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Aujourd’hui nous avons la chance de goûter au Vialone Nano Veronese. Mais attention, pas n’importe lequel. Vous avez une idée de ce dont il s’agit? Nous parlons ici de l’un des meilleurs riz à risotto d’Italie, protégé par une indication géographique. Avant de passer à table, nous avons toutefois quelques kilomètres, un village médiéval et une belle légende d’amour à découvrir.
Nous quittons les rives du lac de Garde en direction de Valeggio sul Mincio situé à environ 45 minutes de route de notre hôtel. Un autre village dominé par les vestiges de son château (Scaliger). La région fut longtemps convoitée en raison de sa position stratégique entre Mantoue, Vérone et le lac de Garde. On sent bien dans les jambes que le château est bien situé, c’est-à-dire, en haut d’une colline! Nous y sommes arrivés, un petit pas à la fois.
Mais ce qui fait surtout la renommée de Valeggio aujourd’hui est beaucoup plus appétissant : ce sont ses tortellini, appelés ici les Nodo d’Amore, les « nœuds d’amour ». La légende raconte qu’à la fin du XIVe siècle, Malco, capitaine des troupes viscontiennes, tomba amoureux de Silvia, une nymphe du fleuve Mincio. Leur amour étant interdit, ils s’enfuirent ensemble dans les eaux du fleuve, laissant derrière eux une étoffe de soie dorée nouée en gage de leur amour éternel. Cette étoffe aurait inspiré la forme des tortellini de Valeggio, confectionnés à la main dans une pâte si fine qu’on la compare à de la soie. Chaque année, au mois de juin, la fête du Nodo d’Amore réunit environ 3 300 convives autour d’une immense table de plus d’un kilomètre dressée sur le pont Visconteo. Des centaines de milliers de tortellinis y sont servis. Nous saurons quand y revenir pour participer à la fête!
Le hameau suivant de notre itinéraire, Borghetto sul Mincio, semble avoir poussé directement dans la rivière. Un décor de film médiéval. Les maisons de pierre se serrent autour des anciens moulins à eau. Au-dessus du Mincio (le fleuve), s’étire le Ponte Visconteo, imposant pont fortifié construit en 1393 pour protéger la frontière orientale du duché de Milan.
Des ruelles pavées, des fleurs aux fenêtres, des roues de moulin et le reflet des vieilles maisons dans l’eau : pur bonheur pour les photographes que nous sommes. On entend souvent :« Attendez-moi, juste une dernière photo! » On comprend pourquoi Borghetto figure parmi les plus beaux villages d’Italie. Jugez-en par vous-même ci-dessous.
Nous quittons ensuite ce décor de conte de fées pour la campagne de la plaine véronaise. Direction Isola della Scala, royaume du Vialone Nano!1 Mais ce n’est pas sans peine car il nous a fallu contourner deux autoroutes sur lesquelles deux accidents se sont produits! Ouf, quel travail pour notre Donato, qui nous a sorti de ces bouchons non sans un peu de retard.
Mais la famille Ferron prévenue de notre léger contretemps, nous accueille à la Pila Vecia (Au vieux pilon) pour un dîner-dégustation. Au menu; antipasti de charcuterie et polenta de riz au champignons, suivi de deux risotto qui font l’envie de toute l’Italie; le premier à la viande de porc et à la cannelle (on aurait dit un délicieux pâté à la viande, façon risotto, qui fut d’ailleurs mon préféré). Puis, on nous fait l’honneur d’une deuxième version de risotto, celui-ci à l’Amarone! Ceux qui connaissent les vins italiens, savent que c’est presque péché de mettre ce divin nectar à cuire. Mais le résultat est très probant. On vient d’ailleurs de très loin pour manger ici, les risottos cuisinés devant nous dans un décor champêtre du fin fond de l’Italie.
Le riz Vialone Nano possède un grain moyen, rond et légèrement allongé. Il libère beaucoup d’amidon pendant la cuisson, absorbe merveilleusement les saveurs tout en conservant une belle fermeté. Voilà le secret d’un risotto crémeux sans devenir pâteux.
Lorella, la guide spécialisé de la maison, vient nous faire découvrir la Pila Vecia et le travail de la famille Ferron qui en est à la cinquième génération de Ferron à veiller sur ce patrimoine. Fondée en 1650, cette ancienne rizerie abrite ce qui est considéré comme la plus vieille installation de pilage du riz encore en fonction en Italie. Sa grande roue à aubes, actionnée par l’eau, met en mouvement d’anciens pilons qui frappent doucement les grains pour retirer leur enveloppe. Cette méthode demande environ sept heures de travail. Les machines modernes sont évidemment plus rapides, mais la vieille Pila continue de produire une petite quantité de riz destinée à la haute gastronomie, celui que nous avons goûté !
Après le chocolat de Turin, les huiles et les vins du lac de Garde, nous ajoutons donc le risotto à notre liste de nouvelles expériences gustatives italiennes. On comprend mieux pourquoi la cuisine italienne est désormais inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis l’an dernier (2025), une première mondiale pour une gastronomie nationale. Cette inscription reconnaît non seulement les recettes emblématiques, mais aussi une façon de vivre la cuisine, faite de transmission familiale, de convivialité et de diversité régionale.
Nous reprenons finalement la route vers Soiano pour notre dernière soirée à Soiano del Garda. Il faudra fermer les valises, car demain nous nous dirigeons vers la Sérénissime et ses secrets. Mais avant les gondoles, une autre ville nous attend. Un indice: pensez à celui que nous évoquons pour nous aider à retrouver nos lunettes, nos clés, ou le bout de papier sur lequel était noté la précieuse recette de risotto au champignons ?
Buona notte et à demain,
Marie-Christine, Éric et leurs voyageurs, plongeant allègrement dans le patrimoine culinaire mondial de l'Italie.
Voici un lien pour en apprendre un peu plus à ce sujet














































































