Accompagnée par
Alexandre Gignac et Ann-Marie Garneau
Villes visitées
Lisbonne, Tomar, Coimbra, Douro, Guimaraes, Bom Jesus, Porto, Aveiro, Nazaré, Alcobaça, Batalha, Évora, Monsaraz, Algarve, Île de Tavira, Ria Formosa

Après le déjeuner, nous retrouvons Nádia Neto, notre guide locale, directement à l'hôtel. Son sourire et son énergie donnent tout de suite le ton. Ensemble, nous partons à pied explorer cette ville fière, berceau de la nation portugaise.


La matinée semble d'abord très fraîche et la plupart des voyageurs quittent l'hôtel avec une petite laine sur les épaules. Pourtant, le soleil ne tarde pas à reprendre ses droits. Une trentaine de minutes plus tard, le thermomètre affiche déjà 24 degrés et plusieurs regrettent presque leur chandail. Il faut dire que la journée commence par une bonne montée jusqu'au château. Les rues pavées grimpent sans relâche et quelques souffles se font plus courts au fil du parcours. Mais personne ne regrette l'effort. Peu à peu, nous atteignons les hauteurs de la ville où le château médiéval, les remparts et les bâtiments historiques qui l'entourent nous plongent immédiatement dans les premiers chapitres de l'histoire portugaise.


Au fil de la visite, Nádia nous raconte avec passion la naissance du Portugal. Ici, à Guimarães, chaque pierre semble rappeler qu'une partie de l'histoire du pays a commencé entre ces murs et ces ruelles.


Puis nous entrons dans le Paço dos Duques de Bragança, où les grandes salles, les poutres imposantes et l'atmosphère solennelle nous enveloppent dès les premiers pas. On avance lentement, presque en respect, comme si chaque pièce nous invitait à écouter ce qu'elle a traversé. Nádia nous raconte l'histoire du lieu avec une passion contagieuse et l'on se surprend à imaginer la vie qui animait ces murs il y a des siècles. Elle nous apprend également que le palais sert encore aujourd'hui de résidence officielle lors des visites présidentielles dans le nord du Portugal, preuve que l'histoire du bâtiment continue de s'écrire.

Au fil du parcours, elle partage aussi plusieurs anecdotes étonnantes. Nous découvrons notamment qu'autrefois les églises jouaient un rôle bien au-delà de la religion. Chacune possédait un numéro affiché à l'entrée. En cas d'urgence ou lorsqu'une ville avait besoin d'aide, il suffisait de faire sonner les cloches le nombre de fois correspondant à son numéro pour prévenir la population. Une façon ingénieuse de communiquer bien avant l'arrivée du téléphone.


Plus loin, notre guide nous surprend encore en nous racontant que la tradition britannique du thé de cinq heures serait liée à Catherine de Bragance, princesse portugaise devenue reine d'Angleterre. Elle aurait également contribué à populariser la marmelade auprès de la cour anglaise. Une de ces petites histoires qui donnent soudainement une saveur différente aux grands récits de l'Histoire.


En traversant le centre historique, nous croisons trois étudiants vêtus de leurs habits universitaires traditionnels. Leurs longues capes noires attirent immédiatement le regard. Nádia nous explique alors la signification des rubans colorés qui les accompagnent, chaque couleur représentant un domaine d'études particulier. Le groupe est charmé par leur gentillesse. Ils acceptent avec le sourire de prendre la pose pour nos photos, et certains échangent même quelques mots en français avec nous. Ces rencontres spontanées ajoutent une touche bien vivante à cette matinée déjà riche en découvertes.


Après cette immersion dans le passé, nous prenons place au restaurant Norma's, récompensé d'un Bib Gourmand du Guide Michelin. La pause est bienvenue après notre matinée de marche dans les rues de Guimarães. Les conversations vont bon train tandis que nous dégustons les spécialités choisies pour le groupe : les fameux Rotos, des œufs cassés aux pommes de terre accompagnés de poitrine de porc fumée, suivis d'un rumsteck servi avec chimichurri, purée de pommes de terre, chutney de poire et fromage Terrincho. Une crème brûlée à la lavande, relevée de notes de pêche, de citron et d'amande, vient conclure le repas tout en douceur.


