Accompagnée par
Lucie Garneau
Villes visitées
Sydney, Alice Spring, Ayers Rock, Melbourne, Vallée de Yarra, Great Ocean Road, Parc national des monts Grampians, Adélaïde, Blue Mountains


Bonjour les lève-tôt!


Lève-tôt? C’est le cas de le dire car du moins pour nous. Départ valise en main : 6h45 et on s’embarque pour 468 kilomètres en plein désert, ou presque, pour six heures de trajet, plus les pauses “pipitoresques” et …autres. Direction Ayers Rock. Température au départ, tiens c’est plus frais ce matin, à peine 18 degrés, au milieu du désert, avec les vents, c’est 15 degrés Celsius que le thermomètre nous indique lorsque nous mettons le pied dehors. Alors que la “clim” tirait de la patte hier à 38 degrés Celsius, ce matin on a même demandé de l’arrêter, c’est pour vous dire comment nous sommes devenus frileux hihi!


La thématique du jour sera axée sur la recherche animalière. Et oui, on s’est déguisé en “Arthur l’aventurier” pour trouver les espèces endémiques de l’Australie. Non, nous n’allons pas au zoo alors bonne chance pour la chasse visuelle. Nous avons opté pour une version simplifiée et adaptée de la populaire chanson : 10 moutons, 9 moineaux, 8 marmorttes…qui est devenue pour nous : “ pleins d’émeux, quatre vaches maigres, trois kangourous au loin et de, nombreux dromadaires sauvages ….mais pas de souris verte! Les émeux, et oui, cet animal vient de l’Australie, mais il ne paie pas de mine, du moins ceux qu’on a vu sur une ferme d’élevage, spécialement la coquette que vous voyez en solitaire sur une photo. Mais, de voir des animaux si près est toujours émouvant. Les paysages désertiques prennent de leur côté des allures exotiques avec les dromadaires sauvages que nous avons croisés au loin. On se croirait dans les films comme Bagdad Café ou, Paris Texas.


Grand nombre des voyageurs se sont laissés aller à la rêverie, d’autres photographiaient à même l’autocar, les uns essayaient de résoudre des énigmes de leurs petits jeux sur leur tablette alors que certains lisaient la Presse + mais avec des jours de retard car vous vous souvenez, on a 16 heures d’avance sur vous!


Tout au long de notre trajet, notre André national en a profité pour nous donner un cours d’aborigène 101. Ces derniers sont venus à pied de la Papouasie il y a 55 000 ans, il faut se rappeler que les mers n’étant pas présentent sur ce territoire à cette époque. À leur tour, ces aborigènes furent très surpris lorsqu’ils virent les premiers hommes blancs arrivés, des gens bien étranges. Les aborigènes formaient 250 nations pour autant de langues parlées; ajoutez à cela 150 dialectes tout à l’oral car on parle ici de langues orales, aucune d’elles écrites, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Une des particularité importante de ces peuples vient du fait qu’ils n’ont pas de tribus, pas de chef; les aînés leur servant de décideurs. Aujourd’hui, seulement 30 nations ont survécu. Ils vivent toujours au rythme de la nature, cette dernière tient lieu de supermarché, de pharmacie et de croyances spirituelles. Leurs ancêtres auraient créé les montagnes et tout ce que la nature leur apporte. Aujourd’hui, on les dirait sexistes car alors que des endroits sont réservés aux hommes comme des montagnes et leur rocher, d’autres profitent aux femmes uniquement mais, tous et toutes préfèrent toujours ces façons de faire. Vous pouvez les rencontrer sur la rue sans savoir qu’ils appartiennent à ces peuples, il faut dire que de nombreux métissages ont eu lieu, ils sont parfois vêtus comme nous bien que la plupart d’entre eux vivent toujours dans des tentes de bois. Les autres peuples par contre, ne sont pas invités dans leur village. Ils chassent et pêchent toujours comme leurs ancêtres et particulièrement les espèces de concombres de mer, une espèce ressemblant à la célèbre paloirde royale dont nous avons tant entendu parlé par Boucar Diouf. Aujourd’hui, on compte environ 450 000 aborigènes en Australie qui se dispersent principalement dans le territoire immense du centre de ce pays là même où nous sommes principalement.


