Bonjour fidèles lectrices et lecteurs
Merci de nous lire, vos commentaires nous parviennent et nous vous confirmons que nous faisons un magnifique voyage en compagnie d'un groupe extraordinaire !
Ce matin, pas besoin de chercher longtemps le sujet de conversation au déjeuner. Il se tient juste devant les fenêtres du restaurant : le Cervin!
Dormir à Zermatt est déjà exceptionnel. Se réveiller au pied de cette montagne mythique sous un ciel immaculé, l’est encore davantage. Il faut nous préparer, car nous avons rendez-vous avec ce grand nom du Massif du Mont Rose : le Gornergrat.
Nous rejoignons la gare à pied dans les rues tranquilles de Zermatt. Les petits véhicules électriques se faufilent presque sans bruit entre les hôtels. Nous montons à bord du Gornergrat Bahn, un train à crémaillère qui nous fera passer de 1 604 à 3 089 mètres d’altitude en un peu plus d’une demi-heure.
Plus le train monte, plus les conversations se résument à quelques mots bien sentis : Wow, incroyable, quelle vue. Claude, nous avait conseillé de se faufiler à l’avant du train, et de s’asseoir sur les bancs de droit pour avoir la meilleure vue. Ainsi soit-il, nous nous précipitons dans cette direction. Une fois assis, déception momentanée; c’est le mur de la cabine de la conductrice que nous avons comme décor. Bah, nous aurons amplement le temps d’avoir une meilleure vue en haut. Tout à coup, la conductrice ouvre une porte qui donne sur un espace tout juste de l’autre côté de sa cabine. Je rêve ou cet espace est libre et possède une vitre directement à l’avant du train et une autre à gauche ! Je comprends très rapidement que la chance me suit encore et que j’ai la meilleure place pour prendre des photos exceptionnelles! Tour à tour, ceux qui ont monté avec moi jettent un oeil ! Nous n’en croyons pas nos yeux ! Voyez ci-dessous par vous-même.
Nous traversons d’abord une forêt d’aroles, ces pins alpins capables de résister aux hivers les plus rigoureux. Puis les arbres deviennent plus rares, les pâturages cèdent la place aux rochers et nous entrons peu à peu dans l’univers de la haute montagne.
En septembre, normalement, le contraste avec Zermatt peut être saisissant. Dans le village, la température peut encore atteindre une quinzaine de degrés en après-midi. Au Gornergrat, à plus de 3 000 mètres, elle peut facilement tourner autour du point de congélation le matin. Mais aujourd’hui, aucun vent, un mercure au sommet d’environ 15 degré, un soleil de plomb. Une météo exceptionnelle pour laquelle nous n’émettrons aucune plainte.
Arrivés au Gornergrat, nous comprenons immédiatement pourquoi ce lieu est considéré comme l’un des plus beaux belvédères des Alpes. Devant nous se déploient 29 sommets de plus de 4 000 mètres. Le Cervin, bien sûr, attire tous les regards avec sa silhouette reconnaissable entre mille. Mais il partage la vedette avec la pointe Dufour, plus haut sommet de Suisse à 4 634 mètres, le Dom et le vaste massif du Mont-Rose.
Et juste en dessous de nous s’étend le glacier du Gorner, troisième plus long glacier des Alpes. Ses crevasses, ses bandes de roche et ses nuances bleutées dessinent un immense fleuve de glace entre les montagnes. On tourne sur nous-mêmes, on pointe du doigt, on photographie dans toutes les directions… et on manque rapidement de superlatifs.
Le Cervin, ou Matterhorn en allemand, culmine à 4 478 mètres. Son nom allemand vient de Matte, qui désigne une prairie, et de Horn, une corne ou un sommet pointu. Le nom français Cervin serait pour sa part issu d’anciennes transformations du nom latin Mons Silvanus, la « montagne des forêts ».
