Accompagnée par
Martine Bélanger

Bonjour à tous!

Cette nuit, nous avons navigué environ 170 milles nautiques, et nous voilà arrivés au port d’Hiroshima. Une nuit très calme, à passer dans un passage intérieur, et non en pleine mer.


Aujourd’hui, nous avons une rencontre avec l’Histoire. Mais avant de visiter la ville d’Hiroshima, nous prenons un traversier d’une dizaine de minutes afin de découvrir l’un des trois plus beaux sites du Japon (je le sais, tout est tout le temps dans les « plus beaux du Japon » mais ce n’est pas moi qui le dit!): Miyajima, « l'île où cohabitent les hommes et les dieux ». Ce site est surtout reconnaissable par son immense tori vermillon (rouge) qui semble flotter devant le sanctuaire millénaire d’Itsukushima, dont la première construction date de 593. Composition jouant, entre mer et montagne, sur les contrastes de couleurs, le sanctuaire d’Itsukushima illustre parfaitement le concept japonais de la beauté d’un panorama unissant paysage naturel et création humaine. De plus, cette île où les voitures sont presque inexistantes est couverte d'érables et est habitée entre autres par des daims en liberté considérés comme étant les messagers des dieux. Ce sanctuaire, dédié à la déesse gardienne des mers, a pour particularité d'être en partie construit dans la mer, avec des bâtiments sur pilotis et son tori à quelques dizaines de mètres au large. Les paysages magnifiques de l'île, ses belles plages et ses sentiers de randonnée, en font une destination appréciée. C'est pour toutes ces beautés que l'île de Miyajima a été classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous avons bénéficié d’une promenade sur l’avenue principale du village en compagnie de notre guide.

Après avoir visité le sanctuaire avec Jean, je distribue une petite gâterie de l’endroit, un « momiji meanju ». Mais qu’est-ce que c’est me demanderiez-vous? C’est un petit gâteau moelleux fait en forme d’érable (et oui!), avec une douceur à l’intérieur. J’avais choisi chocolat et costarde, car celui que préfère les Japonais, aux haricots rouges, me semblait moins alléchant. Mes voyageurs ont bien apprécié la petite attention.


Puis, nous avons 2 heures de temps libre pour nous promener à notre rythme. Je remets un montant de yens à chacun et ça permet à tous de manger ce qu’ils veulent, où ils veulent et à l’heure qui leur convient. N’est-ce pas fantastique! Et ici, il y a beaucoup de choix et d’endroits où nous pouvons nous arrêter car il est encore tôt.

Pour ma part, je suis allée manger dans un petit resto avec Marie-Claire et nous avons pris le plat appelé « Hiroshima », quoi de plus local! Des nouilles udon, dans un excellent bouillon avec un peu de porc et des fèves germées. C’était vraiment très bon. J’ai entendu que d’autres voyageurs se sont régalés d’huîtres, une spécialité de l’endroit.


Puis, nous reprenons le traversier et revenons à Hiroshima. Nous avons le bonheur de visiter notre premier jardin, celui de Shukkeien. Ce jardin est un véritable havre de paix, contrastant avec l’animation des rues de la ville. Des pruniers, des azalées, des cerisiers et d’autres arbres ou plantes qui fleurissent tout au long de l’année, donnent au jardin un air d’éternel printemps. Une partie du paysage semble sculpté dans la végétation et l’oeil s’amuse des contrastes de couleurs de matières, attiré par les petits ponts, les cascades, les haies de bambou ou les étendues d’eau verdâtres.


Par la suite, nous changeons de registre. On se rend au Mémorial de la Paix et le Dôme d’Hiroshima. Avant la bombe, la zone de ce qui est aujourd’hui le Parc de la Paix était le coeur politique et commercial de la ville. Pour cette raison, il a été choisi comme cible par les américains. Quatre ans jour pour jour après le largage de la bombe, il a été décidé que la zone ne serait pas réaménagée mais plutôt consacrée aux installations du mémorial de la paix.

À 8h15 le 6 août 1945, la bombe à l’uranium de 15 kilotonnes de TNT surnommée « little boy », larguée d’un avion à 9000 mètres d’altitude, a explosé à 300 m de sa cible d’origine. 75 000 personnes sont mortes sur le coup. 225 000 mourront plus tard de causes directes ou indirectes, notamment de la tombée de pluie noire radioactive qui a contaminé les ressources que les japonais ont consommées peu après. Cette première explosion a anéanti la ville et bouleversé des milliers de vies.

Une promenade dans le parc de la Paix, nous fait découvrir le Monument de la Paix dédié aux enfants, la Flamme de la Paix, le Cénotaphe, la Cloche de la Paix et le tristement célèbre Dôme de la bombe « A », un des seuls bâtiments à être resté debout près du lieu où explosa la bombe. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, le dôme de la bombe atomique est un lien tangible avec le passé unique d’Hiroshima. Il a été préservé tel qu’il était juste après le bombardement grâce à de nombreux efforts, dont ceux des habitants d’Hiroshima, en espérant une paix durable et l’élimination finale de toutes les armes nucléaires de la planète (je crois que plusieurs dirigeants de pays devraient venir y faire un pèlerinage….). À chaque jour, l’horloge sonne à 8h15 en mémoire de ce triste événement, il y eu de ça 80 ans le 6 août dernier. Être en ces lieux aujourd’hui à entendre nous raconter ce qui n’aurait jamais dû se produire, nous impose inévitablement ce silence respectueux qui s’est installé parmi nous.

L’installation principale du parc est le « Musée mémorial de la Paix ». Composé de deux bâtiments, ce musée retrace l’histoire d’Hiroshima et l’avènement de la bombe nucléaire. Son objectif principal relate les événements du 6 août 1945, à 8h15 du matin. Les détails personnels affichés sont assez bouleversants et rappellent qu’il ne faut pas tenir la paix pour acquise. Toutes les images vues dans le musée resteront à jamais gravées dans notre mémoire et ne laissent personne indifférent. Ceci a vraiment projeté tous les voyageurs dans une réflexion profonde face à cette terrible tragédie humaine. Petite note supplémentaire sur Hiroshima: Savez-vous que Hiroshima et Montréal sont deux villes-soeurs depuis 1998? En 2015, lors d’une cérémonie pour commémorer la tragédie d'Hiroshima survenue 70 ans plus tôt, Montréal a fait aussi résonner sa cloche de la paix située au pavillon japonais du Jardin Botanique en même temps que celle d’Hiroshima. Cette cloche a été donnée par la Ville d’Hiroshima а l’occasion du jumelage.

Cela fait partie du voyage: voir toutes les facettes des pays visités.


C’est ensuite le retour sur notre navire pour le souper. On prend notre repas rapidement car une « Azamazing » expérience nous attend ce soir. Tous les passagers du navire sont invités au « Grand Prince Hotel d’Hiroshima » (lieu où a eu lieu la rencontre du G7 de 2023) où un spectacle a été réservé juste pour nous. Cela s’appelle « The Soul of Hiroshima - An Evening of Kagura & Tradition ». Nous quittons le navire vers 19h. Notre spectacle dure environ une heure. C’est vraiment extrêmement intéressant: de l’art japonais à son meilleur. Chanteurs, musiciens ainsi que dragons et acteurs sont vraiment impressionnants. Nous passons une excellente soirée. Et c’est le retour au navire qui se fait rapidement.


Ouf! Ce fut une journée bien remplie mais combien intéressante et variée.


Nous pensons à vous tous, famille, amis et lecteurs et espérons que vous appréciez ces récits.

Martine et ses amis voyageurs