Accompagnée par
Marie-Christine Drouin, Eric Bilodeau
Villes visitées
Ubud, Nusa Dua, Singapour, Hi Chi Minh, Hong Kong, Tapei, Nagasaki, Kagoshima, Tokyo

Bonjour fidèles lectrices et lecteurs

Pluie diluvienne en matinée, dégagement en pm 27ºC


Le décalage horaire est maintenant chose du passé pour nous qui vivons désormais au rythme du fuseau horaire de Bali. Maintenant que nous avons bien profité de la journée de repos d’hier, nous nous sentons fins prêts pour la découverte de cette île mythique.


Bon, nous devons vous avouer que nous avons à conjuguer avec des pluies diluviennes et que les ponchos, imperméables, souliers Goretex que nous ne pensions pas utiliser ont tous été mis à contribution aujourd’hui. Plus les parapluies de l’hôtel. Même Kabal, notre guide balinais de souche, n'en revient pas de cette quantité d’eau qui tombe en trombe. Comme nous ne contrôlons pas cette portion du voyage, aussi bien s’y faire. Munis de notre plus beau sourire, nous sommes heureux de nous retrouver et partons à la découverte de Bali.


Dès notre première matinée sur les routes luxuriantes de Bali, Kabal nous a ouvert une porte sur un monde où chaque détail a un sens. Pendant le trajet, il prend le temps de nous parler des noms balinais. Ici, un prénom raconte une histoire. Le premier enfant s’appelle souvent Wayan, le deuxième Made, le troisième Nyoman, et le quatrième Ketut. Puis le cycle recommence. Ainsi, un Wayan n’est pas seulement une personne : il est l’aîné, celui qui porte une responsabilité particulière. À cela s’ajoute un titre lié à la caste, comme Anak Agung pour les anciennes familles royales ou Ida Bagus pour les prêtres.


Pour vous rendre ce concept compréhensible simplement, disons qu’il y a 4 castes:

Braman: celle de la tête: les rois, philosophes, décideurs

Bras: guerriers

Corps: hommes d’affaires

Pieds: agriculteurs


Notre première visite nous a conduits dans un village traditionnel. Derrière une porte sculptée et étroite et courte (pour forcer celui qui entre à s’incliner), nous avons découvert une cour familiale composée de plusieurs pavillons distincts, chacun dédié à une fonction précise : prier, dormir, cuisiner, recevoir. Les structures, faites de bois, de pierre volcanique et de toits de chaume, respiraient la simplicité et l’équilibre. Dans un coin de la cour, des femmes étaient assises sur le sol, leurs gestes précis et gracieux. Elles préparaient des offrandes, ces petits paniers carrés faits de feuilles de palmier, remplis de riz, de fleurs aux couleurs vives et de bâtons d’encens.


Kabal nous a expliqué que ces offrandes sont reproduites chaque jour. Elles sont destinées aux dieux, mais aussi aux esprits. Ce n’est pas un geste de peur, mais d’harmonie. Les Balinais vivent dans un dialogue constant avec l’invisible. Une des femmes nous a souri doucement sans interrompre son travail, comme si ce rituel faisait partie du souffle même de la vie.

Kabal en a profité pour nous parler du karma par une histoire bien personnelle qui nous a tous touchés. Chaque naissance est le résultat des actions passées. La vie est une occasion de rétablir l’équilibre, de payer ses dettes invisibles par de bonnes actions et des intentions justes. Même la mort n’est qu’une étape. La crémation libère l’âme, qui pourra continuer son chemin. Cette vision, à la fois apaisante et responsable, donnait à chaque geste quotidien une dimension sacrée.


Il nous a aussi expliqué la trilogie divine qui structure la spiritualité balinaise. Brahma est le créateur, l’énergie de la naissance. Vishnu est le protecteur, celui qui maintient l’équilibre du monde. Et Shiva est le transformateur, celui qui permet la fin nécessaire à tout renouveau. Ensemble, ils représentent le cycle complet de l’existence.


Après cette immersion intime dans la vie balinaise, nous avons pris la route vers les pentes du majestueux Mont Agung. Avant la visite du temple, nous nous sommes arrêtés pour dîner dans un restaurant local. Un buffet généreux et une Bintang (bière locale) nous attendaient, remplis de saveurs nouvelles : légumes croquants, riz parfumé, plats épicés et fruits tropicaux. Mais plus encore que le repas, c’était la vue qui nous a marqués. Devant nous s'étendait des rizières en terrasses, sculptées dans la montagne comme des marches vers le ciel. Le vert intense, la lumière douce et le silence donnaient au moment une qualité presque irréelle.


Après le lunch, nous avons poursuivi vers le Temple de Besakih, le plus sacré de l’île. Le complexe, étagé sur les flancs de la montagne, semblait relier la terre et le ciel. Des fidèles montaient lentement les escaliers, portant des offrandes sur la tête avec une grâce naturelle. Kabal nous a expliqué que ce temple accompagne les Balinais toute leur vie, de la naissance jusqu’à la mort. Les tours à plusieurs toits symbolisent les différents niveaux de l’univers, et chaque marche est une élévation vers le divin.

Nous avons ensuite repris la route vers Klungkung, ancienne capitale royale. Dans le palais de justice, les fresques anciennes nous ont frappés par leur puissance. Elles représentent les conséquences du karma : des scènes de paradis paisible et d’enfer tourmenté, rappelant que chaque action a un poids. Puis nous avons découvert le pavillon flottant, posé au centre d’un bassin couvert de lotus. Kabal nous a expliqué qu’il servait autrefois de lieu de repos et de méditation, entouré d’eau, symbole de pureté et d’équilibre.


La journée s’est achevée sur la route du retour “à la maison”, notre super Resort à Ubud. Arrivés vers 17h20, juste à temps pour profiter de la douceur de la fin de journée avec la pluie qui s’est calmée.


Aujourd’hui, nous avons réalisé que Bali n’est pas seulement une destination. C’est une philosophie vivante. Une île où les noms racontent une place dans le monde, où les offrandes nourrissent l’équilibre invisible, et où chaque instant, de la naissance à la mort, s’inscrit dans un cycle plus vaste. Et grâce à Kabal, ce monde, qui nous semblait si lointain le matin même, nous paraissait désormais étrangement familier.


Un excellent souper pris chacun à son rythme, une courte soirée à se préparer, dormir tôt afin de bien profiter d’une bonne journée d’excursion demain et le calme d’une soirée sans pluie nous fait le plus grand bien.


Sur ce, Selamat Malam (Bonsoir)

Eric, Marie-Christine et leurs super voyageurs !