Accompagnée par
Marie-Christine Drouin, Eric Bilodeau
Villes visitées
Ubud, Nusa Dua, Singapour, Hi Chi Minh, Hong Kong, Tapei, Nagasaki, Kagoshima, Tokyo

Bonjour chers lecteurs, familles et amis,

Ensoleillé, 32 °C, ressenti 38°C très humide


Aujourd’hui, notre navire jette l’ancre dans le port de Phu My, porte d’entrée de la dynamique métropole de Ho Chi Minh-Ville, capitale du Vietnam sud, anciennement connue sous le nom de Saigon. Cette ville fascinante, bâtie au bord du delta du Mékong, est un véritable carrefour où se mêlent histoire millénaire et effervescence moderne. Il nous faut en comprendre l’histoire afin d’être en mesure de reconnaître les signes distinctifs de ce métropole du sud du Vietnam.


À propos de l’histoire de Ho Chi Minh :

Saigon était la capitale de l’Indochine pendant la colonisation française. Après la guerre d’Indochine et la défaite des Français lors de la bataille de Diên Biên Phu, les accords de Genève, en 1954, divisent géographiquement le pays. En 1955, Saigon devient la capitale de la République du Vietnam (Sud Vietnam). Le 1er novembre 1955, un conflit politique opposant le Sud Vietnam au Nord Vietnam éclate, c’est le début de la guerre du Vietnam. Les États-Unis s’en mêlent et Saigon devient le quartier général du commandement américain. Ce conflit dura près de 20 ans.


Le 30 avril 1975, la ville de Saigon est prise par l’armée nord-vietnamienne. Cet événement, que l’on appelle la chute de Saigon, marquera la fin de la guerre du Vietnam et la réunification du pays. En avril 1976, Hanoï devient la capitale du pays enfin réunifié. Le 2 juillet 1976, la ville de Saigon est rebaptisée Hô Chi Minh Ville en l’honneur de l’ancien dirigeant révolutionnaire vietnamien Hô Chi Minh décédé quelques années plus tôt en 1969.


L’ex-capitale du sud du Vietnam s’appelle encore Saigon pour la majorité de ses millions d’habitants. C’est la plus grande ville du pays avec 9 millions d’habitants et elle s’est affirmée très tôt comme étant la capitale économique. Il ne s’écoule pas une heure du jour et de la nuit sans que les rues ne résonnent des coups de klaxon et du vrombissement de milliers de scooters qui sillonnent la ville. La présence française est encore marquée par de grandes avenues ombragées jalonnées de maisons coloniales, de monuments et de jardins coloniaux.


Arrivés à Hô Chi Minh, c’est un départ pour la découverte du « Saigon colonial » où nous pouvons voir plusieurs édifices tels que : l’Hôtel de Ville, l’Opéra et la Poste Centrale, qui constituent un témoignage important de l’architecture française au Vietnam. Construite entre 1886 et 1891, elle rappelle les constructions parisiennes. Sa verrière, construite par l’atelier de Gustave Eiffel, ressemble à celle de la gare parisienne d’Orsay, en plus petit. Sa façade mélange, quant à elle, les deux cultures française et vietnamienne. Puis nous passons devant la cathédrale Notre-Dame de Saigon construite en briques rouges sur la place de Paris. Elle a été dessinée par un architecte français entre 1877 et 1880 et construite sur les ruines d’une pagode. Elle est considérée comme l’un des plus beaux exemples de l’architecture coloniale française en Asie. Elle est aussi un autre site historique important de la ville. Étant en restauration lors de notre passage, nous n’avons pas pu la visiter. Une visite du Palais de la Réunification semble incontournable selon notre guide, son image a fait le tour du monde. À l’aube du 30 avril 1975, en entrant dans Saigon, les tanks de l’avant-garde nord-vietnamienne convergèrent immédiatement vers ce bâtiment, alors appelé palais présidentiel. Un blindé défonce les grilles, puis un soldat court hisser le drapeau vietcong au balcon du 4e étage. Il avait été sévèrement endommagé par des bombes en 1963, le président Diem ordonna alors sa démolition et la construction d’un nouveau palais d’architecture moderne de 4 500 mètres carrés. Après, le palais devint le quartier général de l’administration militaire de Hô Chi Minh. Les consultations politiques sur la question de l’unité nationale eurent lieu dans ce palais renommé le Palais de la Réunification.


Après un petit-déjeuner à bord, sachant que toutes les formalités douanières sont complétées, nous débarquons pour aller à la rencontre de Dat, notre guide tout vietnamien. Il porte fièrement un drapeau canadien, et s’empresse de nous dévoiler qu’il a déjà visité la ville de Montréal et celle de Québec en hiver. Qu’il est en fait le dernier de sa famille à vivre au Vietnam puisque ses parents, frères et soeurs sont installés à Toronto. Il connaît bien notre culture. La route de 1 h 30 nous mène d’abord vers le centre-ville de Ho Chi Minh qui compte 9 millions d’habitants. Un peu comme à Bali, nous sommes dépaysés premièrement par la quantité de motos ou de mobylettes qui circulent ici. On parle de 2 millions de ces engins fourmillant dans la ville. Il y en a partout, partout, partout ! Des voies réservées allant jusqu’à quatre voies leurs sont mêmes destinées pour améliorer la fluidité du trafic. Déjà, l’expérience de circuler et d’observer le ballet incessant des mobylettes nous hypnotise. À part les artères principales, il n’y a presque aucun feu de circulation. Dans un code routier que nous comprenons plus ou moins, les deux roues arrivent de partout, passent à gauche, à droite, coupe la circulation pour tourner à gauche ou à droite selon leur trajectoire plus ou moins définie.


