Konichiwa,
Temps clair, ciel dégagé, venteux – environ 10 °C, Brrrrr!
Le soleil se lève sur Nagasaki dans un ciel parfaitement dégagé, promettant une journée radieuse avec une température quand même assez fraîche. Tout le monde est en forme, prêt à plonger au cœur de cette ville portuaire nichée entre mer et collines, à l’histoire à la fois fascinante et profondément émouvante. Munis de toutes nos cartes d’immigration complétées, nous partons à la rencontre de Kyo, notre guide locale francophone Kyo,qui nous accueille en sol japonais. Nous nous sentons déjà dans un nouveau monde, empreint de solennel, de respect d’autrui, d’ordre et de rigueur.
Nagasaki, avec ses quelque 400 000 habitants, est plus qu’une simple ville japonaise : c’est un lieu chargé de contrastes et de résilience. Située à l’extrémité ouest de Kyushu, sa proximité avec le continent asiatique a favorisé une ouverture unique au commerce, même pendant la longue période d’isolement du Japon. La ville, vibrante et vallonnée, est un mélange fascinant de cultures, où l’influence chinoise est particulièrement visible. Le quartier chinois de Nagasaki, avec ses temples confucéens et ses restaurants typiques, illumine la ville de mille couleurs et saveurs. Pour les passionnés d’histoire européenne, Dejima, cette ancienne île artificielle, fut le point de contact privilégié des missionnaires portugais et des marchands néerlandais. Aujourd’hui encore, le quai de Dejima surplombe le port animé où les navires internationaux continuent de faire escale. Non loin de là, le jardin Glover, véritable musée à ciel ouvert, rassemble des résidences coloniales occidentales du XIXe siècle, témoignant du passé cosmopolite de la ville. La vue sur le port depuis l’ancienne résidence Glover offre une vue unique surplombant la ville. On sent bien que le printemps s’installe avec les bourgeons des sakuras (cerisiers) qui fleuriront d’ici trois semaines. Nous pouvons tout de même apprécier les fleurs de magnolias et de pruniers.
Mais l’âme de Nagasaki se dévoile aussi à travers son histoire douloureuse. Notre première étape est le Musée de la Bombe atomique, un lieu de mémoire poignant. Le 9 août 1945 à 11h02, l’avion bombardier B-29 « Bockscar » largua la bombe au plutonium « Fat Man » sur Nagasaki, visant principalement les usines d’aciéries et d’armements de Mitsubishi, après une reconnaissance infructueuse sur une cible alternative. 3 jours après la bombe qui a détruit Hiroshima. La déflagration détruisit près de 3,8 km², causant la mort immédiate d’environ 75 000 personnes, sans compter les innombrables victimes des radiations dans les années suivantes pour mener le nombre de morts à près de 200 000. Le musée empreint de sobriété raconte cette tragédie avec humanité, nous invitant à ne jamais oublier l’horreur et à aspirer à la paix, particulièrement en ces temps de grande instabilité mondiale.
À proximité, le Parc de la Paix offre un moment de recueillement et de sérénité. Nous parcourons les sentiers qui mènent aux monuments et statues dédiés aux victimes, dont l’imposante Statue de la Paix, un symbole fort : une main levée vers le ciel en rappel de la menace nucléaire, l’autre tendue à l’horizon en signe d’espoir. L’atmosphère est solennelle, propice à la réflexion sur la fragilité de la condition humaine.
Changeons d’atmosphère et dirigeons-nous au sommet du mont Inasa. L’observatoire offre l’un des panoramas les plus spectaculaires du Japon. Situé à environ 333 mètres d’altitude, il domine toute la ville et son port, révélant un paysage urbain entouré de collines et ouvert sur la mer. C’est en funiculaire que nous y accédons. Depuis la plateforme d’observation, on profite d’une vue panoramique à 360° qui permet d’apercevoir non seulement Nagasaki, mais aussi par temps clair les îles Gotō, la région d’Unzen et l’archipel d’Amakusa.
Après ces émotions intenses, nous nous dirigeons vers le secteur de l’église catholique Ōura pour un lunch libre. Voyage Louise Drouin a tout prévu. Les voyageurs reçoivent un montant en yens dont ils peuvent disposer à leur guise pour le lunch. Sushi, Champon ou shippoku, un savant mélange de cuisine japonaise, chinoise et occidentale. Eric et moi nous occupons du dessert en offrant les petits gâteaux portugais canellas, héritage des missionnaires venus tenter d’évangéliser les japonais et qui ont facilement trouvé preneurs!
L’église catholique d’Ōura, construite en 1864 par les missionnaires français Louis Furet et Bernard Petitjean, est la plus ancienne église du Japon encore debout. Elle fut érigée en hommage aux 26 martyrs japonais crucifiés en 1597 sur ordre du shogun Toyotomi Hideyoshi. Classée Trésor national, cette église gothique incarne le lien historique entre le Japon et l’Occident, un lieu chargé d’histoire et de spiritualité.
L’après-midi nous conduit au jardin Glover, une incursion dans le monde des chantiers navals qui ont fait l’histoire de Nagasaki. Ce parc enchanteur abrite plusieurs maisons coloniales européennes du XIXe siècle, rappelant l’époque où Nagasaki était l’un des rares ports ouverts au commerce international. La vue panoramique depuis la résidence Glover, qui domine le port en amphithéâtre naturel, offre une vue imprenable sur la baie de Nagasaki. C’est l’occasion de s’arrêter, de prendre des photos, de simplement respirer cette atmosphère unique.
En fin d’après-midi, un peu de magasinage en regagnant le navire est un incontournable pour certaines. Cette première journée d’immersion au Japon nous a rempli d’émotions, nourri l’esprit par cette journée riche, histoire, culture et en beauté.
Avec nos 4,5 km dans les jambes, nous rentrons tranquillement nous reposer et nous préparer pour une autre très belle journée à Kagoshima demain. Le capitaine Kostas nous annonce une belle météo, alors, c’est parfait …! Vous ai-je dit que j’aime le Japon ?
P.S. Le Japon c’est un monde en soi. Ici....
On s’incline sous un Torii par respect pour le sanctuaire dans lequel on entre et sort;
On s’incline pour saluer ou remercier un interlocuteur;
On remet l’argent dans le présentoir pour payer plutôt que de remettre l’argent main à main;
Les toilettes, même publiques sont chauffées;
Les chauffeurs de taxis ont des gants blancs;
La grue japonaise (oiseau) est le symbole de la paix;
On rapporte ses déchets chez soi, il n’y a pas ou peu de poubelles en ville;
La carpe Koi (poisson) est synonyme de force, de persévérance et de réussite. Elle représente quelqu’un qui surmonte les obstacles et finit par triompher étant capable de remonter une rivière et de franchir une cascade;
On ne mange, ni ne se mouche en public;
On marche à gauche sur le trottoir.
Sur ce, Bonne nuit,
Eric, Marie-Christine et leurs amis voyageurs























































































