Bonjour amateurs de voyages!
Ce matin, pas de lève-tôt à l’horizon. Ils ont bien raison nos voyageurs puisque nous restons à bord toute la journée. Alors certains débutent leur entraînement de marche et de longueurs de piscine très tôt car la journée s’annonce excessivement chaude.
Le capitaine nous avait donné rendez-vous entre 11h00 et 12h00. Pour voir quoi? Pas de fjord sur ce parcours. Pas de iceberg. À 450 km des côtes. Alors quoi? Une île. Juste cela on se disait tous?
Mais après des recherches on s’aperçoit que cette île, Willis Island, a quelque chose de bien particulier. Non, pas de château. Pas de ‘’resort’’. Aucune référence touristique avec les deux îles privées de Disney. Alors quoi?
L’île corallienne d'Australie située dans la mer de Corail, fait à peine entre 450 et 500 mètres de long par 150 mètres de large avec une attitude maximale de 9 à 10 mètres. Willis Island a été découverte par les Européens en 1853 par le capitaine Georges Pearson ( peut-être un arrière-arrière-arrière grand-père de notre collègue André…Pearson qui sait, ah ces Pearson, ils ont du sang de voyageur dans les veines!) à bord du navire Cashmere qui appartenait à la compagnie… Henry H. Willis & Co, une compagnie internationale de courtage en assurance dont le siège se trouve encore dans l'immeuble Willis à Londres. Lors de son voyage vers les Indes via le détroit de Torrès, Pearson aperçut deux petites îles non répertoriées sur les cartes maritimes de l'époque. En bon gentleman, il décida alors de les nommer en hommage aux propriétaires du navire, je reconnais là, la bonté des Pearson!
En 1860, les îles furent cartographiées par le capitaine Henry Mangles Denham à bord du HMS Herald. Cette expédition permit d'affiner les connaissances sur la géographie des îles et d'établir des observations précises sur leur position.
À la fin du XIXe siècle, les îles devinrent un site d'exploitation du… guano, vous savez cette matière fertilisante naturelle provenant de l'accumulation d'excréments, principalement ceux des oiseaux marins et …des chauves-souris. Elle est riche en azote et en phosphore, ce qui en fait un excellent engrais. Lorsque cette ressource s'épuisa, on abandonna les îles.
Puis, en 1918, après plusieurs catastrophes cycloniques qui frappèrent les villes australiennes de Mackay et Innisfail, le gouvernement envisagea la création d'une station d'alerte aux tempêtes dans la mer de Corail. Trois ans plus tard, le 1er octobre 1921, un groupe de quinze personnes menées par John King Davis quitta Melbourne pour l'île Willis. Ils débarquèrent sur l'île de Willis le 14 octobre avec 150 tonnes de marchandises, principalement des matériaux de construction. Trois semaines plus tard…palam !!! une station météorologique était née. Le 8 novembre à 9 h, le capitaine Davis transmit par radio la première observation météorologique depuis l'île.
Maintenant, cette station météorologique héberge une équipe d’observateurs météorologiques, dont un officier responsable et un officier technique (ingénieur en électronique) de …quatre personnes qui résident sur l'île qui se relaient tous les six mois pour surveiller les cyclones tropicaux sur son unique structure habitée. Elle est gérée par le Bureau de météorologie (BOM) et a été réaménagée en 2006 afin de résister aux cyclones de catégorie 5, ce qui en fait le seul centre d'alerte précoce aux cyclones dans le nord du Queensland et site crucial pour l'observation continue du climat maritime et des conditions météorologiques.
Le 2 février 2011, l'œil du violent cyclone tropical Yasi est passé au-dessus de l'île, provoquant d'importants dégâts aux équipements de la station ainsi qu'à la flore et à la faune de l'île. Une décennie plus tard, en décembre 2023, l'île se situe sur la trajectoire du cyclone Jasper. Ce ne fut guère mieux. L’autre distinction de l’île Willis? Son isolement, parmi les stations météorologiques les plus isolées au monde. C’est pourquoi le destroyer lance-missiles de la marine australienne HMAS Brisbane a été détourné pour évacuer les quatre membres du BOM en mission sur l'île.
