26 janvier – Elephant Point, l’Antarctique sauvage… puis le cap sur le passage du Drake 🐘🦭❄️🌊
Nous voici maintenant rendus à notre dernier port d’escale en Antarctique : Elephant Point.
Elephant Point est situé dans l’archipel des Shetland du Sud, sur l’île Livingston, et fait partie de ces endroits encore très peu fréquentés, où l’on a réellement l’impression d’être seuls au monde. C’est l’un des sites les plus spectaculaires et les plus préservés de la région, un lieu où la nature règne en maître.
Dès notre arrivée, on sent que nous sommes au cœur de ce que l’on appelle souvent l’Antarctique sauvage. Ici, la faune est riche, variée, omniprésente. Nous avons observé de superbes colonies de manchots papous et de manchots à jugulaire, mais surtout… ce qui nous a particulièrement marqués ce matin :
les éléphants de mer.
Et pas juste un ou deux…
une impressionnante concentration d’éléphants de mer, comme nous n’en avions pas encore vue depuis le début du voyage.
Les éléphants de mer : les géants paisibles des plages antarctiques
Les éléphants de mer sont les plus grands phoques au monde. Les mâles adultes peuvent atteindre jusqu’à 5 à 6 tonnes (plus de 12 000 livres) et mesurer près de 6 mètres de long. Leur nom vient de cette impressionnante trompe — surtout visible chez les mâles — qui rappelle vaguement celle d’un éléphant.
À Elephant Point, nous avons pu les observer au repos, étendus sur les plages de galets, souvent immobiles, parfois en train de se redresser légèrement pour nous observer… comme s’ils nous étudiaient à leur tour.
Nos naturalistes nous ont expliqué leur cycle de vie :
- Les éléphants de mer passent une grande partie de leur vie en mer, plongeant à des profondeurs impressionnantes pour se nourrir.
- Ils viennent à terre principalement pour se reposer, muer et se reproduire.
- Les plages des Shetlands du Sud sont des lieux importants pour ces périodes clés.
Nous avons aussi appris à reconnaître leurs comportements :
les longs repos, les mouvements lents, parfois quelques grognements, et cette façon bien à eux de se déplacer sur la plage — massive, lourde, mais étonnamment calme.
C’est un privilège rare de pouvoir les observer d’aussi près, dans un environnement aussi intact.
Un débarquement baigné de soleil
Et comme si tout cela ne suffisait pas, le soleil était au rendez-vous ce matin. Un vrai cadeau.
La lumière rendait le débarquement encore plus spectaculaire :
- les plages de galets
- les montagnes escarpées, façonnées par le vent et le temps
- et surtout… le vert.
Oui, du vert.
Cela faisait plusieurs jours que nous n’avions pas vu de végétation, et à Elephant Point, les plantes antarctiques sont bien présentes. Ces touches de vert donnent une toute autre dimension aux paysages… et aux photos.
Nous avons marché tranquillement le long de la plage, pris nos dernières photos à terre, observé manchots et éléphants de mer, et profité pleinement de ce moment, conscients que c’était notre dernier débarquement sur le continent antarctique.
Un immense glacier se dressait à l’arrière-plan, rappelant que même ici, où la vie commence à reprendre sa place, la glace demeure omniprésente.
Notre débarquement était prévu à 9 h, et une fois de plus, tout s’est déroulé parfaitement, dans le calme, la sécurité et le respect total de l’environnement.
Cap sur le passage du Drake
Avant même ce débarquement, le commandant nous avait informés d’un changement à l’horaire.
Une forte dépression était prévue dans le passage du Drake, et par souci de sécurité, il a pris la décision — sage et responsable — de devancer notre départ.
Plutôt que de faire un autre débarquement dans les Shetlands en après-midi, nous avons quitté Elephant Point plus tôt afin de tenter d’éviter le cœur de la tempête.
C’est exactement ce qui distingue une croisière-expédition bien orchestrée :
l’anticipation, l’expérience… et la priorité absolue à la sécurité.
Nous avons donc mis le cap sur le passage du Drake.
Le début de la traversée s’est fait relativement calmement, presque comme si l’Antarctique nous offrait une dernière transition en douceur.
Un dernier gala avant la houle
En soirée, nous avons vécu un autre moment fort :
un magnifique souper de gala, le deuxième du voyage.
Nous avons été accueillis au grand salon par le commandant, Nicolas JOUSLIN DE NORAY et toute l’équipe. Les chefs de département nous ont été présentés, nous permettant de mesurer le travail exceptionnel accompli par les 155 membres d’équipage à bord.
Le commandant, véritable maître d’œuvre de cette aventure, a reçu une ovation bien méritée. Grâce à lui et à son équipe, nous avons vécu l’un des plus beaux voyages qui soient.
Le souper fut mémorable.
Les sourires étaient partout autour des tables.
Les conversations allaient bon train.
Et déjà, on sentait la mer commencer à bouger doucement… signe que le Drake nous attendait.
Après ce magnifique repas, plusieurs ont choisi de regagner leur cabine un peu plus tôt. Le vent se levait, la houle commençait à se faire sentir, et chacun se préparait à retrouver son cocon pour la nuit.
Nous quittions l’Antarctique…
le cœur rempli, les images gravées à jamais,
et l’âme encore habitée par la puissance de ce continent unique.




























































































































