Bon matin de Bulle,
Soleil toujours radieux, 27ºC, on se dirige vers notre objectif d’un voyage sans pluie! Les prévisions météorologiques semblent nous donner raison. À suivre...!
Aujourd’hui, nous remontons sur les rails à notre plus grand plaisir. Après le déjeuner, Claude nous réserve la surprise d’avoir réservé 1 heure de plus sur le programme pour nous permettre de déambuler sur la superbe promenade le long du lac Léman à Montreux. Long de près de 73 kilomètres et partagé entre la Suisse et la France, ce vaste lac Léman est d’origine glaciaire et dessine un croissant entre les Alpes et le Jura.
Montreux, surnommée la « Perle du Léman », profite d’un microclimat particulièrement doux, protégée par les montagnes qui l’entourent. Palmiers, vignobles, maisons qui ont des allures de petits château et jardins y côtoient ainsi les sommets alpins. La ville est mondialement connue pour son Festival de jazz, mais aussi pour avoir séduit plusieurs artistes, dont Freddie Mercury. Le chanteur de Queen venait y travailler et s’y reposer; le groupe finit même par acheter le Mountain Studios, installé dans le casino de Montreux. Freddie Mercury aurait déclaré : « Si vous voulez la paix de l’âme, venez à Montreux. » Nous n’avons peut-être pas le temps de vérifier pleinement sa théorie ce matin, mais nous comprenons déjà pourquoi il aimait tant l’endroit en nous promenant le long du lac.
À la gare, nous montons en première classe dans une voiture panoramique du GoldenPass-MOB. Devant les grandes fenêtres, chacun prend rapidement possession de son poste d’observation. Le train quitte doucement Montreux, située à environ 395 mètres d’altitude, puis s’élève au-dessus du lac. Pendant quelques instants, le Léman, les vignobles en terrasses et les montagnes se partagent le paysage. Les rails s’engagent ensuite dans un itinéraire beaucoup plus alpin, entre courbes serrées, forêts, tunnels et pâturages. En moins d’une heure, nous passons de la douceur presque méditerranéenne de la Riviera aux chalets du Pays-d’Enhaut. Voilà encore une belle démonstration de la diversité suisse.
Nous traversons notamment Les Avants, Montbovon et Rossinière avant d’atteindre Château-d’Œx. Confortablement installés, nous regardons défiler les fermes aux larges toits, les prairies et les villages blottis au fond des vallées. Les vaches ont quitté l’alpage, laissant de grands espaces de verdure parsemés de conifères et de chalets, tout ce qu’il y a de plus Suisse. Je vous le dis, on ne se lasse pas de voir défiler de si beaux paysages.
À Château-d’Œx, nous quittons presque à regret nos fauteuils panoramiques pour nous rendre au restaurant Le Chalet, à quelques pas de la gare. Le décor ne pourrait être plus approprié : le feu crépite dans l’âtre et un imposant chaudron de cuivre est suspendu au-dessus des flammes. Le fromager, vêtu de son costume traditionnel, nous dévoile les secrets de la fabrication artisanale du « Chalet Bio ». Chaque jour, 200 litres de lait frais biologique sont transformés en une meule d’environ 20 kilos. Le lait est chauffé, emprésuré, puis découpé afin de séparer le caillé du petit-lait. Les grains sont ensuite brassés lentement et chauffés à près de 52 degrés, et ce, pendant une cinquantaine de minutes avant d’être rassemblés, moulés et pressés. C’est Yolande qui, de par l’intérêt qu’elle portait a suscité les bonnes grâces de notre fromager. En voyant son intérêt d’en apprendre davantage, il l’a convié à participer au processus de fabrication de la meule qui porte désormais son nom et qui sera prête en septembre 2027! Quelle belle expérience!
Tout paraît simple lorsqu’on regarde travailler le fromager, mais chacun de ses gestes repose sur un savoir-faire transmis depuis des générations. La température du lait, la taille des grains, la vitesse du brassage et la durée de cuisson auront tous une influence sur le fromage. Lorsque la meule sort enfin du chaudron, il ne reste plus qu’à l’affiner pendant au moins six mois. Autrement dit, celle que nous venons de voir fabriquer ne sera pas servie ce midi! Heureusement, le restaurant a prévu le coup, et une fondue bien mûre nous attend déjà.
