Bonjour à vous tous,
Aujourd’hui, nous utiliserons au maximum les quelques heures restantes de ce beau voyage pour parcourir Bruxelles de long en large. Nous sommes entre bonnes mains, guidés par Alain qui connaît la ville comme le fond de sa poche puisqu’il y réside. Après un copieux déjeuner, le groupe se prépare à plonger au cœur d’une capitale internationale et aujourd’hui très cosmopolite, qui ne ressemble à aucune autre. Le quartier où nous logeons témoigne de l’afflux d’immigrants des dernières années. Étant situé tout près de la gare du Midi, c’est un quartier grouillant d’allers et venues de la population qui y transite.
Le ciel grisonnant détonne avec les 16 autres jours ensoleillés que nous avons connus jusqu’à maintenant. Nous goûterons même à la pluie un peu plus tard en après-midi.
Dès les premiers pas tours de roue de l’autocar, le décor nous rappelle Montréal et ses cônes oranges, tellement il y a de travaux. L’avancée de la nouvelle ligne de métro, la réfection de la voirie ou la construction de nouveaux édifices rendent la circulation dans la ville un peu moins fluide. Nous sortons des quartiers centraux pour rejoindre le quartier des maisons de style manoir dont une grande partie fut détruite pour laisser place à des édifices plus modernes. Nous parcourons le quartier des ambassades et celui des allées de cerisiers en pleine floraison. Maintenant, le béton a cédé la place à des espaces verts, Alain nous mentionnant d’ailleurs qu’il y a un parc à 500m d’où que l’on soit dans la ville. Le ton est donné !
La Grand-Place, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, impressionne immédiatement. Entourée de maisons de corporations richement décorées, elle témoigne de la prospérité de la ville dès le Moyen Âge, alors que Bruxelles s’impose comme un centre commercial important dès le Xe siècle. Alain nous raconte que la place fut presque entièrement détruite, à l’exceptoin du si populaire hôtel de ville, lors du bombardement de 1695 par les troupes de Louis XIV… avant d’être reconstruite avec une élégance encore plus affirmée. Plusieurs des édifices des corporations ont leurs ornements couverts d’or. Ce cher Louis XIV n’a pas seulement fait de grandes constructions comme Versailles, Les Invalides ou la Place Vendôme, il en a aussi détruit beaucoup malheureusement. Comme quoi, même les pires catastrophes peuvent parfois laisser place à des chefs-d’œuvre.
Un tout petit peu de temps libre permet ensuite à chacun de commencer à s’approprier Bruxelles à sa manière, c’est-à-dire, en flânant dans les boutiques, entre autres celles de chocolat ainsi que la populaire boutique de Tintin. Après tout, nous sommes dans la capitale mondiale du chocolat. Newhaus, du nom de l’inventeur de la praline, Marcollini, Leonidas, Godiva et bien d’autres, rivalisent d’astuces pour vous attirer et vous faire céder à la tentation. Saurons-nous résister ? Bien sûr que non ! En tout cas, pas moi ! On y voit aussi beaucoup de magasins de dentelle, héritage d’un savoir-faire qui remonte au XVIe siècle. Ces œuvres minutieuses, réalisées aux fuseaux, demandent une infinie patience et la précision d’un horloger. Quel magnifique travail!
À quelques rues de là, impossible de ne pas croiser le célèbre Manneken Pis. Petit par la taille, mais immense par sa notoriété, il arrache quelques sourires et probablement autant de photos. Alain nous glisse, avec un brin d’humour, que ses tenues changent plus souvent que les nôtres en voyage. D’ailleurs aujourd’hui ne fait pas exception, il a même une perruque et une cape noire. Ses atours (plus de mille) sont conservés au musée de la ville.
Mais Bruxelles ne se résume pas à ces icônes. En levant les yeux, on découvre une ville où les styles architecturaux cohabitent avec une étonnante harmonie : façades classiques, touches contemporaines et surtout, ces merveilles d’Art nouveau signées notamment par Victor Horta à la fin du XIXe siècle. Une période où Bruxelles s’inscrit pleinement dans la modernité, portée par l’industrialisation et une créativité débordante. Nous avons même eu la chance de trouver quelques murales de bandes dessinées de Tintin, Milou, le capitaine Haddock et Martine à la plage!