En début d'après-midi, l'autocar nous mène vers la région du Minho. Le paysage change encore : les collines se rapprochent, la végétation s'épaissit et bientôt apparaît le sanctuaire de Bom Jesus do Monte, suspendu à flanc de montagne.


Pour atteindre le sommet, nous embarquons dans le plus vieux funiculaire hydraulique du monde. Une petite vague de fébrilité traverse notre groupe, mais tout se déroule dans le calme et la bonne humeur.


Pendant la douce remontée, la vue se dégage peu à peu sur les environs. Arrivés au sommet, le sanctuaire apparaît dans toute sa beauté : le spectacle du granit gris, les murs blanchis à la chaux, les escaliers monumentaux et le panorama spectaculaire sur Braga nous récompensent pleinement.


Les rires se mêlent aux clics des appareils photo alors que chacun cherche à immortaliser le paysage. Certains tentent d'identifier les villages au loin, d'autres s'installent simplement pour admirer la vue. C'est le genre d'endroit où l'on veut toujours rester quelques minutes de plus que prévu, simplement parce qu'on n'a pas envie de partir. Certains ont le temps de visiter le sanctuaire, la grotte et de flâner dans les jardins, tout en cherchant à immortaliser le paysage.


Au moment de redescendre, un choix s'offre à nous : emprunter les célèbres escaliers baroques ou descendre avec l'autocar. La majorité opte pour les marches. Même Sophie, qui avait pourtant décidé à son arrivée de ne pas prendre le funiculaire et de monter à pied. Quant aux adeptes de l'autocar, ils décrètent avec humour que nous venons d'identifier où se cache la sagesse dans le groupe : il fait suffisamment chaud pour laisser quelques marches aux plus courageux.


En fin d'après-midi, l'autocar retrouve l’ensemble de ses passagés pour mettre le cap sur Porto. Le trajet a quelque chose d'apaisant, comme une transition douce entre deux univers. Et puis, soudain, la ville apparaît : ses ponts, ses façades colorées et son énergie vibrante. L'excitation monte d'un cran. Nous arrivons au Renaissance Porto Lapa, un hôtel splendide où chacun semble trouver instantanément son confort. Les valises disparaissent dans les chambres.


À peine installés, plusieurs d'entre nous montent découvrir la spectaculaire piscine à débordement sur le toit de l'hôtel. Sous la lumière de la fin de journée, la vue sur Porto est magnifique. Sophie, Mylène, Caroline, Danielle, Alexandre et Ann-Marie profitent de la baignade, tandis que d'autres préfèrent s'installer confortablement sur les transats ou savourer un cocktail en admirant la ville. C'est un de ces moments de vacances où le temps semble ralentir. Pourtant, personne ne s'attarde trop longtemps : l'heure de l'apéro approche et tout le monde a hâte de se retrouver. Un petit épisode amusant vient toutefois animer ce moment de détente. Impossible de faire porter les consommations à la chambre. Heureusement, Roch intervient spontanément pour avancer les frais à ceux qui en ont besoin. En quelques minutes à peine, il hérite officiellement d'un surnom qui risque fort de lui rester jusqu'à la fin du voyage : « le banquier ». Le titre est adopté à l'unanimité et les éclats de rire ne tardent pas à suivre.


À l’apéro, on a droit à un beau couché de soleil et à quelques blagues de Jean-Claude. Comme toujours on s’amuse bien.


Le souper, servi à l'hôtel, arrive au bon moment après cette journée riche en découvertes. Tandis que chacun se remémore les moments marquants de Guimarães et les premières impressions de Porto, les assiettes se succèdent : un couscous de chou-fleur aux abricots, à la menthe et aux noisettes, une corvina accompagnée d'une sauce aux échalotes, de patate douce et de bimi, puis un traditionnel Natas do Céu pour terminer sur une note sucrée. On lève notre verre à cette belle journée et à toutes celles qui restent à vivre ensemble.