Sa première ascension réussie, le 14 juillet 1865, fut aussi l’une des plus tragiques de l’histoire de l’alpinisme. Après avoir atteint le sommet, quatre des sept membres de l’équipe menée par l’Anglais Edward Whymper firent une chute mortelle pendant la descente. Cet événement contribua malgré tout à faire connaître Zermatt dans le monde entier. Zermatt n’est pas appelée la "Mecque de l'alpinisme" pour rien. Le Cervin, bien que n'étant pas le plus difficile des sommets à conquérir, a le triste record de la montagne suisse où le plus grand nombre de décès d'alpinistes est constaté. Claude nous a d’ailleurs emmené au monument en hommage aux alpinistes fait d’un cor des Alpes cassé sur la longueurs, remplis de branches de bois entremêlées sur lesquelles sont posées de minuscules alpinistes en cordée.
Une activité de « parapente virtuel » est proposée aux visiteurs. Cette activité consiste à nous faire voler au-dessus des montagnes…à l’aide de lunettes virtuelles. Assis dans une chaise de toile, on survole les sommets de cette région. Les voyageurs ont adoré cette expérience virtuelle de 3 minutes. On présente aussi un film portant sur les 4 saisons de Zermatt qui nous donne l’irrésistible envie de revenir... à chaque saison !
Après un dîner en altitude un peu trop copieux et une dernière série de photos — car il en manque sûrement une ou deux — nous reprenons le train à notre rythme pour redescendre vers Zermatt.
Quelques voyageurs, dont moi, avons décidé de prolonger le plaisir. Nous quittons le train à la station de Rotenboden, la dernière station avant Zermatt, pour emprunter le sentier pentu qui mène au Rifflesee. Nous espérons avoir la chance de capter sur pellicule le majestueux Cervin réfléter sur les eaux du lac. Ce que les amateurs de photo recherchent bien que les conditions ne soient pas toujours bonnes. Voyez parmi les photos ci-dessous si Alain, Robert et moi avons réussi! La remontée nous fait prendre rapidement conscience que nous sommes à 2 348 m d’altitude et avons le souffle court. Rien ne presse, alors prenons notre temps et profitons du paysage pendant que l’on récupère. D’autres ont descendu une station avant la ville afin de profiter encore un peu de l’ambiance unique du Gornergrat.
Après avoir regagné l’Hôtel Christiania, on sent que les mollets ont peut-être un peu travaillé, mais nous sommes fiers de notre randonnée. Pour nous dorloter un peu, et aussi pour entendre les autres voyageurs nous raconter leur emploi du temps de l’après-midi, plusieurs se retrouvent dans l’immense piscine et au jacuzzi, histoire de réparer nos muscles endoloris!
Ce soir, le souper nous réunit de nouveau devant un met typiquement Suisse; une raclette bien costaude. Claude, de son côté, a préparé une belle surprise pour nos voyageurs: un diplôme personnalisé attestant de leur montée au Gornergrat ! Elle voit au moindre détail cette chère Claude. Merci pour tout ça !
La minute ferroviaire – 155 000 dents pour atteindre le sommet
Inauguré le 20 août 1898, le Gornergrat Bahn fut le premier chemin de fer à crémaillère électrique de Suisse et le deuxième au monde. Sa ligne mesure 9,3 kilomètres et franchit un dénivelé de 1 485 mètres entre Zermatt et le Gornergrat. Environ 155 000 dents composent la crémaillère qui permet au train de gravir des pentes atteignant 20 % et terminer sa course à 3089 m d’altitude
Quelques chiffres :
Dénivelé : 1 485 mètres
Ponts et courts viaducs : 5 Tunnels et galeries
Le train produit même de l’électricité pendant la descente grâce à un système de récupération d’énergie. Trois trains qui redescendent peuvent fournir suffisamment d’électricité pour permettre à un ou deux autres de monter.
À demain,
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs dans les hauteurs helvétiques.


























































