Le dîner au Char d’Or, où règne une ambiance de brasserie bruxelloise bien vivante et situé à quelque pas de la place cenrale, nous offre une pause gourmande bien appréciée, dans une ambiance typiquement bruxelloise. Nos voyageurs auront en plus, l’occasion de goûter la spécialité locale, la gaufre bruxelloise, garnie de crème Chantilly bien évidemment! Un régal qu’on ne peut refuser même si nos ventres nous supplient d’être sage. Il nous reste encore les moules frites à découvrir.
L’après-midi nous transporte dans un tout autre univers, plus vert, plus calme: le domaine du Château de Bouchout. Ce vaste jardin botanique de 82 hectares est une véritable bouffée d’air frais. Parmi ses attraits, il y a le Palais des plantes, un vaste complexe de serres, où l’on expose notamment les espèces qui démontrent l’évolution de la flore de tous les climats, le jardin des plantes médicinales, la serre des nymphéas géants,et l’étang du château avec ses canards. De sa vocation première de jardin botanique, il conserve un mélange de styles (français, italiens, anglais) et une grande variété d’arbres et de plantes. Le parc aménagé en terrasses fut inauguré en 1829. La terrasse la plus haute, au pied de l’orangerie, est de construction géométrique à la française. L’étage intermédiaire, à la mode italienne, comporte une roseraie en étoile et le jardin de l’Iris où fleurissent, d’avril à juin, quelque 40 variétés d’iris, symbole de la Région de Bruxelles-Capitale. La dernière partie du jardin descend en pente douce vers l’étang par des sentiers sinueux.
Arrivés juste à temps pour le prendre, c’est en petit train couvert que nous avons parcourus les sentiers entourant cet immense jardin botanique. Habituellement, dans un jardin botanique, on regroupe les essences par famille, par provenance… Ce n’est pas le cas ici. Les paysagistes ont préféré créer des ambiances par les espèces mises en valeur pour leur beauté ou leur association naturelle. C’est sûr que la saison n’est pas très avancée pour les fleurs mais nous y avons passé un très agréable moment.
Ce lieu nous rappelle aussi à quel point Bruxelles est une capitale verte mais aussi qu’elle occupe un rôle central sur la scène européenne. Car oui, Bruxelles est aujourd’hui le cœur politique de l’Union européenne. Elle accueille notamment la Commission européenne, le Conseil de l’Union européenne et une grande partie des activités du Parlement européen. À cela s’ajoutent le siège de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), ainsi que de nombreuses représentations diplomatiques et organisations internationales. Une concentration impressionnante d’institutions qui contribue à faire de Bruxelles une véritable plaque tournante des décisions politiques à l’échelle mondiale.
Après cet intermède apaisant, nous revenons un peu sur nos pas pour le souper à l’incontournable restaurant belge, Chez Léon, véritable institution de Bruxelles où les moules frites sont à l’honneur. Ici, l’ambiance est “Art Nouveau”, les assiettes généreuses, et les saveurs bien ancrées dans la tradition belge. Nous n’avons pas été décus; bonne qualité de nourriture, service agréable et courtois malgré les 230 places assises. Nous avons pu constater que le restaurant était bien rempli. Sans la nommer car elle se reconnaîtra, une de nos voyageuse a même retenu l’attention de notre serveur! Les coups de cœur du jour? La majesté de la Grand-Place, sans hésitation.
Nous réalisons tous que le souper de ce soir est notre dernier repas ensemble. Nos émotions sont mixtes, car nous sommes un peu nostalgiques que ça s’arrête ici; le groupe est bien ensemble et il y aurait tant d’autres endroits à visiter tout près. Mais nous avons aussi hâte de retrouver les nôtres et le confort de notre foyer après 16 journées de grandes découvertes. On échange nos coordonnées car de nouvelles amitiés se sont formées dans ce groupe de 26 belles personnes. Les voyages forme la jeunesse dit-on? Alors, nos cœurs sont jeunes et forts de toutes ces rencontres humaines, florales, architecturales, culturelles, gustatives et tant d’autres !
Bouclons la valise en tentant de respecter nos 23kg, ce qui n’est pas une mince tâche. Dormons tôt car le lever arrivera rapidement. Il nous faut être à l’aéroport de Bruxelles dès 6h30 en prévision de notre vol de 9h55. Comme nous avons une trentaine de minutes de trajet, vous en déduisez que nous avons quitté l’hôtel aux aurores!
À demain pour le retour au Québec
Marie-Christine et ses joyeux lurons




















































































