Accompagnée par
Nathalie Monette, Johanne Dupuis
Villes visitées
Sao Paulo, Buenos Aires, Ushuaia, Cap Horn, Canal Scholaert, Baie du Paradis, Détroit de Gerlache, Elephant Island, Port Stanley, Puerto Madryn, Montevideo

Bonjour membres de l’expédition virtuelle,


À 8h, nous arrivons à quai à Port Stanley, capitale des îles Malouines. Dès que nous descendons du navire, l’air paraît presque doux après l’Antarctique : autour de 10 °C, une température qui surprend agréablement. Le village s’étire devant nous avec ses maisons colorées, ses toits en tôle et son charme très britannique, comme un petit bout d’Angleterre posé au bout du monde.


Les îles Malouines (Falkland Islands) tirent leur nom des marins de Saint-Malo, qui les fréquentaient au XVIIIᵉ siècle.

Les Français y fondent la première colonie en 1764, bientôt cédée à l’Espagne.Les Britanniques revendiquent aussi l’archipel et en 1833, ils en prennent définitivement possession.En 1982, un conflit éclate lorsque l’Argentine occupe les îles ; après 74 jours de guerre, le Royaume-Uni reprend le contrôle.Aujourd’hui, les Malouines sont un territoire britannique d’outre-mer, paisible, isolé, et célèbre pour sa faune exceptionnelle, notamment ses colonies de manchots.


Port Stanley porte une histoire singulière. Fondée au milieu du XIXᵉ siècle, elle devient rapidement le centre administratif des Malouines grâce à son port naturel, un abri précieux pour les navires qui naviguaient dans l’Atlantique Sud. Le port, bien abrité, attire les navires de commerce, les baleiniers et les expéditions polaires. La vie s’organise autour de la mer, du ravitaillement, de l’élevage et d’une communauté insulaire soudée.

Les habitants se définissent comme Falklanders, fiers de leur culture, de leur résilience et de leur lien avec le Royaume‑Uni.

Les paysages ouverts, les fermes de moutons, les maisons colorées et les pubs typiquement britanniques renforcent cette impression d’un petit monde à part, où l’on vit au rythme du vent, de la mer et des saisons.


À ce jour, les Malouines combinent leur héritage maritime avec une économie tournée vers l’élevage, la pêche, la recherche scientifique et le tourisme. Leur identité reste celle d’une communauté insulaire chaleureuse, accueillante, profondément attachée à son territoire et à son histoire.


🐧Aujourd’hui, nous partons à la découverte de Bertha’s Beach, l’un des joyaux naturels des Malouines. Après un trajet à travers les paysages ouverts de l’île, la plage apparaît soudain : une longue étendue de sable clair, sauvage, intacte, où l’on a l’impression que le monde s’arrête.


Bertha’s Beach se dévoile après un trajet à travers les paysages ouverts d’East Falkland, une longue bande de sable blanc qui semble surgir de nulle part. Dès l’arrivée, l’endroit frappe par sa tranquillité : une plage immaculée, une mer claire, et cette impression d’être au bout du monde, dans un espace préservé où la nature règne en maître. En arrivant à Bertha’s Beach, notre groupe a été accueilli par le vent salin et le cri lointain des sternes. Avant même de poser le pied sur le sentier, une petite étape s’imposait : le lavage des souliers.Un geste simple, presque rituel, mais tellement important pour préserver cette plage fragile où les manchots et les oiseaux nichent en paix.Brosses, tapis, jets d’eau… chacun a joué le jeu avec le sourire, conscients que cette précaution faisait partie de l’aventure.Et une fois les semelles propres, nous avons avancé ensemble vers la plage, prêts à découvrir toute la beauté de Bertha’s Beach.


C’est ici que vit une importante colonie de manchots papous (Gentoo). On les observe évoluer librement : certains se reposent sur le sable, d’autres traversent la plage d’un pas pressé, et plusieurs plongent dans l’eau avec une agilité surprenante. Leur comportement, leur curiosité et leur proximité créent un moment privilégié que les voyageurs n’oublient jamais.

Autour de nous, une véritable scène de vie : des dizaines de manchots papous allaient et venaient, trottinant avec leurs fameux pieds orange, poussant leurs petits cris curieux, totalement indifférents à notre présence émerveillée.


Puis soudain, le groupe s’est figé. Devant nous, surgissant comme deux visiteurs royaux perdus dans un bal masqué, se tenaient deux manchots royaux, majestueux, élancés, drapés de jaune et d’argent.Seuls au milieu des papous, ils semblaient flotter dans une aura particulière, presque irréelle.Le contraste était saisissant : leurs silhouettes élancées, leur port noble, leur démarche lente et assumée… comme s’ils savaient très bien qu’ils étaient les stars de ce moment.


Autour d’eux, les papous continuaient leur comédie habituelle, mais nous, accompagnatrices et voyageurs, avions les yeux uniquement pour ces deux souverains inattendus.Un instant suspenduUne splendeur pure.Et nous nous sommes regardées en silence, le sourire aux lèvres, conscientes d’avoir vécu l’un de ces moments rares, ceux que l’on garde dans un coffre à souvenirs pour longtemps.


Autour d’eux, la faune locale complète le tableau. Selon la saison et la chance du moment, on peut apercevoir des manchots de Magellan, des oiseaux marins comme les sternes sud‑américaines, ou encore le canard vapeur des Malouines, une espèce endémique. Les eaux proches attirent parfois des dauphins de Commerson ou de Peale, et il n’est pas rare de voir un lion de mer se prélasser sur le rivage.

La plage elle‑même est classée zone RAMSAR et Important Bird Area, ce qui témoigne de sa valeur écologique exceptionnelle. Plus de quatre‑vingts espèces de plantes y sont recensées, dont plusieurs endémiques, ajoutant une dimension botanique à cette immersion naturelle.

L’excursion à Bertha’s Beach offre ainsi un moment rare : une rencontre authentique avec la faune des Malouines, dans un décor sauvage et préservé, où chaque pas rappelle la beauté fragile de ces îles du bout du monde.


Un 6 à7 suivi d’un agréable souper et une fin de soirée avec Paul Suha, un violoniste exceptionnel.


Bonne nuit, de la Patagonie,


Nathalie et Johanne