Accompagnée par
Marie-Christine Drouin


Bonjour amis et parents de nos voyageurs,


Ce matin, on ferme les valises : après trois nuits à Bulle, nous quittons la Gruyère et ses plaisirs gourmands et nos quelques livres de poids en plus. Agnès aura une bonne journée de travail aujourd’hui car quelques défis de côtes l’attendent alors que nous mettons le cap sur Berne, capitale fédérale de la Suisse. Nous ne nous lassons pourtant pas de cette Suisse rurale où chaque virage dévoile un nouveau tableau. Une petite heure plus tard, nous arrivons devant une ville dont la vieille âme médiévale a traversé les siècles avec une élégance remarquable. Et le soleil nous suit toujours! 27ºC, ciel azur!


Fondée en 1191 par le duc Berchtold V de Zähringen, Berne dont la région métropolitaine compte aujourd'hui 660 000 bernois, s’est développée sur une presqu’île formée par une boucle de l’Aar. Selon la légende, son fondateur aurait décidé de donner à la ville le nom du premier animal abattu lors d’une chasse : un ours, Bär en allemand. L’étymologie n’a jamais été prouvée, mais l’animal s’est installé partout : sur le drapeau, les fontaines, les façades, les pâtisseries et jusque dans un véritable parc aménagé au bord de la rivière. C’est d’ailleurs le point de départ de notre découverte de la ville. Depuis 2009, les ours disposent d’un espace beaucoup plus vaste que l’ancienne fosse historique. La chance continue de nous sourire, nous les apercevons rapidement. Le gros mâle se promène et sa fille le regarde bien assise dans les marches.


Une belle surprise nous attendait ce matin, Sophie, la soeur de Louise Drouin qui habite en Suisse, est venue à notre rencontre pour partager l’avant-midi et le lunch avec nous. Elle nous a donné en supplément quelques belles informations sur cette belle ville. Cette ville est aussi la préférée de notre guide Claude. En compagnie de notre guide locale Hector, nous parcourons une vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Ses façades de grès, ses toits alignés, ses rues pavées et ses six kilomètres d’arcades composent un ensemble d’une étonnante unité. Ces arcades, que les Bernois appellent les Lauben, permettent de magasiner presque sans se soucier de la pluie. Sous les rues, d’anciennes caves ont été transformées en boutiques, cafés et ateliers; leurs portes inclinées s’ouvrent directement sur les trottoirs. Il faut donc regarder les façades, les enseignes, les fontaines… et où l’on met les pieds!


L’eau occupe une place importante dans la ville. Berne possède plus d’une centaine de fontaines historiques, dont plusieurs sont coiffées de personnages colorés datant de la Renaissance. Leur eau est potable alors les bouteilles se remplissent au passage. Parmi les plus étonnantes se trouve la fontaine de l’Ogre, représentant un personnage dévorant de petits enfants. Une façon médiévale plutôt efficace de rappeler aux jeunes de bien se comporter! Sur la place Fédérale, 26 jets d’eau jaillissent du sol devant le Palais fédéral, chacun représentant l’un des cantons suisses. Sans doute la place préférée des jeunes!


Nous arrivons ensuite devant le grand symbole de Berne : le Zytglogge, la célèbre tour de l’Horloge. Ancienne porte de la ville, elle servit aussi de tour de guet et de prison avant de devenir le gardien du temps bernois. Quelques minutes avant l’heure, on se rassemble devant son cadran astronomique. Le coq chante, les ours se mettent en mouvement, un bouffon frappe ses clochettes et Chronos retourne son sablier avant que la grande cloche annonce l’heure. Ce mécanisme fascine jeunes et vieux depuis 1530, soit bien avant que la réputation horlogère de la Suisse ne fasse le tour du monde. Tout le groupe garde donc un œil sur l’horloge.


Berne a également accueilli un jeune employé de l’Office des brevets: un certain Albert Einstein. C’est ici qu’il vécut avec sa famille et publia, en 1905, plusieurs travaux qui transformèrent notre compréhension du temps, de l’espace et de la lumière. Sa théorie de la relativité restreinte serait donc née à quelques pas d’une horloge vieille de plusieurs siècles.

