Lac d’Orta : toujours et encore un ciel ensoleillé, environ 15 °C le matin et jusqu’à 23 °C en après-midi.
Bien le bonjour à tous!
Après un autre succulent petit-déjeuner buffet, nous poursuivons notre tournée des lacs italiens. Aujourd’hui, lequel allons-nous découvrir? Le lac d’Orta, ça vous dit quelque chose? Non? Nous non plus! Voilà une excellente raison de parcourir les 25 kilomètres qui nous séparent de ce secret bien gardé. Situé tout juste de l’autre côté du mont Mottarone qui fait quand même 1491 m de haut, on dit que la vue sur le lac Majeur, le lac d’Orta et les Alpes y est magnifique. Ce sera pour une prochaine fois quant à nous. La route qui traverse cette campagne italienne est pleine de charme, ponctuée de petits villages dont certains noms attirent notre attention.
Nous passons notamment près d’Omegna, ville natale d’une véritable vedette… de nos cuisines! C’est ici qu’est née, en 1901, la célèbre entreprise Lagostina. Oui, oui, les casseroles! D’ailleurs, en route, Alex nous indique où habite Andrea Monesi, réputé chef étoilé Michelin qui a son restaurant ici.
Puis le lac d’Orta se dévoile enfin devant nous. Plus petit et plus discret que ses célèbres voisins, il possède pourtant un charme fou. Entouré de collines boisées et de villages anciens, il semble vivre loin du bruit et de l’agitation. On le décrit souvent comme l’un des lacs les plus romantiques d’Italie. Allons vérifier si cette réputation est méritée!
À Orta San Giulio, Alex nous confie aux bons soins de Fabrizia, notre super guide locale, élégante entre toutes, rentrée de Paris dans son patelin italien pour nous raconter avec passion tous les secrets d’Orta. Elle connaît tout le monde, toutes les boutiques, et tous les restaurateurs la saluent comme une amie.
Disons d’abord que nous sommes tout de suite tombé sous le charme, d’abord de l’ambiance du lac, puis de ses ruelles typiquement italiennes, non altérées par le passage incessant du tourisme de masse qui s’attardent aux autres lacs. Charmés aussi par la large avenue devant l’église qui descend d’une bonne pente vers la place centrale et puis, vers le lac. Nous avons même le luxe de flâner un peu et de prendre beaucoup de photos avant l’embarquement sur le traversier public vers la Isola San Giulio. Un vrai coup de coeur pour ce petit coin de paradis, de l’avis de tous.
Ce petit bateau peut tous nous contenir, alors, nous montons et savourons chaque minute de cette belle traversée qui nous fait rejoindre la seule île du lac. Située à environ 400 mètres de la rive, l’Isola San Giulio (île de St-Jules) est si petite que son périmètre ne dépasse guère 650 mètres.
Au centre de l’île se dresse la basilique San Giulio, entourée de vieilles maisons et de l’abbaye bénédictine Mater Ecclesiae. Mais avant de mettre le pied sur cette petite parcelle de terre, il faut connaître la légende qui lui a donné son nom: au IVe siècle, l’île aurait été infestée de serpents monstrueux et habitée par un terrible dragon. Personne ne voulait donc y conduire San Giulio venu construire sa 100e église qu'il voulait la plus belle d'entre toutes. Qu’à cela ne tienne! Le bon Giulio aurait étendu son manteau sur l’eau, y serait monté et aurait utilisé son bâton comme rame pour atteindre l’île. Une fois sur place, il aurait chassé les monstres et vaincu le dragon! Je vous laisse juger de cette légende !
À l’intérieur de la basilique, nous sommes bouche bée devant la beauté de ce lieu. On visite même la crypte où reposent les reliques de San Giulio, conservées dans une châsse d’argent. Une messe se prépare dans 20 minutes car nous sommes dimanche et les visites seront interrompues dans quelques minutes; nous sommes chanceux d’avoir pu la visiter.
Nous empruntons ensuite l’unique ruelle qui fait le tour de l’île. Elle porte un nom parfaitement adapté à l’endroit : le Chemin du silence et de la méditation. Des messages invitant à écouter, à ralentir et à réfléchir apparaissent sur les murs. Nos caméras n’arrêtent plus !
De retour sur la terre ferme, nous découvrons Orta San Giulio, un délicieux village médiéval où les ruelles étroites descendent vers la Piazza Motta et le lac. Maisons aux balcons de fer forgé, passages secrets, façades anciennes et petits jardins cachés se succèdent. Ici, chaque coin semble avoir été placé exprès pour faire une belle photo. Des restaurants, des terrasses et des boutiques nous invitent et nous attirent.
Le philosophe Friedrich Nietzsche visita Orta en 1882 avec Lou Andreas-Salomé, dont il était éperdument amoureux. Il lui aurait demandé de l’épouser… mais elle refusa. Le romantisme du lac n’a donc pas fonctionné pour tout le monde! Cette visite aurait néanmoins profondément marqué Nietzsche et contribué à l’inspiration de son œuvre Ainsi parlait Zarathoustra. Comme quoi, un cœur brisé peut parfois donner naissance à de grandes œuvres. Nous avons profondément apprécié cette balade matinale à San Giulio, mais comme toute bonne chose a une fin, nous devons retourner sur la terre ferme pour 13h car nous sommes attendus sur la plus belle des terrasses italiennes, celle du Ristorante Bocciolo. Après le calme de l’île et notre promenade dans les ruelles, ce bon repas italien est grandement apprécié. Chose certaine, le restaurant n'est pas silencieux contrairement au chemin du tour de l'île. Une fête italienne se tient à côté de nous en plus de nous qui avons le verbe facile. Les conversations reprennent, chassez le naturel, il revient au galop ! On a eu beaucoup de plaisir au Bocciolo et… quel décor !
À notre plus grand bonheur, nous rentrons tôt et profitons pleinement de cette fin de journée ensoleillée: gelato à la gelateria du coin, piscine dont nous profitons pour une des dernières fois, repos, lecture, dolce vita au lac Maggiore!
Buona notte et à demain,
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, grandement séduits par ce petit lac d’Orta!





























































































