Accompagnée par
Martine Bélanger

Bonjour chers lecteurs!

Nous avons encore fait 100 milles nautiques la nuit dernière. Nous voilà arrivé au port de Aomori, situé complètement au nord-est de l’île principale de Honshū. Il fait un temps splendide. C’est beaucoup plus chaud que ce à quoi nous nous attendions. Je m’attendais à environ 15 degrés, normale à cette latitude (40,82 degrés nord, alors que Montréal est à 45,5 degrés nord) mais nous avons eu jusqu’à 23 degrés. On les prend bien d’autant plus que j’ai su que vous avez eu de la neige au Québec…

 

Considérée comme l’une des villes les plus agréables du Japon, Aomori jouit de pics neigeux pour les sports d’hiver et d’un climat tempéré, propice aux randonnées, au vélo et à bien d’autres activités lorsque les températures remontent. Positionnée face à deux océans, la mer du Japon et l’océan Pacifique, et dotée de montagnes, de vallées, de lacs et de littoraux, la région propose une gamme variée de loisirs tout au long de l’année. Au printemps, Aomori révèle toute la beauté de sa végétation : la floraison des pommiers, des colzas et des azalées suit de près celle des cerisiers du château de Hirosaki. Le temps se réchauffe, mais les hauts sommets de la préfecture sont encore enneigés, permettant ainsi aux amateurs de sports d’hiver de profiter de quelques sessions de ski printanières.

Dès ce matin, sur le navire, nous avons la chance de voir le mont Iwaki, couvert de neige au sommet. Jean nous dit que c’est la première fois qu’il le voit aussi bien d’aussi loin. Le temps est très clair.

 

Nous avons vu tellement de beautés jusqu’à maintenant et nous voulons profiter de chaque moment, alors aujourd’hui ne fera pas exception. Dès 9h, nous quittons notre navire pour prendre l’autobus vers Hirosaki.

Le château de Hirosaki est réputé pour être l’un des plus beaux châteaux du Japon (je sais, je sais, il y en a plusieurs! 😉). La tour principale fut érigée au sommet d’une colline pour faciliter sa défense. C’est un des châteaux les plus iconiques du pays. La tour du château, les tourelles, les portes et autres vestiges de l’époque féodale demeurent des sites historiques. Il existe peu d’exemples au Japon de châteaux qui ont été ouverts au public sous forme de parc tout en conservant leur aspect d’origine. Le château fut construit en 1611. Presque tous les châteaux japonais furent détruits après 1868, année à laquelle le règne des samouraïs toucha à sa fin. Les autres brûlèrent lors de la Seconde Guerre mondiale. La majorité des châteaux que nous voyons aujourd’hui au Japon date d’après-guerre. Le château de Hirosaki est le seul château qui fut bâti pendant l’époque d’Edo (1603-1867). Le « donjon » du château de Hirosaki était à l’origine une tour de cinq étages. Il fut frappé par la foudre et réduit en cendres en 1627. Le bâtiment actuel fut reconstruit en 1811 sous la forme d’une tour de trois étages.

 

Le site est célèbre pour son magnifique parc et ses quelque 2 600 cerisiers, répartis sur plusieurs espèces différentes qui, lorsqu’ils sont en fleurs, attirent chaque année des milliers de visiteurs. Avant même notre arrivée au parc, nous sommes escortés par de magnifiques cerisiers en fleurs qui longent la route. À notre arrivée au site, ce sont les exclamations qui fusent: c’est féérique qu’on me dit! D’autres me disent que c’est le paradis (rien de moins!!!). Nous sommes au pic de la floraison, entourés de toutes ces teintes de rose, nous arrivons au bon moment. Jean nous guide un peu à travers le parc et nous laisse libre environ 2 heures pour admirer toute la beauté du site. Nous avons beaucoup de temps pour prendre des photos. On vous laisse en faire la découverte à travers mes photos, c’est vraiment beau, mais comme on dit souvent, elles ne rendent pas l’effet d’être sur place. Nous sommes en plein festival des cerisiers en fleurs et il y a des petits stands qui vendent toutes sortes de nourriture. Il y a aussi des jeux pour les enfants et beaucoup de personnes pratiquent le hanami (pique-nique sous les cerisiers).

 

Nous poursuivons notre journée par la pause dîner: un buffet bien élaboré avec beaucoup de choix (et des desserts!) nous est offert.

