Buongiorno a tutti!
Venise : passages nuageux en avant-midi, environ 13 °C le matin et jusqu’à 20 °C en après-midi avec un soleil radieux
Enfin… Venise!
La Sérénissime est la ville des amoureux, des gondoles, du carnaval et, avouons-le, des touristes qui finissent par tourner en rond en jurant qu’ils viennent de passer trois fois devant la même boutique de masques!
Présentons-la un peu: Venise est composée de 118 îles séparées par quelque 177 canaux et reliées entre elles par environ 455 ponts. Aucune route ne traverse son centre historique. Ici, tout se transporte à pied ou sur l’eau : passagers, marchandises, ambulances, policiers, pompiers, éboueurs et même les défunts! Disons que la circulation vénitienne obéit à un code de la route bien différent du nôtre.
Comment une ville entière peut-elle tenir debout au milieu d’une lagune? Sous ses palais et ses églises se cachent des millions de pieux de bois enfoncés dans les couches d’argile jusqu’à atteindre un sol plus résistant. Privé d’oxygène dans la vase, le bois ne pourrit pratiquement pas. Les pieux se resserrent et se solidifient sous le poids des constructions, puis supportent des plateformes de bois et de pierre sur lesquelles reposent les bâtiments. Un travail pharaonique réalisé il y a plusieurs siècles, sans machinerie moderne. Malgré tout, le sol continue lentement à s’affaisser. On peut le remarquer à certaines portes devenues plus basses au fil du temps, car il a fallu rehausser les planchers pour se protéger des inondations.
La ville historique compte aujourd’hui moins de 55 000 habitants permanents, alors qu’elle accueille chaque année 20 à 30 millions de visiteurs. Pas étonnant que la ville ait instauré, certaines journées très fréquentées, un droit d’accès pour les visiteurs d’un jour. Arrivés par bateau à la Lagune, nous rejoignons Argentina et Frederica nos guides locales. Nous voici sur la Piazza San Marco, que Napoléon aurait surnommée « le plus élégant salon d’Europe ». Autour de nous se dressent la basilique Saint-Marc, le palais des Doges, le campanile et la magnifique Tour de l’Horloge. Construite à la fin du XVe siècle, la Tour n’affiche pas seulement l’heure : son cadran indique également les phases de la lune et les signes du zodiaque. Des renseignements autrefois précieux pour les marins qui devaient composer avec les marées. Une montre intelligente avant l’heure!
Nous avons le plaisir aujourd’hui d’expérimenter la “acqua alta” une marée haute qui fait en sorte que l’eau envahit la place St-Marc et certaines via sont inondées le temps que la marée redescende. Des estrades sont installées pour permettre aux gens de circuler sans se mouiller les pieds. L’eau est redescendu à son niveau normal en après-midi, mais nous avons eu quand même besoin de faire quelques pas dans l’eau.
La basilique fut construite pour abriter les reliques de saint Marc, rapportées d’Alexandrie par deux marchands vénitiens en 828. Selon la légende, ils les auraient cachées sous de la viande de porc afin de décourager les gardes musulmans d’inspecter leur cargaison. Rusés, ces Vénitiens! Le lion ailé représente justement saint Marc, patron de la ville. On le retrouve partout, notamment au sommet de l’une des deux grandes colonnes de la Piazzetta, rapportées d’Orient au XIIe siècle. Il symbolisait la puissance de la République de Venise, qui domina pendant des siècles une partie importante du commerce méditerranéen.
À côté de la basilique, le campanile s’élève à près de 99 mètres. L’actuel clocher est toutefois une reconstruction : le précédent s’est effondré soudainement en 1902. Heureusement, il ne fit qu’une seule victime… le chat du gardien.
