Accompagnée par
Marie-Christine Drouin

Bien le bonjour à vous chers lectrices et lecteurs,


Météo prévue : Alternance de soleil et de nuages, autour de 12 °C le matin et 20 °C en après-midi. Il n’a pas plu!


Ce matin, nous n’avons que quelques kilomètres à parcourir, mais nous allons faire un grand voyage dans le temps! Direction Sirmione, une étroite langue de terre qui s’avance dans les eaux du lac de Garde. Une péninsule de quatre kilomètres, un château les pieds dans l’eau, des ruelles médiévales, des vestiges romains et même une source qui bouillonne au fond du lac : voilà une journée qui promet! Mais avant même de commencer cette journée, nous entamons tous en choeur notre chant québécois de bonne Fête à Martine en lui remettant une belle carte signée de nous tous. Mamamia, que d’émotion! À lire dans ses yeux, je crois qu’elle se sentait choyée de cette belle attention.


À notre arrivée, on sent que la presqu’île est toute balnéaire lorsque nous retrouvons Chiara, notre charmante guide locale. Devant nous se dresse la Rocca Scaligera, cette impressionnante forteresse hérissée de tours et de créneaux qui semble tout droit sortie d’un conte de chevaliers. Construite par la puissante famille Della Scala, qui régnait autrefois sur Vérone et sa région, elle protégeait à la fois le village et son port. Sa darse fortifiée, où les bateaux pouvaient se mettre à l’abri derrière les murailles à trois faces, est d’ailleurs un exemple assez rare en Europe.


Pour entrer dans le cœur historique de Sirmione, pas moyen de contourner le château : il faut franchir son ancien pont-levis. Voilà une ville qui savait recevoir ses visiteurs… tout en gardant la possibilité de leur fermer la porte au nez! Mais avant de nous perdre dans les ruelles, nous découvrons la péninsule depuis le lac. Nos capitaines nous attendent pour une balade d’environ une demi-heure à bord de bateaux à moteur. Les appareils photo sont prêts, les cheveux aussi… du moins, ils l’étaient avant le départ! Ce lac de Garde porte fièrement le titre du plus grand lac d’Italie avec sa superficie de 367 km2, sa longueur maximale de 51,6 km, soit un peu moins grand que le lac Maggiore. Sa plus grande largeur est de 17,2 km et sa profondeur maximale de 346 m et son périmètre de 158,4 km.


Depuis l’eau, Sirmione révèle un tout autre visage. Nous longeons la forteresse, les élégantes villas et les anciennes demeures accrochées à la rive. Nous apercevons bientôt les vestiges d’une immense villa romaine qui occupait près de deux hectares à l’extrémité de la péninsule. Un peu plus loin apparaît la villa où Maria Callas séjourna dans les années 1950 avec son mari, l’industriel Giovanni Battista Meneghini. La célèbre soprano grecque trouva ici quelques années de tranquillité, bien avant que sa tumultueuse histoire avec Aristote Onassis ne fasse la manchette. Non, malheureusement pour Maria, le riche armateur grec Aristote Onassis ne l'a jamais épousé, il lui a préféré Jackie Kennedy. Sirmione conserve précieusement son souvenir : un parc, un palais et plusieurs lieux de la ville portent aujourd’hui son nom.


Soudain, des remous agitent la surface du lac. Les capitaines nous montrent d'où proviennent ces bulles. Ce n’est ni un monstre marin ni un voyageur tombé à l’eau! Nous passons près de la source Boiola, d’où jaillit une eau sulfureuse à près de 69 °C. Avant d’arriver ici, cette eau de pluie s’est infiltrée profondément sous le mont Baldo et a voyagé pendant une vingtaine d’années dans la roche, se chargeant de minéraux et de chaleur. Un véritable spa naturel… avec, paraît-il, un léger parfum d’œuf pourri en prime! Heureusement, aujourd’hui, nous gardons une distance olfactive tout à fait sécuritaire.


De retour sur la terre ferme, nous suivons Chiara dans le dédale des rues pavées. Boutiques, terrasses fleuries, façades colorées et balcons débordant de verdure composent un décor qui donne envie de ralentir. Ici, chaque ruelle semble mener soit vers le lac, soit vers une gelateria. Dans les deux cas, on ne peut pas vraiment se tromper! Chiara nous rappelle aussi que nous nous trouvons tout près de Solférino, où eut lieu en 1859 une bataille particulièrement meurtrière. Bouleversé par le sort de milliers de soldats blessés et abandonnés, le Suisse Henry Dunant organisa des secours sans distinction d’uniforme. Cette expérience lui inspira la création d’un mouvement humanitaire qui deviendra le Comité international de la Croix-Rouge. Qui aurait cru qu’une idée aujourd’hui connue partout dans le monde avait germé tout près des paisibles rives du lac de Garde?


Cette ballade en bateau et la marche avec Chiara nous a mis en appétit. Nous nous retrouvons donc au Ristorante Il Girasole

« Le Tournesol ». Le décor est chaleureux, l’accueil aussi, et des milliers de bouteilles de vin italiens, à partir du Barolo au Valpolicella ornent les murs. Une entrée de tarte aux pommes de terre et champignons à la fondue au parmesan a conquis tous les palais. Des tortelli au ragù de viande braisée et un succulent cheesecake aux fruits a complété le tout. Mais, on ne peut passer à Sirmione sans goûter la gelato! Alors, n’écoutant que notre courage, nous nous en sommes donné à coeur joie. N'essayez pas de savoir qui a succombé; aucun nom ne sera dévoilé ici !


Après cette journée riche en histoire romaine, forteresse médiévale, grande diva et eaux bouillonnantes, nous retrouvons notre hôtel de Soiano del Garda pour le souper. Peu de kilomètres au compteur aujourd’hui, mais beaucoup d’images ...et de menus achats à rapporter!


Demain, place à une ville où une histoire d’amour vieille de plusieurs siècles fait encore soupirer les visiteurs… Vérone nous attend!


Buona notte!


Marie-Christine et Éric

Encore sous le charme de Sirmione… et toujours à la recherche du parfum de gelato parfait!