 

Après nous avoir rempli les yeux de couleurs, nous quittons Hirosaki pour retourner à la ville d’Aomori. Nous allons au musée Nebuta Wa Rasse. C’est un passage obligé pour tout voyageur qui découvre la région d’Aomori et sa culture. Il s’agit d’un lieu unique qui accueille les visiteurs à venir découvrir les coulisses du matsuri. En effet, le musée emmène ses visiteurs à travers l’histoire du Nebuta Matsuri, l'un des festivals d'été les plus célèbres et spectaculaires du Japon. Nous n’y serons pas pour le festival mais cela ne nous empêche pas de voir ses énormes chars en papier (nebuta) illuminés, représentant des guerriers et des dieux, qui défilent dans la ville au rythme des tambours, des flûtes et des danseurs.

Points clés sur le Nebuta Matsuri :

-Les Chars (Nebuta) : Ces lanternes géantes mesurent souvent 9 mètres de large et 5 mètres de haut, peintes avec des couleurs éclatantes pour représenter des scènes mythiques, des personnages kabuki ou des légendes historiques. Les lanternes sont faites de papier washi peint fixé sur une armature métallique et représentent souvent des dieux, des figures historiques et mythiques issues de la culture japonaise, des acteurs de kabuki et des personnages d'émissions télévisées. Elles sont illuminées de couleurs vives depuis l'intérieur.

-Les chars sont accompagnés de musiciens (tambours taiko) et de danseurs appelés haneto, vêtus de costumes traditionnels.

-Les défilés ont lieu chaque soir (généralement du 2 au 6 août) et un défilé de jour avec des feux d'artifice clôture le festival le 7 août.

-Traditionnellement, il s'agissait de rituels pour conjurer les mauvais esprits pendant l'été (le "Neburi-nagashi").

-C'est l'un des trois grands festivals de la région du Tohoku et il est désigné comme un important bien culturel immatériel.

 

Le musée est installé le long du quartier du front de mer d’Aomori juste а côté du remarquable pont à haubans observé depuis notre navire ce matin. L’espace principal du musée se trouve au rez-de-chaussée où sont exposés les chars nebuta. Chaque année, quatre ou cinq nouveaux chars ayant participé au festival sont sélectionnés pour être exposés à la place de ceux du festival précédent. Nous sommes fascinés par tout ce travail et on réalise le talent japonais qui existe depuis plus de 300 ans.

 

En cours de route, nous apprenons aussi que la préfecture d’Aomori produit environ 60 % des pommes du Japon. De la taille des branches en hiver à la récolte en automne, le processus de culture des pommes se déroule presque sans interruption. Le goût délicieux des pommes d’Aomori est le résultat du travail passionné et assidu des agriculteurs. Les boutiques de souvenirs locales vendent une multitude de desserts à base de pommes. Ce midi, nous avons été quelques uns à goûter au jus de pomme et au sorbet aux pommes, verdict: délicieux! Ce soir, sur notre navire, on nous sert aussi des desserts faits avec ces fameuses pommes. Quelques uns reviennent en bus avec Jean au navire alors que quelques uns d’entre nous allons au A-Factory, un magasin spécialisé dans les produits de la pomme. Puis, nous revenons à pied au navire.

 

Je dois vous rassurer sur un événement que nous venons de vivre: un tremblement de terre! Il en arrive très souvent au Japon. Cela fait déjà 2 fois que ça m’arrive dans ce pays. La plupart d’entre nous étions revenus au navire alors que Anne et moi étions dans le terminal, sur la terre ferme. Nous avons tout d’abord reçu un avertissement sur nos cellulaires quelques secondes avant le tremblement de terre. L’épicentre n’était pas très loin de nous, à 7,5 sur l’échelle de Richter. Le sol a trembler un peu, mais rien d’alarmant. Nous sommes sorties du terminal en attendant la fin du séisme, qui n’a pas duré longtemps, peut-être une minute. Ceux qui étaient sur le navire l’ont ressenti aussi un peu. Heureusement, nous sommes très bien situés dans la baie de Aomori, à l’abri d’un tsunami possible sur la côte est du Pacifique. Donc, ne vous inquiétez pas pour nous, tout est sous contrôle!

 

Wow, quelle journée! Nous avons maintenant l’expérience totale du Japon. La journée a été magnifique, nous sommes choyés par la vie!

À demain pour notre dernière escale avant d’arriver à Tokyo!

Martine et ses amis voyageurs