Le palais des Doges, avec sa façade de marbre blanc et rose, semble presque trop délicat pour avoir été le centre du pouvoir vénitien. Pendant près de mille ans, il abrita la résidence du prêtre doge, le gouvernement, les tribunaux, les bureaux administratifs, la police secrète et les prisons. Toute la machine de l’État vénitien fonctionnait sous ce même toit. Un passage couvert relie le palais aux anciennes prisons : le fameux pont des Soupirs. Son nom ne vient pas des amoureux, mais des condamnés qui auraient soupiré en apercevant une dernière fois la lagune avant de rejoindre leur cellule. Voilà qui est beaucoup moins romantique que la version vendue par certains gondoliers!
Venise ne serait toutefois pas Venise sans ses gondoles. Longues d’environ onze mètres et pesant plusieurs centaines de kilos, elles sont construites à partir de différentes essences de bois et sont volontairement asymétriques afin de compenser le poids du gondolier qui rame d’un seul côté. À la proue, le ferro, cette pièce métallique caractéristique, n’est pas qu’une décoration. Ses six dents représentent les six quartiers de Venise, tandis que sa forme en “S” évoque le Grand Canal et le bonnet du doge.
N’est pas gondolier qui veut! Il faut apprendre à manœuvrer cette longue embarcation dans les canaux étroits, connaître l’histoire de la ville, réussir des examens et obtenir une licence. Autrefois, Venise aurait compté près de 10 000 gondoles dont le savoir-faire était transmis de père en fils. Il n’en resterait aujourd’hui qu’un peu plus de 400 en service. Et puisqu’une gondole traditionnelle peut demander plusieurs mois de travail, mieux vaut éviter les accrochages dans les canaux!
Venise rayonne également grâce à ses grands événements. La Biennale, créée en 1895, est devenue l’une des plus prestigieuses manifestations culturelles internationales en art contemporain. Elle englobe aujourd’hui l’art, l’architecture, la danse, le théâtre, la musique et le cinéma. Sa Mostra, fondée en 1932, est d’ailleurs le plus ancien festival de cinéma au monde.
Quant au célèbre carnaval de Venise en février, ses origines remontent à plusieurs siècles. Derrière les masques, nobles et gens du peuple pouvaient temporairement se mêler sans révéler leur identité. Les distinctions sociales disparaissaient… du moins jusqu’à ce que quelqu’un reconnaisse les chaussures du voisin! Interdit à la fin du XVIIIe siècle, le carnaval a finalement été relancé à la fin des années 1970 et attire maintenant des foules venues du monde entier.
Après cette plongée dans l’histoire vénitienne, nous nous rendons au Ristorante Cantina Canaletto pour notre dîner. Le nom rappelle le peintre Canaletto, célèbre pour ses vues si précises de Venise qu’on pourrait presque les utiliser comme cartes. Puis, oh joie, Venise en liberté! Tagliateles bolognese, joue de boeuf, et Gelato pour dessert. Tous ont pris goût à découvrir cette viande qui, une fois braisée, devient tendre à souhait
Quartiers libre pour partir à la recherche du pont du Rialto, s'installer sur une terrasse ou se perdre sans itinéraire précis. On en profite pour acheter quelques souvenirs précieux de cette inoubliable journée.
Toute cette agitation nous fait apprécier le calme de la balade en bateau pour le retour vers l’hôtel vers Punta Sabbioni. Venise s’éloigne lentement derrière nous, mais nos appareils photo et nos têtes débordent d’images. De retour au Croce di Malta Hotel, les conversations vont bon train autour du souper de l’action de grâce (vous aurez deviné que nous avions de la dinde au menu). Toutefois, nous ne tardons pas à rentrer car une grande journée nous attend demain alors que nous visiterons une autre destination très convoitée, celle de la région des Dolomites!
P.s. On annonce encore une superbe journée ensoleillée. Nous avons trouvé la responsable de ce beau temps et l’avons fait “Sainte”; Santa Martha ! Grazie mille!
Buona notte et à demain,
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, émerveillés par Venise... et tous revenus à bon port!











































































































