Accompagnée par
Marie-Christine Drouin


Buongiorno a tutti!


Vénétie : plein soleil, autour de 11 °C le matin et jusqu’à 17 °C en après-midi.


Déjà notre dernière journée complète en Italie! Une légère nostalgie flotte dans l’air, mais nous avons choisi l’endroit idéal pour célébrer l’ensemble de ce beau voyage: les collines du Prosecco!


Entre Conegliano et Valdobbiadene, je sais, c'est un peu difficile à prononcer, les vignes épousent des pentes si abruptes que le travail s’effectue encore largement à la main. Conegliano fonde en 1876 la première école italienne de viticulture et d’œnologie. Valdobbiadene fournit pour sa part les coteaux les plus escarpés. Ensemble, ils alternent avec les forêts, les haies et les villages, formant une immense mosaïque verte façonnée par des générations de vignerons. Ce paysage culturel unique est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2019. Décidément, L'UNESCO est partout ! On aurait pu appeler ce circuit : L'UNESCO en circuit détente ! Mais bon, revenons à nos bulles.


Le cépage roi se nomme Glera et doit composer au moins 85 % du Prosecco DOCG. Ces quatre lettres, Denominazione di Origine Controllata e Garantita, représentent l’une des plus hautes classifications italiennes. Tous les vins mousseux ne peuvent donc pas s’appeler Prosecco, même s’ils font « pop » en ouvrant la bouteille! Même principe pour les vins de Porto ou le Champagne.


Notre route croise une véritable image de carte postale : le Molinetto della Croda. Construit au XVIIe siècle contre la paroi rocheuse, ce petit moulin utilise la chute de douze mètres du ruisseau Lierza pour actionner sa roue. Bon, disons que le débit était un peu faible aujourd’hui, alors, le meunier a pris congé! Pierre ancienne, cascade, forêt… la recette parfaite pour les photographes! Une atmosphère bien différente nous attend à l’abbaye Santa Maria di Follina. Fondée au XIIe siècle, elle devint un important centre cistercien. Son cloître du XIIIe siècle entoure une fontaine octogonale dans un silence qui invite naturellement à ralentir le pas. Typiquement italien. Après le recueillement… les réjouissances!


Au Castello di Roncade, (Wow) édifié au tournant du XVIe siècle par la famille Giustinian, cette élégante demeure est l’un des rares exemples de villa vénitienne antérieure à Palladio encore entourée de fortifications médiévales. Comme la famille Ciani Bassetti y produit du vin, nous nous portons volontaires pour tester nos connaissances avec tout le sérieux qu'il se doit lors de cette importante activité viticole : j'ai nommé la dégustation !


Quatre vins accompagnent notre dégustation dînatoire composée de charcuteries et fromages locaux. On observe la couleur, on respire les arômes et on goûte avec concentration… du moins au premier verre. C’est un Prosecco, les analyses deviennent généralement plus enthousiastes en compagnie de nos joyeux chevaliers de la table ronde ! Le Prosecco n’est pas élaboré comme le champagne. Sa seconde fermentation s’effectue habituellement dans de grandes cuves pressurisées plutôt qu’en bouteille. Cette méthode préserve ses arômes frais et fruités et lui procure ses bulles légères. Notre hôte nous fourni gracieusement le nom de l’importateur privé chez qui nous pouvons commander directement du Québec. Certains voyageurs se promettent bien de surprendre leurs proches avec de belles bouteilles prochainement. Nous avons donc dégusté un Prosecco Brut Castello di Roncade. Le deuxième vin est un Chardonnay, divin, le Bianco dell’Arnssa. Nous passons ensuite à un Pinot noir, vin de garde, le Raboso del Piave D.O.C. 2024. Nous finissons en beauté, encore avec des bulles, cette fois-ci rosées, le Castello di Roncade, Patriarca rosé. Les verres s’entrechoquent. Cin cin! À nos découvertes, à nos fous rires et à tous ces beaux souvenirs accumulés depuis notre arrivée au lac Majeur le 1er octobre dernier.


Que de chemin parcouru depuis le 1er octobre: les îles Borromées, le lac Majeur, le lac de Côme, le lac d’Orta et le lac de Garde, les divins chocolats de Turin, la chic Milan, Sirmione, le balcon de Juliette à Vérone, les risottos de la famille Ferron, Padoue et le bon frère Antoine... pardon Saint-Antoine, l'effervescente Venise et les cimes des Dolomites… Nous avons marché, mangé, navigué, mangé encore, bu, goûté, photographié et avons eu beaucoup de plaisir!


De retour à l’hôtel Croce di Malta, Marthe, Lorraine et moi faisons les braves dans la piscine chauffée. Notre souper d’adieu se passe sous le signe de la bonne humeur des taquineries sympathiques envers ces voyageurs qui sont devenus une belle famiglia. Éric et moi en profitons pour porter un dernier toast à nos excellents voyageurs, nos champions olympiques de la ponctualité et à ce magnifique circuit détente en Italie du Nord. Nous disons une nième fois que nous sommes bénis par dame Nature, ou par Santa Martha selon nos croyances !


Demain matin, nous prendrons la direction de l’aéroport de Venise pour regagner notre chez nous et aussi le froid du Québec…. mais nous emportons avec nous toute la chaleur de l’Italie.


Alors, comme nous sommes en Italie ce soir encore, rions un peu plus longtemps et versons une dernière larme… de vino!

Cin cin, salute et buona notte!


P.S. La photo des verres que vous voyez ci-dessous sont les verres à eau de l'hôtel où nous logeons. Nous les avons tous trouvé très beaux et aurions voulu en rapporter. Toutefois, à 55 euros le verre, nous nous sommes gardé une petite gêne!


Marie-Christine, Éric et leurs merveilleux voyageurs, un peu nostalgiques, très reconnaissants… et toujours aussi pétillants!