Bongiorno a tutti,
Ce matin, nous devons dire arrivederci à Lugano. Nous étions vraiment très bien installés, le personnel est d’une gentillesse incomparable, mais Bernina nous attend, alors poursuivons notre route. Il fait encore un soleil radieux, déjà 23ºC ce matin. Comme à notre habitude, tout le monde est prêt en avance et nous pouvons déjà amorcer notre route en direction de Tirano en Italie…. oui, oui, l’Italie fera pour quelques heures, partie de notre circuit. Mais ce n’est que pour prendre le célèbre train panoramique qui nous conduit à St-Moritz. J’ai nommé ici le Bernina Express. Je ne vous parle pas d’une ville italienne, mais bien de ce trajet de train panoramique dans les Alpes Suisse, inoubliable et qui est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 2008. Il nous faut faire un bon 180 km de route qui nous séparent du début du trajet du Bernina. Aucune chance de se lasser de la route, le décor du lac de Côme que nous longeons n’a rien d’ennuyant !
Entouré de montagnes, le lac étire ses trois longs bras sur près de 50 kilomètres. Ses villas, ses jardins et ses villages accrochés aux pentes attirent depuis des siècles et des siècles, aristocrates, artistes et voyageurs. Oui je sais, vous avez immédiatement penser à Alain Morisod et Sweet People, le suisse ayant chanté le « fameux lac de Côme » mais il semble qu’il n'est pas le seul à avoir profité de cette destination très prisée dans le monde entier grâce à son paysage surprenant et fascinant aux mille nuances. Claude nous dit qu’elle avait prévu la pause chez George Clooney, mais manque de chance, il a dû se rendre à Los Angeles hier soir en urgence.
Ce lac de Côme a la géométrie d’un « Y » renversé ou, selon un dicton local très répandu, le lac de Côme aurait la forme de la jambe droite d'un homme avec Lecco à son pied, et Côme au bout de sa jambe gauche. Bellagio, quant à elle, se trouve pile dans l'entrejambe! Le nom de cette ville balnéaire vous dit quelque chose? Et oui, l’hôtel Bellagio à Las Vegas avec ses gondoles « intérieures ». En nous dirigeant vers l’est, nous croisons la ville de Dongo où nous ferons d’ailleurs un arrêt pour s’approvisionner de quelques bouteilles de bon vin italien à un prix, ma foi, très très raisonnable!
Poursuivons donc notre route jusqu’à Tirano, petite ville lombarde située à quelques kilomètres de la frontière suisse. Son centre historique possède d’anciennes demeures, de petites places et le remarquable sanctuaire de la Madonna di Tirano, construit au XVIe siècle après l’apparition présumée de la Vierge à un habitant. On peut y admirer une splendide basilique reconnue par l’Unesco, où le travail des ébénistes est exceptionnel. Cette basilique abrite un orgue absolument incroyable avec sa série de nombreux tuyaux. Voyez par vous-même les photos qui en témoignent.
Après notre dîner, nous gagnons la gare. Sur le quai, le train rouge des Chemins de fer rhétiques nous attend sagement. Dans quelques minutes, il devra pourtant grimper 429 mètres d’altitude, puis atteindre
2 250 mètres, sans l’aide d’une crémaillère.
À peine partis, nous traversons les rues de Tirano avant d’aborder l’un des ouvrages les plus étonnants du parcours, lui aussi classé au Patrimoine de l’UNESCO: le viaduc hélicoïdal de Brusio. Wow! J’étais prête pour capter le passage du Bernina Express sur ce chef-d’œuvre ferroviaire. Pour vous le décrire le phénomène, le train doit gagner de l’altitude dans un espace restreint, en empruntant la voie qui décrit une boucle complète à ciel ouvert et passe sur elle-même. Apprenez en plus ici : viaduc hélicoïdal de Brusio
La vallée de Poschiavo nous accueille ensuite avec ses vignobles, ses châtaigniers et ses maisons de pierre, ses cultures d'Edelweiss. Le train prend progressivement de la hauteur, longe le lac de Poschiavo et atteint Alp Grüm, où le glacier de Palü apparaît au-dessus de la vallée. Nous avons même le luxe de descendre une dizaine de minutes pour un arrêt photo. Brr, nous avons gagné de l’altitude, mais le mercure lui, en a perdu ! En quelques heures seulement, les palmiers et les vignes ont cédé la place aux rochers, aux glaciers et aux lacs glaciaires d’altitude.
Le train poursuit son ascension jusqu’à Ospizio Bernina, point culminant de la ligne à 2 253 mètres. Nous sommes ici sur le col de la Bernina, ligne de partage des eaux entre deux mers : au nord, les rivières finissent par rejoindre la mer Noire; au sud, elles prendront la direction de la mer Adriatique. Nous redescendons ensuite vers Pontresina en longeant le glacier Morteratsch, puis nous atteignons Saint-Moritz en fin d’après-midi.
Cette station élégante Suisse est connue comme l’un des berceaux du tourisme hivernal. C’est ici qu’un hôtelier convainquit quelques visiteurs britanniques de revenir pendant l’hiver 1864 en leur promettant du soleil; il s’engagea même à payer leur séjour si la météo les décevait. Ils revinrent, furent charmés et contribuèrent à lancer la mode des vacances d’hiver dans les Alpes.
Enfin arrivés à l’hôtel Reine Victoria. Prenons le temps de marquer le moment ici. Depuis les années 1890, l'Hôtel Reine Victoria à Saint-Moritz allie histoire, art et hospitalité. De ses origines de station thermale aristocratique à son statut actuel de résidence moderne 4 étoiles, chaque détail – de l'architecture de Nicolaus Hartmann aux somptueuses peintures de plafond d'Antonio De Grada – raconte une histoire d'élégance, de culture et de rencontres inoubliables d'antan. La splendeur de cette époque perdure aujourd'hui : 47 lustres en cristal de Murano illuminent le chemin de la réception à la salle du petit-déjeuner. Quel magnifique façon de clore cette journée. Dommage que nous y passions une seule nuit ! Autour de la table, les conversations sont garnies de superlatifs sur cette journée que nous venons de vivre.
Je vous le dit, ce trajet de train fut deux heures et demie de pur bonheur, et ce, sans compter l’ambiance vraiment très très très joviale qui régnait dans les wagons! Mais nous avons fait le serment que ce qui se passe en Suisse, reste en Suisse! Nous sommes un groupe qui a les fous rires et le bonheur facile!
La minute ferroviaire – Sans crémaillère, mais avec beaucoup d’audace
Ouverte dans son intégralité en 1910, la ligne de la Bernina relie Tirano à Saint-Moritz sur environ 61 kilomètres. Elle atteint 2 253 mètres à Ospizio Bernina, ce qui en fait la plus haute ligne ferroviaire transalpine d’Europe.
Contrairement aux trains du Pilate et de la Jungfrau, le Bernina Express n’utilise aucune crémaillère. Ses roues adhèrent directement aux rails, même dans les pentes atteignant 7 %.
Quelques chiffres sur notre parcours :
Distance : environ 61 kilomètres
Point de départ : Tirano, à 429 mètres
Point culminant : Ospizio Bernina, à 2 253 mètres
Pente maximale : 7 %
Ponts et viaducs : 52
Tunnels et galeries : 13
Écartement des rails : 1 mètre
Ouverture complète : 1910
Inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO : 2008
Fatigués d’avoir autant eu de plaisir et saoulé de tant de beautés, nous vous disons, à demain.
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, passés des palmiers aux glaciers





















































