Accompagnée par
Alexandre Gignac et Ann-Marie Garneau
Villes visitées
Lisbonne, Tomar, Coimbra, Douro, Guimaraes, Bom Jesus, Porto, Aveiro, Nazaré, Alcobaça, Batalha, Évora, Monsaraz, Algarve, Île de Tavira, Ria Formosa

Ce matin, l’ambiance est détendue autour du déjeuner. Une journée toute en douceur nous attend, tournée vers la nature, la mer et les saveurs de l’Algarve.

Pendant le trajet vers Faro, Patrick profite de la route pour nous parler davantage de cette région intimement liée à la mer. Ici, la pêche est omniprésente. Les eaux de l’Algarve sont particulièrement riches, notamment grâce aux importantes populations de sardines qui attirent le thon rouge. Patrick nous explique également l'histoire de l'almadrava, une technique ancestrale de pêche au thon utilisée depuis des siècles dans le sud du Portugal. Bien qu'elle ait pratiquement disparu des côtes de l'Algarve au cours du XXe siècle, cette tradition demeure profondément liée à l'histoire maritime de la région. Il nous explique également que la région est réputée pour ses coques, récoltées à la main à l’aide d’un râteau spécialisé dans les vasières de la lagune, ainsi que pour sa fleur de sel et son huile d’olive, trois produits emblématiques du territoire.

À notre arrivée à Faro, nous embarquons pour découvrir le parc naturel de la Ria Formosa. Accompagnés de nos guides naturalistes Joaquín et Thomas, nous partons explorer ce vaste réseau de lagunes, de canaux et d’îles-barrières. Le guide nous apprend que la Ria Formosa couvre une superficie équivalente à près de 30 000 terrains de soccer. Véritable refuge pour la biodiversité, elle accueille une multitude d’espèces d’oiseaux migrateurs qui y trouvent nourriture et repos tout au long de l’année.

Au fil de la navigation, nous apprenons une foule de choses fascinantes sur la faune et la flore locales. Les marais abritent notamment des hérons, aigrettes, spatules blanches et plusieurs espèces d’oiseaux limicoles qui profitent des marées pour s’alimenter. Joaquín nous montre également les nombreux crabes et crustacés qui peuplent les vasières. Plusieurs servent d’ailleurs d’appâts naturels pour la pêche pratiquée dans la région.

Rapidement, le rythme ralentit. L’eau scintille sous le soleil, les oiseaux planent au-dessus des marais et nous découvrons un Algarve beaucoup plus sauvage que celui des cartes postales.

Notre excursion nous mène d’abord à l’Île du Phare, où nous profitons d’un arrêt pour admirer un balbuzard niché sur un poteau. Puis nous poursuivons vers l’Île Déserte. Ici, la nature semble régner seule. Le calme est remarquable. Entre la plage immaculée, le bruit des vagues et l’horizon sans fin, le sentiment d’évasion est total.

C’est dans ce décor exceptionnel que nous nous installons au restaurant Estaminé pour le dîner. Le repas débute par une généreuse planche de petiscos composée d’huîtres fraîches, de thon séché (muxama de atum), de petites crevettes de plage, d’une salade de poulpe et de délicieux rissóis aux gambas violettes. Pour le plat principal, un magnifique bar grillé (robalo) est servi à notre table.

Le dîner nous réserve un moment mémorable : pour la première fois du voyage, Roch accepte de manger du poisson. Son verdict tombe sous les rires de la table : « Ça goûte rien! » Une déclaration qui déclenche immédiatement plusieurs commentaires amusés et qui restera certainement parmi les anecdotes de la journée.

Pour terminer, certains choisissent une tranche de Santa Clara, tandis que d’autres se laissent tenter par la délicieuse mousse au chocolat. Entourés de sable, d’eau et d’horizon, nous savourons pleinement ce repas dans l’un des cadres les plus spectaculaires du voyage.

En début d’après-midi, nous reprenons le bateau vers Faro. Une dernière occasion d’observer les paysages uniques de la lagune avant de poursuivre vers l’arrière-pays.

Nous faisons ensuite halte chez Viveiros Monterosa, une oliveraie réputée de la région. La visite nous permet d’en apprendre davantage sur tout le processus de fabrication de l’huile d’olive. Notre guide résume parfaitement la chose : au fond, l’huile d’olive n’est rien d’autre que du jus d’olive.

Nous découvrons que les oliviers sont pollinisés par le vent à partir du mois de mars. Pour protéger les arbres contre certains insectes nuisibles, les producteurs pulvérisent une fine poudre de porcelaine mélangée à l’eau sur les feuilles. Cette couche blanche agit comme une barrière naturelle et aide notamment à éloigner les mouches qui pourraient endommager les fruits.

Les oliviers produisent des fruits de qualité variable. Les meilleures olives serviront à la fabrication de l’huile alors que celles jugées inadéquates seront dirigées vers le compost. Ici, la récolte et l’extraction se font dans un délai maximal d’environ trois heures, afin de préserver toute la qualité du produit.

Nous apprenons également qu’il faut généralement entre 7 et 8 kilos d’olives pour produire un seul litre d’huile. Les olives sont écrasées entières, noyau inclus, à l’aide d’un imposant pilon de granit. Une centrifugeuse permet ensuite de séparer l’huile, l’eau et la pulpe. Une période de décantation complète le processus avant que l’huile ne soit analysée et préparée pour la vente.

Autre détail intéressant : les tuyaux d’irrigation sont installés à hauteur de taille plutôt qu’au sol. Cette méthode facilite la récupération des olives tombées et évite également que les lièvres viennent endommager les installations.

La dégustation qui suit révèle toute la complexité de ce produit pourtant si simple en apparence. Nous apprenons qu’une huile extra vierge de grande qualité possède un taux d’acidité inférieur à 0,8 %. À Monterosa, certaines huiles atteignent un remarquable taux de seulement 0,2 %, tandis que certains assemblages se situent autour de 0,3 %.

On nous explique aussi qu’une bouteille peut généralement conserver ses qualités pendant près de 22 mois. Toutefois, dès que l’huile est exposée à l’oxygène ou à la lumière, son oxydation s’accélère et ses propriétés peuvent diminuer plus rapidement.

En fin d’après-midi, nous retrouvons le confort de notre hôtel. Après cette journée entre terre et mer, chacun profite du temps libre à sa façon. Plusieurs se dirigent vers la piscine pour une baignade rafraîchissante. Sans aucun doute, Sophie aurait été la première dans la piscine, tandis que Nathalie aurait savouré un cocktail servi dans un élégant calice. D’autres partent magasiner, flâner dans les environs ou marcher sur la plage pour admirer le coucher du soleil.

La soirée et le souper sont libres. De petits groupes se forment naturellement. Certains découvrent un restaurant recommandé, d’autres choisissent simplement d’y aller avec la méthode olfactive (arrêter manger où ça sent bon). Peu importe les activités choisies, une chose ressort clairement : les paysages de la Ria Formosa, la richesse de sa faune et les saveurs de l’Algarve auront marqué les esprits. Les sourires observés tout au long de la soirée témoignent d’une journée particulièrement appréciée, qui trouvera assurément sa place parmi les plus beaux souvenirs du voyage.