Accompagnée par
Nathalie Monette, Johanne Dupuis
Villes visitées
Sao Paulo, Buenos Aires, Ushuaia, Cap Horn, Canal Scholaert, Baie du Paradis, Détroit de Gerlache, Elephant Island, Port Stanley, Puerto Madryn, Montevideo

Bonjour à tous nos lecteurs connecté en mode voyage,


Hier soir, le capitaine nous avait prévenus d’un possible contretemps : un paquebot de marchandises était immobilisé dans le canal Punta Indio, sur le Río de la Plata, risquant de ralentir notre progression vers Buenos Aires. Une panne au mauvais endroit, et tout un fleuve se met à respirer plus lentement.

Toute la nuit, l’équipage est resté en veille, suivant l’évolution de la situation. Et ce matin, bonne nouvelle : le navire en panne a finalement été dégagé. La voie est libre, notre route aussi.

Nous accosterons toutefois avec un léger décalage. L’arrivée initialement prévue à 7 h sera repoussée d’environ 2 h 30. Rien de dramatique : juste le temps pour le Río de la Plata de nous accueillir à son propre rythme, et pour nous de savourer un peu plus longtemps la navigation.

Le soleil se lève, Buenos Aires nous attend, et malgré ce petit retard, l’aventure continue avec la même énergie.


Lors de notre rencontre pré-débarquement, une belle énergie flottait dans la salle. Nos voyageurs, encore imprégnés de l’esprit de l’Argentine, ont eu la surprise de recevoir un magnifique cadeau de départ.

Grâce à la générosité de Mme Drouin, qui nous avait donné carte blanche pour gâter nos participants, nous avons eu l’idée d’offrir à chacun une véritable tasse de maté, façonnée dans le fruit même de l’arbre, accompagnée de 250 g de maté à savourer une fois de retour à la maison.

Un cadeau simple, authentique, mais chargé de sens : une invitation à prolonger le voyage, à se replonger dans les souvenirs chaleureux de l’Argentine, une gorgée à la fois.

Tous les voyageurs ont reçu cette attention avec une immense reconnaissance et de grands sourires.

Un grand merci à Mme Drouin pour permettre ces moments de joie et ces gestes qui marquent la fin d’un voyage… et le début des souvenirs.


Après un petit déjeuner pris tôt ce matin sur le navire, nous attendons les directives de notre capitaine Léo pour l’heure du débarquement. À peine à terre, nous retrouvons Esteban, notre guide francophone, un visage familier et chaleureux qui nous attend avec son sourire contagieux. À peine sortis du bus, la ville nous enveloppe. Buenos Aires respire fort ce matin, et la Calle Florida nous aspire comme un courant d’air vivant. Deux heures devant nous, juste assez pour goûter à l’âme commerçante et vibrante de la capitale.

Dès les premiers pas, le sol change : plus de voitures, plus de klaxons, seulement le flux continu des passants. La rue piétonnière s’étire devant nous comme un long ruban animé. Les vitrines scintillent, les vendeurs ambulants installent leurs étals, et les premiers musiciens accordent leurs guitares. On avance au rythme de la foule, chacun trouvant son tempo.

Les voyageurs lèvent les yeux, happés par les façades anciennes, les galeries marchandes qui s’ouvrent comme des passages secrets, les enseignes qui clignotent. On entend des « cambio, cambio ! » lancés par les changeurs de rue, des éclats de rire, des conversations en espagnol, en portugais, en anglais. Florida, c’est un carrefour du monde.

On entre dans une galerie commerciale. L’air frais nous accueille, les boutiques s’alignent, les couleurs explosent. Certains en profitent pour acheter un foulard, un aimant, un petit souvenir à glisser dans la valise. D’autres préfèrent observer, sentir la ville, écouter son rythme. Florida n’est pas seulement une rue commerçante. C’est une scène vivante, un théâtre urbain, un morceau de ville qui se raconte en mouvement.


Mais le voyage continue. Après cette dernière immersion vibrante, il est temps de reprendre la route. Le bus nous conduit vers l’aéroport, où un vol en direction de São Paulo nous attend en après‑midi. Chacun garde encore en tête les images de l’Antarctique, les couleurs de La Boca, les récits de Juan… Une journée de transition, riche et vivante, qui clôture magnifiquement cette aventure exceptionnelle.


Aujourd’hui, la lumière blanche de l’Antarctique nous semble différente. Elle nous a fait un clin d’œil complice parce que nous sommes venus jusqu’au bout du monde. L’Antarctique ne nous laisse jamais repartir tout à fait les mains vides. Elle glisse en nous une petite étincelle, un souffle de liberté, un souvenir qui ne s’effacera jamais. Et grâce à vous, cette étincelle brillera encore plus fort.

Nathalie et moi même, avons le cœur un peu serré… mais surtout immensément rempli. Ce voyage, c’est vous qui l’avez transformé en aventure. Vous avez donné une âme à chaque débarquement, une couleur à chaque iceberg, un éclat à chaque silence. Vous avez ri avec le vent, marché avec courage, partagé vos émerveillements comme on partage un trésor.

Nous avons vu un groupe devenir une équipe, puis une petite famille éphémère, soudée par le froid, la beauté et la magie du continent blanc. Votre curiosité, votre bonne humeur, votre respect des lieux et des autres ont fait de cette expédition un moment rare, précieux, presque suspendu. Alors que nous mettons le cap vers le retour, nous voulons simplement vous dire merci. Merci pour votre confiance. Merci pour votre esprit d’aventure. Merci pour votre chaleur humaine dans un monde de glace.




Nathalie et Johanne