le, assurément humide!


On comprend vite pourquoi les photographes l’aiment autant. Le vert intense de la falaise, l’eau qui tombe en voile devant nous, le bruit puissant de la chute… tout est là pour nous rappeler que la nature islandaise ne fait jamais les choses à moitié.

Dans l’autocar, Eric profite du retour pour transmettre les informations importantes concernant le débarquement de demain matin. Notre vol vers Montréal étant très tôt, il nous faudra être efficaces… même si personne n’a vraiment envie de penser aux valises tout de suite.


De retour au Celebrity Silhouette, nous savourons notre dernier souper à bord avec cette drôle de sensation que procure la fin d’un voyage : un mélange de gratitude, de fatigue heureuse et l’envie de planifier le prochain!


P.S. J'ai trouvé une carte montrant la médiane dorsale atlantique. J'ai pensé la mettre ici pour nos voyageurs et pour votre bénéfice. Elle a une telle importante pour les islandais, pour la science, pour notre représentation du mouvement des plaques tectoniques que je ne pouvais m'empêcher de la représenter. Comme quoi une image vaut mille mots !


Le saviez-vous?

Le sable noir de Reynisfjara provient de l’activité volcanique. Lorsque la lave entre en contact avec l’eau froide de l’océan, elle se refroidit très rapidement et se fragmente en débris qui, avec le temps, deviennent ce sable sombre si particulier. Les colonnes de basalte, elles, se forment lorsque la lave refroidit lentement et se contracte en motifs géométriques. Dame Nature a vraiment un talent d’architecte!

Nous sommes arrivés en sol Islandais, nous le quittons sous un soleil radieux, comme quoi il ne fait pas toujours mauvais en Islande !


Éric, Marie-Christine et leurs voyageurs