Nous quittons ce matin Nazaré pour mettre le cap vers une toute autre facette du Portugal. Après plusieurs journées rythmées par l'océan, le paysage change peu à peu. La route est calme et paisible. Patrick nous laisse profiter de ce moment pour nous reposer, admirer le paysage ou simplement récupérer un peu des journées bien remplies que nous avons vécues jusqu'à présent.
En chemin, il nous partage également quelques curiosités de la vie quotidienne portugaise. Ici, le bois de chauffage se commande généralement à la tonne ou à la demi-tonne plutôt qu'à la corde comme au Québec. On précise même si l'on souhaite du bois entièrement composé de chêne ou un mélange d'essences. Pour allumer les foyers, plusieurs utilisent aussi des cocottes de pin. Ces dernières proviennent généralement du pin maritime, très répandu dans la région, et ne sont pas les mêmes que celles qui produisent les fameux pignons utilisés en cuisine.
Notre matinée nous mène à la magnifique Casa Cadaval, vaste domaine familial où l'agriculture, la forêt, l'élevage et la viticulture cohabitent depuis des générations. À notre arrivée, Maria nous accueille et nous présente les nombreuses activités de la propriété. Sur les 5 000 hectares du domaine, seulement 50 hectares sont consacrés à la vigne. Près de 3 000 hectares sont plutôt occupés par la forêt. Le domaine élève également des chevaux lusitaniens destinés à la compétition, au dressage et à la vente. Nous apprenons aussi qu'une équipe de 43 employés travaille sur le domaine tout au long de l'année, un nombre qui double durant les périodes de récolte.
Comme cadeau de bienvenue, chacun reçoit une casquette aux couleurs du domaine. Un geste apprécié qui donne immédiatement le ton à la visite.
Nous embarquons ensuite dans une remorque tirée par un tracteur pour découvrir une partie du domaine. Une chance que Nathalie n'est pas avec nous aujourd'hui : son conjoint lui aurait probablement reproché d'avoir fait un tour dans autre chose qu'un John Deere !
La visite nous permet de découvrir les installations, les vignes et les magnifiques chevaux lusitaniens qui font la réputation de la propriété. Nous assistons ensuite à une démonstration équestre où élégance, précision et la complicité entre la cavalière et sa monture laissent le groupe admiratif.
Avant le repas, un généreux cocktail est servi dans les jardins de la propriété. Rissóis aux crevettes, croquettes, beignets de morue, samossas, tartinade de thon à la ciboulette, brochettes de mozzarella, saumon sur pain de maïs et bouchées de presunto au pesto se succèdent dans une atmosphère détendue et conviviale.
Nous passons ensuite à table pour déguster une longe de porc aromatisée en croûte d'oignon et d'ail, accompagnée d'une crème de tomate, de riz arabe et de légumes sautés. Une délicieuse tarte au citron meringuée pour certains et pour d'autres une coupe de salade de fruits vient conclure ce repas mémorable.
En début d'après-midi, nous reprenons la route vers Évora. Le paysage de l'Alentejo défile devant les fenêtres de l'autobus. De vastes champs de chênes-lièges couvrent l'horizon. Sous leur feuillage généreux, nous apercevons parfois des vaches, des chevaux ou encore quelques chèvres cherchant refuge à l'ombre pour échapper au soleil. Pendant ce temps, plusieurs voyageurs profitent du trajet pour faire une petite sieste bien méritée.
À notre arrivée à Évora, nous retrouvons Marie-Hélène. Dès les premières minutes, son énergie impressionne le groupe. Dynamique, passionnée et amusante, elle réussit rapidement à charmer tout le monde.
Encadrée par ses remparts, Évora dévoile peu à peu ses rues pavées, ses places ombragées et ses façades blanches éclatantes sous le soleil de l'Alentejo. La chaleur est d'ailleurs l'un des sujets de conversation du jour. Depuis notre arrivée au Portugal, nous voyageons sous une véritable canicule. Jusqu'à présent, personne ne semblait vraiment s'en plaindre, mais les 36 degrés d’aujourd'hui mettent les organismes à l'épreuve. Heureusement, l'énergie contagieuse de Marie-Hélène contribue grandement à maintenir l'enthousiasme du groupe malgré la chaleur écrasante.
Nous visitons l'église de São Francisco avant d'entrer dans le lieu sans doute le plus intrigant de la ville : la célèbre Chapelle des Os. Dès l'entrée, une inscription donne le ton :
« Nós ossos que aqui estamos pelos vossos esperamos. »
Autrement dit :
« Nous, les os qui sommes ici, attendons les vôtres. »
Le message est saisissant et provoque un mélange de réflexion, de fascination et d'étonnement chez plusieurs voyageurs.
Marie-Hélène nous informe qu’à l'intérieur de l'église, il y a une rare représentation de la Vierge Marie enceinte. En 1553, il est devenu interdit dans plusieurs contextes religieux de représenter Marie enceinte ou allaitant l'enfant Jésus, ce qui explique pourquoi ces œuvres sont aujourd'hui peu nombreuses. Celle que l'on retrouve ici possède donc une valeur toute particulière.
Notre parcours nous conduit ensuite vers le majestueux Temple de Diane, l'un des plus beaux vestiges romains du Portugal. Dressées depuis près de deux mille ans, ses colonnes impressionnent autant par leur élégance que par leur remarquable état de conservation.
Après la visite guidée, un peu de temps libre était prévu pour nous permettre d'explorer Évora à notre rythme, mais de façon unanime nous avons choisi de nous rendre à notre hôtel et de profiter le plus possible de la piscine du Hilton Garden Inn Évora. Après la piscine, un buffet nous attend au restaurant de l’hôtel.
Cette journée riche en découvertes nous aura permis de découvrir une autre âme du Portugal. Entre les grands domaines de l'Alentejo, les chevaux lusitaniens, les immenses forêts de chênes-lièges, la chaleureuse Maria, l'infatigable Marie-Hélène, les mystères de la Chapelle des Os et les trésors historiques d'Évora, nous avons voyagé à travers plusieurs siècles d'histoire.
Et puisque cela devient maintenant une tradition dans notre récit, nous avons une pensée pour Sophie et Nathalie. Entre la balade en tracteur, le repas à Casa Cadaval et les fascinants secrets d'Évora, vous auriez encore une fois trouvé plusieurs raisons de tomber sous le charme du Portugal. Vous nous manquez toujours.






























































































