Accompagnée par
Marie-Christine Drouin

Jour 10 – Vendredi 25 septembre 2026


Bon matin d’Annecy,


Ce matin, nous découvrons enfin Annecy qui nous avait accueillis hier à la tombée du jour. Capitale de la Haute-Savoie, elle compte environ 131 000 Annéciens et porte fièrement ses surnoms de « Perle des Alpes françaises » et de « Venise des Alpes ». Il faut dire qu’avec son lac long de 14 kilomètres, ses canaux, ses berges fleuries et ses façades colorées, elle semble avoir été dessinée pour le plaisir des promeneurs… et des photographes! Depuis les années 1960, d’importants efforts de restauration du patrimoine et de protection des espaces verts ont contribué à son essor touristique.


En parcourant ses rues paisibles, on comprend facilement pourquoi! Ah oui, j’oubliais, devinez quoi: il fait encore un temps radieux, le mercure atteindra encore les 25 degrés, plein soleil, aucun nuage. Nous sommes bénis et reconnaissants de l'être. On commence à espérer pouvoir dire qu’il n’y aura pas eu de pluie de tout le voyage !


Nous suivons ensuite le Thiou, cette courte rivière qui traverse la vieille ville et lui donne ses airs de petite Venise. Au milieu de l’eau se dresse l’emblématique Palais de l’Île, reconnaissable à sa silhouette de bateau de pierre qui semblerait presque amarrée entre les maisons. Construit sur une île rocheuse naturelle, l’édifice fut d’abord une résidence fortifiée au XIIe siècle. Il devint ensuite prison, tribunal, atelier monétaire et dépôt d’archives. Un peu plus loin, les passages étroits, les terrasses et les étals du marché nous invitent à ralentir. Ici, la visite se fait autant avec les yeux qu’avec le nez; difficile de rester indifférent devant les fromages, les charcuteries, les pâtisseries savoyardes et j’en passe. C’est l’automne et les kiosques nous proposent de beaux lainages. Pierrette s’est justement laissée tenter une magnifique écharpe.


Nous poussons la promenade jusqu’au romantique pont des Amours, construit au début du XXe siècle entre le lac et le canal du Vassé. D’un côté, le regard s’ouvre sur le lac d’Annecy et les montagnes. Après un peu de temps libre pour flâner, magasiner ou profiter des berges, nous quittons la « Perle des Alpes françaises ».


Nous revenons en Suisse et gagnons Chexbres pour le dîner. Installé à environ 565 mètres d’altitude, le village domine les vignobles en terrasses de Lavaux et le lac Léman. Les vignes s’agrippent aux pentes ensoleillées, soutenues par des kilomètres de murs de pierre qui emmagasinent la chaleur du jour. Le coup d’œil suffit déjà à nous mettre l’eau à la bouche, mais ce n’est qu’un avant-goût puisque nous reviendrons explorer cette région plus longuement dans quelques jours. Pour l’instant, notre itinéraire nous conduit vers Corsier-sur-Vevey, où un petit homme au chapeau melon, à la canne et à la moustache nous attend… Avez-vous deviné de qui il s’agit?


Bienvenue à Chaplin’s World! Charlie Chaplin s'installe au Manoir de Ban en 1952 avec son épouse Oona, 36 ans plus jeune que lui et leurs huit enfants. Il y passa les 25 dernières années de sa vie, loin des studios hollywoodiens, mais jamais bien loin du cinéma. Ouvert en 2016, le musée fut imaginé par le muséographe québécois Yves Durand en partenariat avec le Musée Grévin. Oui, oui, un Québécois se trouve derrière cette formidable rencontre avec Charlot! Le site comprend trois univers : le Manoir, le Studio et le Parc. Dans la demeure familiale, photographies, meubles, objets personnels et coupures de journaux nous font découvrir l’homme derrière le personnage. Nous entrons dans son quotidien et découvrons une facette plus intime de cet artiste qui savait faire rire sans presque prononcer un mot.


Dans le Studio, l’univers de Chaplin reprend vie sous nos yeux. Une salle de cinéma présente des extraits de ses films, tandis que des décors grandeur nature, des personnages de cire, des documents de tournage, ses Oscars et le célèbre costume de Charlot nous entraînent dans les coulisses de sa création. Comment ne pas penser aux Temps modernes, sorti en 1936, dans lequel Charlot tente de survivre à la cadence effrénée du monde industriel? Drôle, émouvante et inventive, la visite nous rappelle que le cinéma muet avait décidément beaucoup de choses à dire!


Après une heure et demie sur les traces de Chaplin, plusieurs d’entre nous sont enchantés de cette visite d’un musée vivant où la mémoire d’un homme, dont on connaissait peu le passé, est rendue avec tout l’honneur qu’il se doit. Dernière étape aujourd'hui : Bulle, au cœur du canton de Fribourg. Les rives du Léman cèdent progressivement la place aux pâturages, aux fermes et aux reliefs verdoyants des Préalpes fribourgeoises.


Avant de vous laisser, je vous fais une petite description de notre repas de ce soir au Tonnelier. Un restaurant brasserie dont les chefs sont inventifs. Une entrée de Malakoff au Gruyère et vacherin, petit beignet au fromage, entouré d’une pâte croustillante, bulles de compotes de pommes et verdure. Un choix d'une brochette de gibiers (cerf, chevreuil, sanglier) ou une daurade meunière fondante en bouche. Mais le clou appartient au dessert; “Une promenade en fôret”: Aussi beau que bon. Morceaux de gâteau à la cèpe déconstruits, crème Dulce de Leche, croquant de graham, crème glacée entourée d’une coque au chocolat blanc, et le champignon est en fait une mousse chocolat. Wow, ça goûtait le ciel.


À demain,

Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, heureux d’avoir ralenti un peu le rythme