Ce matin, quel bonheur de se réveiller sans avoir à boucler les valises. Après un excellent déjeuner à l'hôtel, nous retrouvons Sandrine Marques, notre guide locale, directement à l'hôtel. Son énergie chaleureuse donne tout de suite le ton de la journée.
Nous commençons notre découverte de Porto par la visite du Palais de la Bourse, l'un des bâtiments les plus prestigieux de la ville. En franchissant les portes, nous découvrons des salons somptueux, des boiseries délicates et une magnifique verrière octogonale qui semble suspendue dans le temps. Le célèbre Salon arabe, avec ses motifs dorés, ses plafonds richement décorés et ses arches finement sculptées, laisse tout le monde bouche bée. Plusieurs d'entre nous restent quelques instants immobiles, simplement pour admirer les détails et tenter d'absorber toute la richesse du lieu.
Tout au long de la matinée, Sandrine nous fait également découvrir quelques spécialités emblématiques de la région. Elle nous raconte notamment l'histoire des célèbres Tripas à Moda do Porto. Selon la légende, au moment des grandes expéditions maritimes portugaises, les habitants de Porto auraient offert les meilleurs morceaux de viande aux marins qui partaient en mer et conservé pour eux les abats. Refusant le gaspillage, ils auraient transformé ces ingrédients modestes en un plat généreux à base de tripes et de haricots blancs. Cette histoire aurait même valu aux habitants de Porto leur célèbre surnom : les Tripeiros.
Sandrine nous parle aussi de la fameuse Francesinha, sans doute le plat le plus emblématique de Porto. Inspirée du croque-monsieur français, elle a été créée dans les années 1950 par Daniel David da Silva après un séjour en France et en Belgique. Entre deux tranches de pain se cachent différentes viandes et saucisses, le tout recouvert de fromage fondu et nappé d'une sauce à la bière et à la tomate dont chaque restaurant garde jalousement le secret. Son nom signifie littéralement « la petite Française ».
Nous retrouvons ensuite l'autocar pour nous rendre dans le quartier de la Foz, là où le Douro rencontre l'océan Atlantique. Le vent marin nous enveloppe, les vagues s'écrasent contre les rochers et les petits forts qui surveillent la côte semblent raconter mille histoires. Nous faisons un arrêt photo au Castelo de Queijo, dont la silhouette se découpe sur l'océan. Sous ce soleil déjà très chaud, plusieurs profitent du paysage pendant que d'autres tentent de capturer le meilleur angle possible de cette rencontre entre la ville et l'Atlantique.
De retour au cœur historique, l'autocar nous dépose à proximité de la tour des Clérigos, élancée et fière au-dessus des toits de Porto. Nous poursuivons ensuite notre découverte à pied.
Notre marche nous mène d'abord à la magnifique gare São Bento. Même si l'on est censé être dans une gare, les regards sont attirés vers les gigantesques panneaux d'azulejos qui couvrent les murs. Ces fresques bleues et blanches racontent plusieurs épisodes de l'histoire portugaise et transforment ce lieu de passage en véritable œuvre d'art.
Nous poursuivons ensuite vers la cathédrale de Porto, véritable église-forteresse du XIIe siècle. De là-haut, la vue sur les toits serrés de la ville, le Douro et les ponts qui relient Porto à Gaia est spectaculaire. On prend un moment pour admirer le panorama avant de reprendre notre chemin.
La promenade continue jusqu'au célèbre pont Dom Luís I. Suspendus au-dessus du fleuve, nous profitons d'un point de vue exceptionnel sur Porto et Vila Nova de Gaia. Sous cette chaleur presque estivale, les bouteilles d'eau se vident rapidement et les coins d'ombre deviennent particulièrement populaires. Heureusement, les panoramas exceptionnels de Porto font vite oublier les degrés supplémentaires affichés au thermomètre.
Nous prenons ensuite le téléphérique de Gaia, qui descend doucement vers les quais. La vue est splendide : les maisons colorées de la Ribeira, les remparts historiques et les chais qui bordent le fleuve défilent sous nos yeux.
Cependant, un détail attire rapidement l'attention du groupe : personne ne semble particulièrement enthousiaste à l'idée d'embarquer dans la cabine numéro 13. Les blagues se multiplient, chacun espérant secrètement hériter d'un autre numéro. Finalement, quatre courageux acceptent leur destin avec bravoure : Jean-Paul, Monique, Lise et Ginette. Ils montent dans la fameuse cabine sous les encouragements amusés du groupe et arrivent en bas sans le moindre incident, ce qui leur vaut leur nouveau statut de héros de la journée.