Descendons un peu pour sentir l’ambiance de Saigon comme on l’appelle encore ici. Arrêt au Palais de la Réunification, ancien palais présidentiel, célèbre pour avoir été le théâtre de la fin officielle de la guerre du Vietnam en 1975, lorsque les chars nord-vietnamiens ont forcé ses portes. Ce bâtiment, inauguré en 1966, reste un symbole fort de l’histoire contemporaine vietnamienne.

Nous visitons aussi la Pagode de l’Empereur de Jade, construite en 1909, un lieu de culte taoïste où les statues et fresques sont riches de symboles et où les fidèles viennent pour invoquer protection et prospérité.


Notre balade à pied nous mène jusqu’à l’hôtel de ville, ou Palais de l’Hôtel de Ville de Saigon, achevé en 1908 dans un style colonial français classique. Ce bâtiment, toujours utilisé pour l’administration locale, est un symbole de la présence française et de la modernisation de la ville à cette époque.


À quelques pas, l’Opéra de Saigon nous plonge dans le raffinement culturel instauré par les colons. Construit en 1897, ce théâtre d’inspiration française est toujours un lieu majeur pour les arts, mêlant musique classique et spectacles contemporains.


Juste à côté, la Poste centrale de Saigon, construite entre 1886 et 1891 dessinée par Gustave Eiffel, est un chef-d’œuvre d’architecture coloniale avec ses voûtes en fer et ses fresques intérieures qui ne sont pas sans rappeler la gare parisienne d’Orsay, en plus petit. On y entre bien sûr et selon la tradition, quelques-uns envoient une carte postale aux proches, d'autres échangent leurs Dongs vietnamiens contre des petits souvenirs.


La chaleur nous gagne juste au moment où Dat, notre guide, nous annonce qu’il nous emmène dès maintenant à notre restaurant: Le Mandarine. Ambiance feutrée, boiseries de bois exotique, porcelaine fine, meubles vietnamiens, musique apaisante mais jazzée, menu local savoureux, voyez le menu et les photos. C’était d.é.l.i.c.i.e.u.x. Un oasis colonial dans le tumulte de l’avant-midi.


C’était pour bien nous préparer à un après-midi que nous ne sommes pas près d’oublier! Ça commence par le marché central Benh Thanh, une expérience en soi à vivre, un concentré d’aubaines pour des articles de toutes sortes. Nos porte-monnaies et nos valises peuvent se réjouir que nous n’ayons eu qu’une heure.


Le clou de la journée, disons même un point d’orgue de notre voyage, un moment inoubliable et une expérience forte en émotion: un tour en cyclo-pousse dans les ruelles étroites du quartier chinois Cholon. Attachez-vous bien, ou plutôt, tenez vous bien, nos 16 cyclos-pousses, alimentés par les puissants mollets de nos cyclistes vietnamiens, démarrent en cortège bien sagement. Mais très rapidement, on se retrouve au coeur de l’action, en pleine rue, à côtoyer les mobylettes, motos, autos, piétons. À notre tour, nous coupons la circulation pour changer de direction, nous nous faufilons dans ce ballet désordonné à notre plus grand plaisir. Les mots de nos voyageurs les plus entendus durant le parcours de pas moins de vingt bonnes minutes : “Incroyable, Irréel, Wow, ça fait ma journée”. Il faut avouer que c’est même rafraîchissant ! On a pu constater au passage que les étals des marchands du quartier offrent de tout: pièces de scooter, fruits, légumes, poulets ou autre viande, des poules bien vivantes, lumières, boîtes de toutes sortes. Des tonnes de rouleaux de tissus, des articles de quincaillerie, de la vannerie, du cordage, demandez, vous trouverez! Vos proches en auront long à vous raconter à ce sujet ! En attendant, voyez “quelques photos”.


Pour calmer nos esprits échauffés par ces émotions fortes, notre dernière visite est celle de la pagode Thien Hau, construite au début du XIXe siècle en l’honneur de la déesse de la mer protectrice des marins. De nombreux fidèles viennent se recueillir, contribuent par leurs offrandes en échange de pouvoir ajouter leur souhaits à la tête de centaines de spirales d’encens dans l’espoir d’être exaucés. Depuis le début de notre visite, c’est la première fois que nous étions témoins de cette forme de bâtons d’encens que nous avons trouvé par ailleurs très inspirante.


Ouf, encore une magnifique journée passée au Vietnam. Ce pays a beaucoup à offrir, nous n’en avons vu qu’une parcelle. Chemin inverse en fin d’après-midi pour notre retour au navire, le cœur rempli de souvenirs d’une ville qui, par son mélange d’histoire, de culture et de modernité, ne laisse personne indifférent. Nous pouvions entendre une mouche voler dans l’autocar !


Soirée à bien manger, se distraire au théâtre et voguer doucement dans les bras de Morphée.


Alors, pour cette journée vietnamienne, on vous dit Chúc ngủ ngon (bonne nuit!).


Eric, Marie-Christine et leurs amis voyageurs