Accompagnée par
Marie-Christine Drouin, Eric Bilodeau
Villes visitées
Ubud, Nusa Dua, Singapour, Hi Chi Minh, Hong Kong, Tapei, Nagasaki, Kagoshima, Tokyo

Konichiwa, Bonjour à tous,

Ciel d’un bleu azur, sans nuage – environ 14 °C


Nous voici arrivés à la pointe sud-ouest du Japon, sur l'île de Kyūshū, dans la préfecture de Kagoshima, souvent surnommée la

« Naples de l’Orient ». En raison de son climat agréable et de sa baie resplendissante. La ville d’environ 400 000 habitants s’étend tout au bord de la baie de Kagoshima, encadrée par des collines verdoyantes, dominée par l’imposant volcan Sakurajima toujours actif. Autrefois, il était séparé de Kyushu, mais s’y est rattaché après que la lave d’une de ses éruptions, ait comblé le détroit qui les séparait. Le Sakurajima est récemment entré en éruption avant l’aube dimanche 16 octobre 2025 en éjectant une colonne de fumée à plus de 4 400 mètres d’altitude, selon l’Agence météorologique japonaise (JMA). Il a provoqué des dizaines d’annulations de vols, d’après les médias locaux, dues aux importantes retombées de cendres. La précédente éruption majeure date de l’été 2024, et il connaît chaque année entre 100 et 200 épisodes d’activité. Malgré cette agitation permanente, la population locale vit en harmonie avec cette force de la nature, rassurée par des systèmes de surveillance sophistiqués.

Notre groupe débarque rejoindre Kyo et notre guide et notre chauffeur, Mych, précis et calme, nous conduit en direction du sud de l’île. Nous roulons à travers les routes sinueuses, les montagnes couvertes d’immenses forêts de cèdres centenaires, un bois noble utilisé depuis toujours pour la construction de maisons.


Notre première halte se fait dans la ville historique de Chiran, un véritable voyage dans le temps. Chiran est célèbre pour son quartier de résidences de samouraïs, fief du clan des Shimazu, l’une des familles de samouraïs les plus puissantes et les plus influentes de l’histoire du Japon.


Sans être un site UNESCO, ce village bénéficie d’un classement patrimonial national très important au Japon. Son entretien est financé par la municipalité, l’État japonais et une association de préservation locale.


Sur environ 700 mètres le long d’une unique rue, nous découvrons au moins 7 de ces maisons aux murs de pierre impressionnants et aux haies taillées avec une précision artistique, et ces jardins secs qui nous plongent dans l’atmosphère du Japon féodal. Nous avons même pu échanger avec un des propriétaires d’une des résidence de la famille Sata, grâce à notre guide Kyo qui a transmis nos questions et a traduit pour nous, les informations que M. Sata a si gentiment fournies.

Nous nous arrêtons pour un déjeuner dans un restaurant local, pour une expérience toute japonaise. Un dîner Shabu-Shabu. Il s’agit de faire cuire nous-mêmes de très fines tranches de viande, du Tofu et des légumes dans un bouillon chaud placé au centre de la table. Avec la sauce ponzu : (sauce soja aux agrumes) dans laquelle on trempe la viande cuite, tout prend une saveur unique. C’est un peu l’équivalent japonais d’une fondue. Tous dans des plats individuels, les condiments, riz, soupe miso, cornichons marinés, algues, etc., nous ont bien occupé. Délicieux de l’avis général. Bon disons que le Tofu n’est pas l'apanage de notre génération, mais au Japon, on fait comme les japonais ! Ah bien sûr, un verre de sake blanc pour compléter ce repas. Toute une expérience.


Kyo nous propose une autre promenade tout près et toute simple, mais qui sera elle aussi riche en émotion. Le musée en plein-air est dédié est un lieu de mémoire consacré aux jeunes aviateurs japonais (17 à 24 ans) qui ont mené des missions suicides pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce sont les fameux kamikazes. Chiran était l’une des principales bases d’où partaient ces pilotes vers les forces alliées dans le Pacifique en 1945.