Pour le dîner, nous rejoignons le restaurant PIP, sur la rive de Gaia, juste en face du Douro et du pont Dom Luís I. Les façades colorées, les œuvres d’art de rue, les terrasses animées et les reflets du soleil sur l'eau créent une ambiance vibrante.
Focaccia aux olives, soupe de tomates servie dans une pâte à pizza, pizza au pepperoni et tarte aux amandes au caramel salé composent un repas aussi généreux que savoureux. Le repas provoque rapidement quelques éclats de rire. Les pizzas annoncées comme individuelles s'avèrent gigantesques et plusieurs se demandent sérieusement si elles ont réellement été conçues pour une seule personne.
En après-midi, nous visitons les Caves Cálem, l'une des maisons de porto les plus réputées du pays. Dans la fraîcheur des chais, nous découvrons les secrets de fabrication de ce vin emblématique.
Nous apprenons notamment que le porto est obtenu en interrompant la fermentation par l'ajout d'une eau-de-vie de raisin appelée aguardente. Cette étape joue un rôle essentiel dans le caractère du vin et ses saveurs. Nous découvrons également les impressionnants foudres, ces immenses tonneaux utilisés pour le vieillissement. Leur taille est spectaculaire, tout comme les quantités de vin qu'ils renferment.
La dégustation permet ensuite de comparer un porto blanc, un tawny de 10 ans et un tawny de 20 ans. Chacun y va de ses commentaires et de ses préférences. Comme lors de notre précédente dégustation, plusieurs prennent le temps de visiter la boutique avant de quitter les lieux. Quelques bouteilles trouvent preneur, mais les achats sont nettement moins nombreux cette fois-ci. De l'avis général, le porto dégusté précédemment avait davantage séduit le groupe. Plusieurs reconnaissent d'ailleurs que Patrick avait vu juste lorsqu'il nous avait conseillé d'effectuer nos achats lors de cette première visite. Son conseil prend tout son sens aujourd'hui alors que plusieurs repartent les mains vides, mais avec la certitude d'avoir déjà trouvé leurs coups de cœur.
La journée ayant été particulièrement chaude, le retour à l'hôtel prend rapidement des allures de rendez-vous collectif à la piscine. Presque tout le groupe se retrouve sur le toit pour profiter de la piscine à débordement et de la magnifique vue sur Porto. Entre baignades, moments de détente et conversations sur les découvertes de la journée, une même idée revient souvent : personne ne s'attendait à ce que le groupe se soude aussi rapidement. Après seulement quelques jours, les liens sont déjà solides et les éclats de rire viennent naturellement.
Comme chaque soir, l'heure de l'apéro finit par rassembler presque tout le monde. Le souper, servi à l'hôtel, prend toutefois une couleur particulière ce soir. Nous commençons avec un délicieux Caldo Verde, accompagné de chorizo de Trás-os-Montes et de chou croustillant. Suivent un suprême de pintade, des châtaignes, du potiron et du chou frisé, avant qu'un traditionnel Pouding Abade de Priscos ne vienne conclure le repas sur une note sucrée.
Mais ce repas est avant tout notre premier souper d'adieux.
Ce soir, nous devons dire au revoir à Nathalie et Sophie, qui reprendront bientôt le chemin de la maison. Le cœur est gros autour de la table. Depuis le début du voyage, elles ont partagé nos découvertes, nos fous rires et tous ces petits moments qui rendent un groupe unique. Plusieurs auraient aimé qu'elles puissent rester avec nous jusqu'à la fin de l'aventure.
Les remerciements se succèdent, les souvenirs aussi. Quelques voix deviennent hésitantes. Quelques yeux s'embuent. Et oui, quelques larmes coulent. C'est émouvant de constater à quel point un groupe peut se rapprocher en si peu de temps.
En levant nos verres une dernière fois avec elles, nous réalisons que les monuments, les paysages et les villes ne sont qu'une partie du voyage. L'autre partie, tout aussi précieuse, se trouve autour de cette table : les amitiés qui se créent, les souvenirs que nous partageons et les gens qui rendent cette aventure si spéciale.
Nous souhaitons à Nathalie et Sophie un excellent retour à la maison. Elles nous manqueront dès demain. Mais ce soir, Porto nous offre encore une magnifique toile de fond pour célébrer tout ce que nous avons déjà vécu ensemble.





































































































