Accompagnée par
Marie-Christine Drouin
Villes visitées
Reyjavik, Seydisfjordur, Djupivogur, Akureyri, Isafjordur

Bonjour à vous chers lectrices et lecteurs,


Ce matin, nous nous réveillons avec un paysage de carte postale sous nos yeux. Le Celebrity Silhouette s'est doucement faufilé dans le fjord de Seyðisfjörður (séy-dis-fieur-dur), long d'une quinzaine de kilomètres, entouré de montagnes escarpées d'où dévalent une multitude de cascades. Dès notre arrivée sur le pont, les appareils photo sont déjà à l'œuvre!


Cette première escale nous mène dans un village d'à peine 650 habitants, niché au fond du fjord. Fondé vers 1848 par des pêcheurs et commerçants norvégiens, Seyðisfjörður a longtemps vécu au rythme de la pêche au hareng, qui faisait alors la richesse de toute la région. Les premiers habitants ont laissé un précieux héritage : leurs maisons de bois colorées, d'inspiration norvégienne, qui comptent aujourd'hui parmi les mieux préservées d'Islande.


Comme plusieurs petites communautés islandaises, le village s'est réinventé au fil des années. Si la pêche est toujours présente, le tourisme et les arts occupent désormais une place importante dans son économie. Galeries, ateliers d'artistes, cafés et petits commerces donnent à Seyðisfjörður une ambiance chaleureuse et créative qui charme rapidement les visiteurs.


Nous retrouvons notre guide, Bjorn, un sage qui connaît la région comme le fond de sa poche et qui nous accompagne à la découverte des fjords de l'Est. Comme c'est un excellent guide, il a été choisi pour nous accompagner, mais il parle anglais et islandais. Je me suis donc dévouée pour faire la traduction de ses précieux enseignements. Ouf! Merci à ce super groupe pour votre support moral ! Nous avons parfois bien rigolé!


En quittant le village par son unique route d'accès, il nous raconte un épisode marquant de son histoire récente. En décembre 2020, après plusieurs jours de pluies diluviennes, un important glissement de terrain a dévalé la montagne, détruisant plusieurs maisons. Heureusement, les habitants avaient été évacués à temps et aucune vie n'a été perdue. Un autre rappel que la nature demeure ici aussi belle qu'imprévisible.


Nous apercevons la cascade Gufufoss (gou-fou-foss). En islandais, le mot foss signifie tout simplement « cascade ». Celle-ci dévale élégamment la montagne dans un décor qui semble tout droit sorti d'un film. Mais nous en ferons le clou de notre journée en prenant le temps de s’y arrêter au retour.


Nous poursuivons ensuite notre route jusqu'au col de Fjarðarheiði (fiar-dar-héï-di), qui offre un panorama spectaculaire sur les fjords de l'Est. À mesure que nous gagnons de l'altitude, les vallées se dévoilent les unes après les autres, ponctuées de petites rivières, de cascades et de sommets encore marqués par les dernières neiges.


Un peu plus loin apparaît le lac Lagarfljót (la-gar-fliot), l'un des plus grands du pays, un colosse de 30km, mais quand même tumultueux et dangereux à traverser. Il est alimenté par les eaux de fonte du glacier Vatnajökull. Les Islandais lui prêtent même son propre monstre légendaire, le Lagarfljótsormurinn, qui ferait parler de lui depuis le XIVe siècle... Un cousin islandais de notre monstre du Loch Ness, en quelque sorte!


Notre excursion nous conduit ensuite jusqu'à l'ancienne résidence de l'écrivain Gunnar Gunnarsson, aujourd'hui transformée en centre culturel. Après la visite, nous dégustons un délicieux beignet torsadé traditionnel, accompagné d'un bon café. Un petit plaisir simple, mais fort apprécié! Sur le chemin du retour, le soleil nous rejoint et nous permet d’admirer le sommet des montagnes avoisinantes que nous n'avons pu apercevoir ce matin. Quelle chance car le décor est spectaculaire!


Nous terminons notre parcours par la visite de la petite église de Valthjófsstaður (valt-yofs-sta-dur). Son histoire remonte au Moyen Âge et elle est surtout connue pour la célèbre porte sculptée qui ornait autrefois son entrée. Véritable chef-d'œuvre de l'art médiéval islandais, l'original est aujourd'hui précieusement conservé au Musée national d'Islande, à Reykjavik, tandis qu'une reproduction accueille les visiteurs sur place.


Comme promis, Yonas, notre chauffeur se faufile et trouve une place pour nous permettre de descendre tout près de la cascade Gufufoss. Elle paraissait plus petite qu’elle ne l’est en réalité. En s’approchant, le grondement de l'eau tombant abruptement du haut de ses 27 mètres s’intensifie de même que la brume qu’elle crée. La cascade tire justement son nom du mot islandais 'gufa', qui signifie 'brume', en raison de ce brouillard qui entoure les chutes, créant une atmosphère mystérieuse et envoûtante.

Quelques-uns en profitent pour flâner dans les rues du village. La célèbre rue aux couleurs de l'arc-en-ciel attire immédiatement les regards et conduit jusqu'à la jolie église bleue, devenue l'un des emblèmes de l'endroit.


Après une navigation d’une dizaine de minutes en navette, nous retrouvons le confort de notre navire et nous nous préparons pour le souper-cadeau, offert gracieusement par Voyage Louise Drouin. La majorité des membres du groupe n’avait jamais vécu l’expérience du souper-spectacle le Petit Chef et nos vétérans ont su conserver le secret de la recette qui transforme ces quelques heures en un moment magique, et ce, à chaque croisière. On entend des éclats de rires, des Ohhh, des Ahhhhhh. On retrouve notre cœur d’enfant et Danielle est encore émue d'être célébrée à nouveau pour son anniversaire par un gâteau tout spécial pour l’occasion! Après tout, pourquoi ne pas faire durer le plaisir! Une fois le souper terminé, on se dit à demain et tous nous demandent de transmettre de chaleureux remerciements à Louise qui invite généreusement les croisiéristes à ce souper. Quelle belle journée et soirée que celles que nous avons vécues!


Quelques pas de danse pour Charline et Vincent qui suscitent l’admiration au grand foyer avant d’assister au spectacle de la soirée ! C’est ainsi qu’une autre très belle journée s'achève, remplie de découvertes et de paysages dont on se souviendra longtemps.


Connaissez-vous le peuple caché?

En Islande, les légendes font toujours partie du quotidien. Près de la moitié de la population affirme qu'il est possible que les elfes, appelés le Huldufólk (« le peuple caché »), existent réellement. Il n'est d'ailleurs pas rare que certains projets de construction soient modifiés afin d'éviter de déplacer un rocher que l'on croit habité par ces êtres mystérieux. À Seyðisfjörður, c’est même 70% de la population qui racontent que les collines, les falaises et les énormes rochers qui entourent le village seraient justement parmi leurs refuges favoris. Notre guide Bjorn, à notre grande surprise, est justement un fervent croyant de ce monde caché et prend plaisir à emmener ses petits enfants danser sur le lac avec les “autres enfants de la falaise” à l’occasion du temps des fêtes! À chacun ses croyances…


Cette nuit, nos rêves seront peut-être visités par ces elfes, qui sait!

À demain, Akureyri nous attend.