Le mot kamikaze signifie littéralement « vent divin ». L’expression renvoie à un typhon qui, au XIIIᵉ siècle, aurait détruit la flotte mongole menaçant le Japon. Durant la guerre, ce terme a été repris pour désigner les pilotes chargés de crasher volontairement leur avion chargé d’explosifs sur des navires ennemis.


Ils savaient généralement que leur mission était sans retour. Le musée expose leurs lettres d’adieu, photos et objets personnels, qui témoignent de leurs doutes, de leur sens du devoir et de la pression sociale et militaire de l’époque. On peut même visiter une reconstitution de l’abri où les aviateurs passaient leur dernière nuit.


La veille du départ, une cérémonie simple avait lieu : les pilotes pouvaient boire du saké, recevoir un repas spécial, écrire leurs dernières lettres et parfois prendre une photo souvenir avec leurs camarades. On leur remettait aussi un bandeau porte-bonheur ou un sabre symbolique. Le lendemain, ils décollaient pour leur mission, conscients qu’ils ne reviendraient pas. Des milliers de lanternes de pierre sont installées pour honorer leur âme et leur rendre hommage. Ouf…!


Le retour vers la ville de Kagoshima nous réserve encore un moment fort : la visite du jardin de douze acres, Sengan-en, un véritable joyau du clan Shimazu, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, entre étangs paisibles, lanternes, bambouseraies et sanctuaires mystérieux, on peut presque sentir la présence des samouraïs d’antan, méditant sur les chemins soigneusement tracés. Le parc offre également un sentier de randonnée en montagne qui dévoile une vue spectaculaire à 360 degrés sur la baie de Kinko et le majestueux volcan Sakurajima. Ce sera pour une autre fois. La maison Shimadzu, construite en cèdre de Yakushima, vieille de plus de mille ans, témoigne d’une influence architecturale unique mêlant styles japonais, chinois et occidentaux — reflet de l’ouverture internationale du clan.


Il y a beaucoup à voir ici aujourd’hui et nous devons choisir judicieusement notre parcours ! Une exposition de tissus rares et ancestraux servant à fabriquer des kimonos authentiques dont le prix est l’équivalent de celui d’une voiture! Les techniques de teinture, de tissage et d’assemblage dudit kimono sont si méticuleuses qu’on comprend après coup, leur prix élevé. Magnifique.

Eric a profité de la visite à l’atelier Verrerie Shimadzu Satsuma Kiriko, où il a pu observer les souffleurs de verre à l’œuvre. Le cristal taillé à la main, emblème du savoir-faire local, prend vie sous les gestes précis des artisans. La boutique attenante nous permet d’admirer ces œuvres d’art, résultat d’un travail méticuleux et passionné. Comme par “hasard” nous nous retrouvons dans les boutiques attenantes pour continuer d’accumuler les trésors du pays du Soleil Levant qu’on veut offrir ou garder précieusement comme souvenir!


Kagoshima nous réserve un accueil très spécial, qu’on retrouve rarement dans les ports d’escale. Pendant près de 30 minutes, un corps de clairon très dynamique, accompagné de danseurs, nous a offert un spectacle des plus sympathiques à l’occasion de notre départ. Nous sommes nombreux sur le pont à les écouter tandis que Capitaine Kostas leur répond de quelques coups de corne de brume. Le décor est idyllique, le Sakurajima est sous l’angle d’une lumière parfaite, le ciel est sans nuage, la lumière dorée rend le décor inoubliable.


Après une journée en mer demain, le point d’orgue de notre voyage est à notre portée; Tokyo, la mégalopole aux 37 millions d’habitants, nous attend avec le meilleur des guides, que nous osons appeler un ami…. Jean Tauhiro !


P.S. Ah oui, on a fini ça sur la piste de danse sous la musique de Abba, un classique sur Celebrity Cruises.


Bonne nuit, la journée est plus que complète, mais si belle!

Eric, Marie-Christine et leurs amis voyageurs.