Bonjour à tous,
Il fait encore soleil à notre lever, décidément, nous sommes choyés. Nous avons même eu un 20ºC à Gand aujourd’hui. Le buffet-déjeuner des hôtels Van der Valk est un des mieux garnis qu’il m'ait été donné de connaître en 4 ans d’accompagnement de groupe. Tous en conviennent. Nos voyageurs acquiescent et apprécient le grand confort et le design de cet hôtel où nous logeons pour 2 nuits.
Fins prêts à découvrir ce joyau, Fonz, notre chauffeur nous dépose à quelques kilomètres de l’hôtel, tout près du centre historique de Gand. Je le répète, nous apprécions vraiment parcourir les rues tôt le matin car nous avons l’impression que la ville est à nous.
Alain, en grande forme, nous trace le portrait des régions, des langues, des gouvernements, des parlements, des communautés francophones et néerlandaises et de tout ce dont il nous faut savoir pour mieux comprendre cette Belgique que nous visiterons durant les prochains jours.
Alors, nous sommes à Gand, lieu de naissance de Charles Quint1 avec toute la charge historique qu’il représente. Dès les premiers pas, on comprend que Gand (Gent en Néerlandais) fut l'une des villes les plus puissantes d’Europe au Moyen Âge. Située au confluent de la Lys et de l’Escaut (Gent veut d’ailleurs dire: confluent), elle était un carrefour commercial stratégique. Au XIIe siècle, grâce à l’industrie textile et au commerce de la laine, Gand rivalisait avec les plus grandes villes européennes. Nous passons devant le bel édifice de la Halle aux draps, où la laine y était conservée.
Alain nous parle que Gand fut l’hôte de l’Exposition universelle de 1913 et qu’elle s’était fait belle pour l’événement. Construction de la gare St-Pierre, acheminement de l’électricité, nombreux bâtiments, que l’on peut encore observer, furent construits.
Mais aujourd’hui, Gand n’est pas figée dans son passé. Avec plus de 260 000 habitants, une grande université et une scène culturelle dynamique, elle vibre d’une énergie jeune et actuelle. Une ville à la fois historique et bien vivante.
Allons donc à sa rencontre !
Notre regard est immédiatement attiré par le Château des Comtes de Flandre. Massif, impressionnant, presque austère, il semble sorti tout droit d’un autre siècle. Nous en reparlerons.
Un peu plus loin, la Cathédrale Saint-Bavon de Gand impose sa silhouette gothique. À l’intérieur, elle abrite un chef-d’œuvre absolu : le retable de l’Agneau mystique, considéré comme l’une des œuvres les plus importantes de l’histoire de l’art occidental.
Puis vient un lieu emblématique de la ville : les quais de Graslei et Korenlei.
C’est ici que Gand prend toute sa dimension. On y voit des maisons de guildes parfaitement alignées, des maisons dédiées autrefois à la mesure des grains fraîchement arrivés par bateau, et des terrasses animées. L’Hôtel Marriott et ses deux cygnes adossés, fut jadis un lieu où s’exerçait le plus vieux métier du monde. Le marché aux poissons, subissant actuellement une cure de rajeunissement, et les bâtiments de la corporation des bouchers. L’endroit est vivant, élégant, sans être figé dans le temps. On s’y arrête naturellement, pour regarder, pour respirer, pour profiter et même défiler en bâteau le temps d’une belle balade.
Côté saveurs, Gand ne déçoit pas. On retrouve une cuisine flamande généreuse : waterzooïs, carbonnades, frites… sans oublier les bières artisanales, véritables institutions ici, que nous avons d’ailleurs pu déguster ce midi au restaurant De Witte Leeuw, le lion blanc.
Comble du luxe d’un voyage de groupe, Alain décrète une heure de temps libre que nous réclamions secrètement pour en voir encore un peu plus de cette ville si agréablement surprenante.
Puis, vers 15h, une visite qui a marqué nos voyageurs menée par deux guides exceptionnels, nous mène au Château des comtes de Flandre. Rarement un château médiéval est construit au beau milieu de la ville. Construit tout en pierres en 1192, il témoigne de la richesse de Gand à l’époque, portée par le commerce des céréales, de la laine et la puissance des corporations, notamment les brasseurs, les bateliers, les bouchers et les boulangers. Derrière ses remparts et ses mâchicoulis, ces ouvertures permettant de défendre la forteresse, se dévoile un monde féodal où les paysans cédaient une grande partie de leurs récoltes, et où chevaliers et comtes vivaient au rythme des obligations, des cérémonies et de la guerre.
À l’intérieur, les espaces racontent une vie à la fois rude et organisée: le rez-de-chaussée du donjon, sans fenêtres, servait probablement de salle d’accueil des chevaliers, tandis que la grande salle, avec ses foyers ouverts, faisait office de lieu de réception, d’habitation et même de tribunal. Les écuries rappellent l’importance des chevaux, précieux et mieux logés que bien des habitants, dans une ville qui ne comptait que quelques puits d’eau, ils avaient le leur ! Entre armures pesant jusqu’à 20 kilos, expositions d’armes de défense ou de combat, ateliers de tissage et cérémonies de chevalerie, le château donne un aperçu concret du Moyen Âge, jusque dans ses aspects les plus sombres, avec des châtiments aussi brutaux qu’exemplaires comme nous avons pu le constater lorsque les guides nous ont expliqué les châtiments de la salle des tortures. Il y avait même les “oubliettes” salle dans laquelle les criminels attendaient leur sentences.
Ouf, quelle journée riche en découvertes!
Retour à l’hôtel en fin de journée, suivi du souper et surtout du repos du voyageur! On dit souvent que “le temps compte en double en voyage”. Il nous semble déjà si loin ce 3 avril où nous avons pris l’avion à Montréal! Nous nous estimons vraiment privilégiés de parcourir ces territoires, d’en apprendre autant et d’avoir le plaisir d’admirer ces paysages et monuments qui nous étaient inconnus jusqu’à aujourd’hui, du moins, pour la plupart d'entre nous.
À demain pour la suite vers Bruges et Bruxelles.
Marie-Christine et les super voyageurs
1 Pour la “petite histoire, Charles Quint (ou Charles V) est l’un des monarques les plus puissants de l’histoire européenne. Né à Gand en 1500 et mort en Espagne en 1558, il s'est retrouvé, par le jeu des alliances familiales, à la tête d'un empire gigantesque sur lequel, disait-on, « le soleil ne se couchait jamais ». Il hérite de par ses liens familiaux ancestraux des Pays-Bas et de la Franche-Comté, de l’Espagne et de ses colonies d’Amériques, de l’Autriche et des terres des Habsbourg, il est élu Empereur du Saint-Empire Romain Germanique. Mais la maladie de la goutte, les nombreuses guerres, contre la France, l’Empire Ottoman et contre la réforme protestante l’ont épuisé. Fait rarissime à l’époque, il abdique, divise ses territoires entre son frère et son fils puis se retire au monastère de Yuste, en Espagne, où il finit ses jours.





















































































































