Accompagnée par
Marie-Christine Drouin

Bonjour les Olympiens!


Ce matin par une autre journée ensoleillée, nous quittons les hauteurs de Glion pour gagner Lausanne, construite sur les rives du lac Léman… mais surtout sur des pentes qui mettent les mollets à contribution. La ville est lovée entre le lac et les collines de la Cité avec un dénivelé de près de 500 mètres. Les Lausannois ont tellement l’habitude de monter et de descendre qu’ils ne semblent plus remarquer le relief. On prétend même qu’ils possèdent « les plus belles jambes de Suisse ».


Avec Annie et Mario, nos deux guides lausannois, nous découvrons une ville dynamique où se côtoient histoire, culture, universités et organisations sportives. Lausanne, dont l'agglomération habite quelque 438 000 lausannois, accueille le siège du Comité international olympique depuis 1915, lorsque Pierre de Coubertin cherchait un lieu stable et neutre en pleine Première Guerre mondiale. Une cinquantaine de fédérations et d’organisations liées au sport y ont depuis élu domicile, ce qui lui vaut le titre officiel de « capitale olympique ». Le Musée olympique, installé près du lac à Ouchy, retrace cette grande aventure internationale. Nous avons même un lien en commun avec Lausanne. L’Agence mondiale antidopage y tenait son siège avant de se faire ravir le titre par Montréal en 2002.


Notre promenade nous conduit vers la colline de la Cité, dominée par la cathédrale Notre-Dame. Construite principalement entre 1170 et 1230, elle est considérée comme l’un des plus beaux monuments gothiques de Suisse. Son portail peint conserve encore des traces de sa polychromie médiévale, tandis que sa grande rosace du XIIIe siècle (actuellement en restauration) représente le monde tel qu’on l’imaginait au Moyen Âge. L’édifice fut restauré au XIXe siècle sous la direction de l’architecte français Eugène Viollet-le-Duc, qui travailla également à Notre-Dame de Paris et à la cité de Carcassonne. Il mourut d’ailleurs à Lausanne en 1879, avant de voir le chantier terminé.


Chaque nuit, une tradition vieille de plus de six cent ans reprend vie dans le beffroi de la cathédrale. De 22 heures à 2 heures du matin, le guet gravit les 153 marches et annonce l’heure aux quatre points cardinaux : « C’est le guet! Il a sonné dix! » Autrefois, il surveillait surtout les incendies.


Au fil de la visite apparaissent le château Saint-Maire, siège du gouvernement vaudois, le Palais de Rumine et la tour Bel-Air, construite au début des années 1930. Celle-ci est considérée comme le premier gratte-ciel de Suisse, même si, avec ses 68 mètres, elle paraît plutôt modeste. À l’époque, sa construction suscita une vive controverse : certains craignaient qu’elle rivalise avec la cathédrale.


Nous profitons ensuite d’un peu de temps libre pour dîner et compléter nos emplettes. Après deux semaines à parcourir la Suisse, plusieurs savent exactement ce qu’ils cherchent : chocolat, montres, souvenirs ferroviaires ou cadeaux qui prendront une place étonnamment grande dans les valises. D’autres préfèrent s’installer à une terrasse et regarder vivre la ville.


Si nous avons pris notre dernier train hier, il nous reste à prendre un dernier bateau aujourd’hui. C’est du lac Léman que nous observons les rives pentues où croissent les vignes du Lavaux que nous avons eu le plaisir de visiter hier. Après un arrêt ou deux, nous descendons au site du Château de Chillon. Le site était déjà occupé dès l’Âge du Bronze, mais les premières fondations du château, notamment le donjon et la chapelle, datent de la fin du XIe siècle. La première mention écrite du château apparaît en 1150. Allongé sur une île rocheuse à quelques mètres du rivage, Chillon paraît flotter sur le Léman. D’un côté, le lac lui offre une défense naturelle; de l’autre, la montagne et la route étroite facilitent le contrôle des voyageurs. Le château fut agrandi par étapes et servit à la fois de forteresse, de résidence princière, d’arsenal et de prison. Sa position permettait aux comtes de Savoie de surveiller cet important passage entre le nord et le sud de l’Europe… et, bien entendu, de percevoir un droit de péage. Même au Moyen Âge, les beaux panoramas n’étaient pas nécessairement gratuits!


À Vevey, nous retrouvons notre agnès qui se sent d’attaque pour grimper la côte abrupte qui mène à l’Hôtel Victoria. Ce soir, un souper d’adieu nous réunit dans ce décor privilégié. Depuis notre départ de Montréal, nous avons traversé des cols, longé des lacs, franchi des tunnels, survolé des vallées et emprunté quelques-uns des trains les plus célèbres d’Europe. Nous avons aussi beaucoup ri, appris, goûté, marché, rempli nos appareils photo et partagé des moments qui resteront gravés à jamais dans nos souvenirs heureux (je sais, ça fait cliché, mais c'est la pure vérité).


Autour de la table, les souvenirs circulent: le premier regard sur le Cervin, le passage du Bernina Express, les palmiers de Lugano, les vaches fleuries de Charmey, la fondue, le chocolat, les sommets et toutes ces petites anecdotes qui ont forgé une histoire de voyage mémorable.


Demain, nous prendrons la route de l’aéroport de Genève avant de nous envoler vers Montréal. Mais pour l’instant, personne ne souhaite vraiment penser que c’est notre dernier souper ensemble dans ce beau pays. Nous préférons lever nos verres à la Suisse, à ce groupe formidable et à ces quatorze journées qui ont filé beaucoup plus vite que le Glacier Express!


À demain,

Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, déjà nostalgiques…