La veille, j’avais avisé tous mes voyageurs de se rendre un peu avant 11h00 sur les ponts car si les navires sont quelques fois plus tard que prévu, ils sont aussi parfois plus tôt. En fin de matinée, nous étions donc nous aussi isolés en mer à environ 450 km au large de Cairns, avec comme environnement naturel les récifs coralliens florissants et …de nombreux oiseaux.
Quelle ne fut pas notre surprise de voir au loin, parmi cette mer émeraude, entourée de massifs coraliens, un bâtiment plat isolé, et aucun voisin à l’horizon. Bien sûr, nous ne pouvions pas accoster sur cette réserve protégée. Les espèces de la faune aviaire qui y ont élu domicile en ont fait un lieu de nidification et de reproduction important pour chacune des nombreuses espèces d'oiseaux marins, notamment des fous.
Bien que trop loin pour les voir, les oiseaux nicheurs les plus communs de l’île Willis sont : les puffins à queue cunéiforme, les sternes fuligineuses et les noddis (commun et noir). D'autres oiseaux qui nichent ou visitent fréquemment l'île incluent les fous masqués, bruns et à pieds rouges (si vous cherchez son portrait sur Google, vous verrez qu’ils sont mignons avec leur silhouette blanche et noire, leurs pattes palmées rouges, également un petit brin de rouge sous leur bec bleu), ainsi que les frégates mineures et arides, et les sternes huppées. Fréquemment observés aussi, les puffins à queue cunéiforme, les sternes fuligineuses, les râles à ventre rayé, ces derniers y ont élu domicile. En fait la situation pour les oiseaux nicheurs, si on fait abstraction de la station météorologique, doit ressembler un peu à Bonaventure en Gaspésie, après tout, ces fous masqués bruns et à pieds rouges sont sûrement les petits cousins de nos fous de Bassan.
Notre capitaine a pris soin de tourner autour de l’île afin que chacun puisse bien voir cette toute petite île perdue dans la mer de Corail. Une autre belle surprise fut le moment où notre capitaine a fait la conversation en direct avec une représentante de la station météorologique qui nous a parlé du fonctionnement et de la vie du personnel sur cette île. Ce moment unique restera à jamais marqué dans notre coeur.
Quelle belle surprise ce passage dans l’antre des fous!
Petit après-midi relaxe sur les ponts. Puis, en fin d’après-midi, on s’était donné rendez-vous au bar de ce fameux Magic Carpet sur le pont 15. Quel soleil et …quelle chaleur. Finalement, on a su qu’hier à Port Douglass, il avait fait 44 degrés Celsius et avec l’humidité, la température doit être sensiblement la même aujourd’hui. Une belle fin d’après-midi dans cette plate-forme accrochée au sommet du navire. On y a vu le soleil nous laisser à nos rires et nos souvenirs de voyage. Cette rencontre se termine par un succulent souper entre amis à la salle à manger Normandie.
Pour les plus courageux qui acceptent de se coucher plus tard, il y a eu la célèbre discothèque silencieuse où nous portons un casque d’écoute avec un choix de trois musique différentes. Brigitte, Renée, André, Josée, moi-même sans oublier notre valeureux danseur Yvon, nous nous sommes bien amusés en alternant nos choix musicaux passant du latino, aux disco des années 70-80 et nous déhanchant également sur des musiques plus récentes mais, nous n’étions pas les seuls. La piste de danse affichait complète surtout avec ce groupe de dames aux perruques de toutes les couleurs qui avaient vraisemblablement décider de se laisser aller en suivant le rythme d’une petite dame noire ma foi fort énergique. Une expérience à vivre au moins une fois lors d‘une croisière.
Demain et après-demain? On poursuit le volet ‘’farniente’’ de notre voyage : deux belles journées en mer!
On sera quand même là pour vous rapporter ‘’nos faits et gestes’’ mais pas nécessairement dans les détails hihi!!! Après tout, ce qui se passe en Australie…reste en Australie!
Allez, on vous laisse, on s’en va sur les ponts pour une dernière chaude et douce caresse des vents!
Lucie
Photos Lucie et Josée





































