Nous n’avons pas croisé de nombreuses habitation au plus une ici et là, des ranchs éleveurs de gigantesques troupeaux, parfois au nombre de 60 000 têtes de boeufs et plus. Les anglais sont arrivés ici pendant la révolution industrielle de leur pays mais les hollandais avaient déjà conquis ce territoire. Un fait unique de cette colonie est qu’elle fut fondée par des bagnards (1300) ou si vous préférez par des …voleurs. En 80 ans, 163 000 d’entre eux se sont retrouvés en Australie. Les anglais vidaient leur prison de leurs prisonniers, qui la plupart avaient commis de bien petits délis, rien à voir avec de grands criminels, c’est pour cette raison que cette colonie créé à l’époque de James Cook, venu sur les côtes, est dite colonie pénale. Après une période de sept ans, ces hommes étaient libres et ont par la suite développé le pays grâce à leur savoir manuel alors que d’autres avaient des talents fous en architecture. Une dame, Mary Reyney, que l’on retrouve maintenant sur leur billet de 20 dollars austealiens, bien qu’ayant volé un cheval à douze ans, s’est avéré par la suite une riche femme d’affaires influente et prospère au XIXe siècle, gérant des entreprises de navigation et de commerce à Sydney. On l’honore aujourd’hui pour son apport au développement de ces territoires. Un autre bagnard ayant fabriqué des cercueils de bois pendant les sept ans de sa période de probation, inventa le métier de pompes funèbres en Australie. Tout ces nouveaux arrivants ont dû s’adapter aux coutumes alimentaires de ces peuples aborigènes car, de ce qu’ils connaissaient de leur régime alimentaire européen, aucun n’était approprié à sa croissance sur ces terres de sable.


Grâce à ces peuples créateurs, l’Australie a inscrit deux animaux particuliers sur ses armoiries soit l’émeut et le kangourou, pourquoi donc ces deux espèces? Comme ces deux animaux qui sont connus pour ne pouvoir reculer, les australiens aussi ne reculent devant rien, ils ont choisi d’avancer pour survivre et progresser, un beau principe non?


On file toujours vers notre destination finale Ayers Rock ou si vous préférez en langue aborigène Uluru. Cet ensemble de rochers, qu’on appelle ‘’inselberg’’, ont donné naissance au parc national d’Uluru-Kata Tjuta, dont le plus haut sommet, le mont Olga 1070 mètres; est classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (1987) et est devenu l’emblème de l’Outback, au même titre que l’Opéra de Sydney. De toutes les étendues de plaines sur laquelle circulait l’autocar depuis le début de la matinée, apparaît soudain une colline isolée qui domine significativement le plateau. Non, nous aussi on s’est laissé prendre comme bon nombre de touristes car le premier gros rocher rencontré n’est pas Uluru mais plutôt le “The Olgas “, un faux Uluru, que voulez-vous, on se crée des attentes après plus de 400 km de route et hypnotisé de ces lieux enchanteurs au loin. On devra patienter jusqu’à demain pour se rapprocher de l’original Uluru.


En cours de trajet, un petit arrêt nous a permis de grimper une minuscule colline de sable rouge sur lequel se trouvait d’immenses étendues de sel, non exportable car trop loin de tout, là au milieu de nulle part.


Après notre arrêt pour un petit lunch dans notre bel hôtel Sails in the Desert, nous allons à la découverte du Parc Kata Tjuta. La campagne est jolie et notre ravissement est au comble en voyant cet ensemble de 36 immenses rochers arrondis, côte à côte formant une chaîne paisible …aux teintes orangée brûlée. Nos photos sont nombreuses, on les prend de tous les angles pour ne rien manquer de leur splendeur. Ils reposent là, tranquille apportant sérénité au lieu.


Poursuivant notre route, André nous invite à faire une petite randonnée qui nous permet d’entrer discrètement parmi des rochers, une splendide balade pour découvrir ce géant des roches avec ses trous noirs, ses mélanges d’ocre et de rouille qui reposent sur les verts des broussailles à ses pieds, une beauté incommensurable, un pouvoir magique qui impose une plénitude complète, on revient de cette courte randonnée le sourire permanent au visage.


Un peu plus loin, une autre halte sur une colline nous offre aussi un magnifique point de vue de ces rochers dominants le paysages. Ici, la mer doit céder son pouvoir d’attraction à ces gros minéraux qui en imposent. Encore là, on est ravi et vous le serez aussi en regardant nos photos.


Il nous faut maintenant retourner en nous gardant le meilleur pour demain, le vrai, l’inimitable Uluru.


On apprend que notre second souper BBQ qui se déroule toujours à l’extérieur est annulé en raison de fortes possibilités de tonnerre et éclairs sur les lieux de l’événement mais en finale, le gargantuesque buffet auquel nous avons eu droit à l’hôtel nous a vite fait oublier le BBQ. On a même eu droit à deux versions de viande de …kangourou, une viande maigre tout à fait succulente. Huître, crevettes géantes, moules, agneau étaient également au menu pour nos palais les plus fins.


Si vous apercevez des photos des tableaux, des toiles de nos hôtels, c’est que nous voulons vous faire partager l’ambiance de nos hôtels. À date, l’art aborigène règne en maître un peu partout. Vous remarquerez leur technique des petits points qui prime dans la plupart de leur ouvrage, un souci du détail dans chacune de leur oeuvre, on ressent bien leur contact privilégié avec la nature.


Tard, il est très tard, on a rapidement couru vers notre lit du désert…sans sable dans les yeux.


On vous dit à demain pour notre rencontre avec l’Uluru et pour notre arrivée dans une ville australienne moderne, gratte-ciel en plus.


Lucie

Photos Lucie et Josée