Nous nous installons donc autour des caquelons pour passer de la théorie à la pratique. Après la dégustation de Cailler hier, nous pensions peut-être avoir atteint notre quota de spécialités régionales. Quelle naïveté! Aujourd’hui, il faut remuer la fondue régulièrement, surveiller son morceau de pain et surtout éviter de le perdre au fond du caquelon. Nous sommes unanimes à dire que c’est de loin la meilleure fondue Suisse que nous ayons goûté.
Notre découverte du Pays-d’Enhaut se poursuit au musée de Château-d’Œx. Dans les différentes salles, meubles peints, outils, objets domestiques, photographies et reconstitutions de pièces anciennes racontent la vie quotidienne des habitants de la vallée. Nous découvrons surtout l’art du papier découpé, une tradition emblématique de la région. Avec une simple feuille et de petits ciseaux, les artistes font apparaître des scènes d’une finesse étonnante : troupeaux montant à l’alpage, chalets, sapins, fleurs, armaillis et animaux se répondent souvent dans une parfaite symétrie. Après la désalpe d’hier, ces œuvres nous semblent presque familières. Cet art ne peut qu’attirer l’admiration tellement les détails de découpe sont finement réalisés.
Nous quittons Charmey pour le village médiéval de Gruyères, installé sur un éperon rocheux dominant la vallée de la Sarine. À mesure que nous montons vers son entrée, les remparts, les maisons anciennes et le château du XIIIe siècle apparaissent devant nous. On se croirait dans un décor de conte, avec toutefois un pavé bien réel qui exige de bonnes chaussures! La rue principale, bordée d’auberges et de boutiques, nous mène vers le château qui veille sur la région depuis près de huit siècles. Même si nous ne le visitons pas aujourd’hui, sa silhouette attire naturellement les photographes du groupe. Depuis 2016, Gruyères fait d’ailleurs partie de l’association des plus beaux villages de Suisse, et personne parmi nous ne songe à contester ce choix.
Ce soir, notre dernière nuit dans la région de la Gruyère nous réunit de nouveau autour de la table du Tonnelier que nous apprécions depuis notre premier souper que nous y avons pris. Certains affirment ne plus avoir faim après la fondue… mais réussissent tout de même à trouver une petite place pour le souper et peut-être même le dessert. Il faut croire que les voyages en train panoramique ouvrent l’appétit!
Le saviez-vous ?
Depuis 50 ans, Château-d’Oex est le théâtre du festival international de ballons (FIB) qui se tient à la fin janvier. Oui, oui, en hiver ! 2026 fut d'ailleurs une année record de participation avec 7 jours de vols sur 9, une météo inespérée et plus de 45 000 visiteurs, la 46ème édition du FIB de Château-d’Oex a dépassé toutes les attentes. Dates à retenir pour un éventuel retour: 27 au 31 janvier 2027.
La minute ferroviaire – Des palmiers aux pâturages
La Compagnie du chemin de fer Montreux Oberland bernois, (MOB), fut créée en 1899. Le terme "Oberland" signifie littéralement "pays d’en-haut" en allemand. La première section entre Montreux (à 395 m d’altitude) et Les Avants ouvre en 1901, puis la ligne atteint Montbovon en 1903, Château-d’Œx (à 960 m d’altitude) et Gstaad en 1904, et finalement Zweisimmen en 1905.
Avec ses 62,4 kilomètres, la ligne Montreux–Zweisimmen devint alors la première ligne ferroviaire suisse entièrement électrifiée. Cette année-là, elle transporta 348 000 voyageurs… mais aussi 5 700 animaux! Aujourd’hui, les vaches prennent plutôt la route de la désalpe, tandis que nous profitons des voitures panoramiques.
À demain
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, la panse pleine































































































