Pour le dîner, nous entrons dans le spectaculaire Kornhauskeller, que les Bernois surnomment affectueusement le « Chübu ». Cette ancienne cave à grains nous accueille sous de hautes voûtes décorées de fresques. Le bâtiment, construit au début du XVIIIe siècle pour entreposer les céréales et le vin, est devenu l’un des restaurants les plus impressionnants de la ville. Le décor possède des allures de palais souterrain et nous fait presque oublier que nous sommes venus pour manger. Après ce délicieux repas de poulet dans une véritable œuvre du baroque bernois, nous reprenons la route vers le canton de Vaud.


Maintenant, on s’en va aux affaires viticoles du Lavaux. Les vignobles descendent en terrasses vers le lac Léman. Près de 30 km ou 800 hectares de vignes s’étendent entre Lausanne et Vevey, façonnés par des générations de vignerons. Dès le XIe siècle, des communautés monastiques entreprirent de structurer les pentes et d’y aménager des murs de soutènement. Au fil du temps, les coteaux sont devenus un immense escalier viticole tourné vers le lac et les Alpes. Ce paysage culturel exceptionnel est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007. On dit souvent que les vignes de Lavaux profitent de trois soleils : celui qui brille dans le ciel, celui dont la lumière se reflète sur le lac et celui dont la chaleur est emmagasinée par les murs de pierre avant d’être restituée aux raisins. Le chasselas règne sur la région et donne naissance à des vins qui portent les noms de leurs villages et de leurs terroirs : Saint-Saphorin, Épesses, Dézaley, Calamin… Des noms qui, soudainement, éveillent beaucoup la curiosité de notre groupe.


Nous montons à bord du Lavaux Panoramic, un petit train touristique réservé pour nous. Il se faufile sur les chemins étroits, monte entre les murets et redescend au cœur des vignes. D’un côté, les rangées de ceps dessinent des lignes presque parfaites; de l’autre, le lac Léman s’étire jusqu’aux montagnes françaises. La période des vendanges vient juste de se terminer car à cause de la chaleur cet été, les raisons étaient prêts plus tôt pour la cueillette. Sur ces pentes parfois abruptes, le travail demeure exigeant et une bonne partie de la récolte s’effectue à la main. Certains domaines utilisent même des hélicoptères pour transporter rapidement les caissettes de raisin depuis les parcelles les plus difficiles d’accès.


Tiens donc, quel hasard! Notre petit train s’arrête justement chez un vigneron pour nous permettre de goûter quelques vins du terroir. Deux blancs, un rosé, un rouge…Heureusement, qu’Agnès nous attend pour la suite du trajet!


En fin d’après-midi, nous gagnons les hauteurs de Vevey et de Montreux pour nous installer à l’Hôtel Victoria de Glion. On peut vous dire que la montée est une expérience en soi! On vous confirme qu’Agnès est une e.x.c.e.l.l.e.n.t.e conductrice !

Fondé en 1869, cet hôtel a conservé le charme des grandes demeures de villégiature de la Riviera. Son mobilier, ses œuvres d’art et ses nombreux objets de collection lui donnent des airs de musée habité. Et que dire de la vue sur le Léman et les Alpes? Nous pensions avoir épuisé la réserve de panoramas, mais la Suisse semble en avoir gardé quelques-uns pour la fin!


La minute ferroviaire – Le petit train qui roule sans rails

Malgré son nom, le Lavaux Panoramic n’est pas un véritable train ferroviaire. Il s’agit d’un tracteur routier tirant plusieurs voitures sur roues, conçu pour circuler dans les chemins étroits et pentus du vignoble où un autocar ne pourrait jamais se faufiler, ce qui nous laisse tout le temps d’observer les murs, les villages et le travail dans les vignes. Une balade vraiment très agréable avec quelques petits arrêts ici et là pour admirer la splendeur du décor.


À demain,

Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, ivres de la beauté des paysages suisse.