Bonjour les ferrovipathes!
Oui, oui, le mot existe! Il désigne les passionnés de trains et chemins de fer. Après tous ceux que nous avons pris depuis notre arrivée en Suisse, je crois que nous méritons maintenant le titre!
Au risque de me répéter, il fait un temps magnifique, soleil radieux, mais un mince 3 degrés ce matin à St-Moritz. Heureusement, le mercure grimpera tout comme nous un peu plus tard en journée, jusqu'à 26ºC. Nous quittons à regret notre magnifique Hôtel Reine Victoria. Une seule nuit sous ses 47 lustres de Murano, c’est bien peu. Il faudra revenir! plus longtemps, mais pour l’instant, notre prochain rendez-vous est le Glacier Express. C’est le train Express le plus lent du monde avec un temps de 4 heures pour parcourir 170 km.
En gros, notre programme d’aujourd’hui est bien simple. Il consiste à prendre l’autocar, puis un train, puis l’autocar à nouveau puis encore un train! Tout ceci a l’air bien banal, mais ne vous méprenez pas, cette journée sera encore mémorable de par la grandeur et la beauté des paysages que nous traverserons et par les traces que ces voies ont laissées dans l’histoire de la Suisse alpine.
À peine avons-nous quitté Saint-Moritz en autocar vers la ville de Coire que le spectacle commence. Considérée comme la plus ancienne ville de Suisse, c’est en aval de Coire que les deux Rhin (le Rhin antérieur et le Rhin postérieur, se fusionnent et pénètrent dans les gorges du Rhin, surnommées le « Grand Canyon suisse ». Ce fleuve important d’Europe finira sa course 1234 km plus loin à Rotterdam, se jetant dans la mer du Nord.
Nous montons à bord du Glacier Express à Coire. Encore un ravissement pour les yeux, Linda, Catherine et moi passons le plus clair du temps de notre parcours dans la toute petite section entre deux wagons où l’on peut à notre guise, prendre des tonnes de photos à travers les petites fenêtres sans avoir le reflet des vitres du wagon panoramique. On nous sert même directement à nos places, un dîner délicieux, chaud et dans de la vrai vaisselle. Encore cette fois, le wagon qui nous est réservé est sans aucun doute le plus animé de tous!
Après Disentis et son imposante abbaye bénédictine, le train remonte vers le col de l’Oberalp, point culminant du parcours à 2 033 mètres. Des vallées, des parois abruptes, des cascades, des vaches et leurs cloches, des moutons, des étables parsemées dans le flanc des collines tout comme ces traditionnelles maisons suisses, des routes en lacets. On ne se lasse pas du film qui déroule sous nos yeux. Nous redescendons ensuite vers Andermatt, petit village encerclé par les montagnes. Ici, seulement une infime partie du territoire est constructible. Les maisons, les routes et la voie ferrée se partagent donc poliment le peu d’espace que les sommets ont bien voulu leur laisser.
Le paysage continue de se transformer, les couleurs automnales de la végétation apparaissent doucement, donnant à l’ensemble, un décor chaleureux et grandiose. Nous descendons à la gare de Brigue où se termine notre parcours mémorable à bord du Glacier Express. Agnès, fidèle au poste nous attend au volant de son autocar pour nous transporter sur la portion entre Brique et Täsch. C’est maintenant que les choses se compliquent un tout petit peu!
Zermatt est un village sans voitures. Notre autocar ne peut donc pas nous y conduire. Alors, tous nos bagages descendent avec nous pour prendre un autre train, celui-ci, dédié et conçu expressément pour faire la liaison entre Täsch et Zermatt. Douze minutes plus tard, nous arrivons dans un village où les voitures à essence ont pratiquement disparu. Seuls de petits véhicules électriques autorisés circulent dans les rues. Une dernière section vers notre hôtel sera parcourue à pied (on ne s’en plaint aucunement après avoir été bien assis toute la journée).
On le cherche entre les hôtels, les maisons et les arbres. Il apparaît soudainement. Le voilà, avec ses 4 478 mètres et sa silhouette presque parfaitement pyramidale, le Cervin est impossible à confondre. Nous l’avons vu sur des centaines de photos, des affiches, des cartes postales et même sur l’emballage du célèbre chocolat suisse, Le Toblerone. Mais le voir devant nous, grandeur nature, c’est une tout autre histoire. Nous en sommes bouche bée de voir de nos yeux cette icône alpine. Et quelle chance que nous ayons ce ciel parfaitement bleu en arrière-plan. Nos voyageurs ne perdent rien pour attendre. Ils ne savaient pas à ce moment, qu'ils auront la vue de ce colosse depuis le confort de l'hôtel Christiania où nous logeons pour les deux prochaines nuits. C'est comme la cerise sur le gâteau ou .....sur le Toblerone!
Avouons que nous sommes privilégiés : nous pouvons l’admirer sans même chausser nos bottes de randonnée, bien attablés à la salle à manger de notre hôtel, tout ce qu’il y a de plus typique Suisse. Géranium aux balcons en abondance à chaque étage, toit en pignon, le bois qui domine partout. Nous savons que nous auront un séjour mémorable ici. Ce n'est pas sans avoir une pensée toute spéciale pour la famille de cette jeune canadienne, coureuse de sentier aguerrie, déclarée disparue tout récemment dans les sentiers qui gravitent autour du Cervin.
Ce soir, nous profitons du calme de Zermatt et de cette impression d’être arrivés au bout du monde, dans un village entouré de 38 sommets de plus de 4 000 mètres. D’ailleurs, plusieurs voyageurs nous confient vivre un de leurs plus beaux voyage et croyez-moi, certains en ont fait énormément. Comme si nous n’avions pas assez pris d’altitude aujourd’hui, nous en prendrons encore demain, après une grâce matinée qui fera le bonheur de tous. Quel magnifique voyage que celui que nous faisons. Tout le monde va bien, on rit beaucoup, et nous sommes tous enchantés de parcourir une si belle contrée!
Bonne nuit, depuis les hauteurs de Zermatt
Marie-Christine, Éric et leurs ferrovipathes aguerris
La minute ferroviaire – Un express qui prend son temps
Le Glacier Express effectue son premier voyage le 25 juin 1930. Son parcours complet relie Saint-Moritz à Zermatt en environ huit heures.
Distance totale : 291 kilomètres (dans sa portion de Coire à Zermatt
Ponts : 291
Tunnels : 91
Point culminant : col de l’Oberalp, à 2 033 mètres
Plus long tunnel : tunnel de base de la Furka, 15,4 kilomètres
Viaduc de Landwasser : 142 mètres de longueur et 65 mètres de hauteur














































































































