Bonjour amateurs d’expériences de toutes sortes…
Car aujourd’hui depuis Cairns, vous partez avec nous en autocar pour poursuivre en téléphérique, pour prendre un train, revenir en autocar …vers notre navire. Ne manquera que l’avion, mais en téléphérique, on sera près du ciel!
D’abord, nous sommes accueillis au port de Yorkeys Knob par notre nouvelle guide Isabelle et notre chauffeur Danny, qui sert de port principal pour les navires de croisières à 20 minutes de Cairns. Cette ville compte 185 000 habitants et se voie ceinturer d’un côté par les pentes verdoyantes de la Great Dividing Range ou, si vous préférez la Cordillère australienne côté est, la région tapissée d’exotiques forêts primaires pluviales, et de l’autre, par les eaux bleues turquoises de la mer de Corail, dont la splendeur culmine dans l’extravagante étendue de sa légendaire Grande Barrière. Pas mal comme terrain de jeux non? Fondée en 1876 par William Wellington Cairns, la ville a connu ses heures de gloire à l’époque des chercheurs d’or. Son économie fut par contre de courte durée au profit de Port Douglas, proposant une voie d’accès plus facile. Aujourd’hui, tourisme de plein air, minerais font sa renommée. La canne à sucre quant à elle, est sur son déclin.
Cairns a tout d’une destination jeune et branchée avec son titre de première mecque du tourisme tropical en Australie. Mais qu’est-ce qui fait de la région de Cairns une cité moderne si populaire nous direz-vous? Tout d’abord, un premier critère et non le moindre, le même climat tropical pratiquement toute l’année si propice aux cultures exotiques. Pour nous, ici ‘’Exit’’ la notion d’hiver avec sa froidure, ses flocons, ses tempêtes et ses pneus d’hiver. Ici, un ciel azur, un soleil permanent et des températures fleurant les 25° à 30° Celsius invite les australiens à s’y établir. Ça vous plait comme tableau? Nous aussi.
Alors prêt pour l’aventure? Direction le Parc de Kuranda et son téléphérique, le Skyrail Rainforest Cableway. Skieurs habitués au téléphérique pour vos descentes de ski au-dessus des montagnes enneigées, ici notre périple fut un voyage de 7,5 km, (l’un des plus longs funiculaires au monde), au-dessus de la majestueuse canopée de la forêt primaire tropicale humide australienne, l’une des plus anciennes de tous les continents et classée au patrimoine mondial. Confortablement installé dans nos cabines de 6 passagers, on s’est faufilé à quelques mètres au-dessus de la canopée, profitant de panoramas spectaculaires sur un ‘’océan vert’’, avant de descendre progressivement au cœur même de la forêt pour rejoindre la terre ferme à Kuranda. Cette région, grande de 9000 km carré, est protégé par l’Unesco depuis 1980, et elle comporte 14 parcs nationaux.
Nous avons traversé trois sections de la montagne avant notre destination finale. Deux arrêts. D’abord, en se dirigeant vers les chûtes Barron, Isabelle nous parle des plantes qui sont un peu comme le velcro. On descend le long de la tige et c’est doux et plus difficile de la remonter, mais ce ne fut pas le cas de France qui a déjoué les plans d’Isabelle. Ici, les bois de la forêt se font manger par les insectes et deviennent donc inutilisables par la suite. L’aspect le plus remarquable de cette forêt ? Les différentes sortes de fougères géantes. Différents noms colorés les identifient bien: fougères nids d’oiseaux du haut desquels des amoncellements des feuilles de fougères mortes s’accumulent et forment un espèce de nid d’oiseau géant, il a y les fougères paniers, les fougères éventail, les fougères palmiers….. Dans ce type de forêts humides, contrairement à nos forêts, la variété domine. 3000 espèces de plantes différentes qui se diversifient selon la place qu’elles occupent en hauteur. Ces endroit en montagne, c’est la Cordillère australienne, la colonne vertébrale de l’Australie, la cousine de la Cordillère des Andes en Amérique du sud. C’est aussi le paradis des araignées. Et pas n’importe lesquelles. Leur taille impressionne, leur toile aussi, rien à voir avec celles que l’on voie à l’occasion chez nous. Nous en aurons vu plusieurs parfois avec une certaine crainte parmi nos voyageurs mais elles sont inoffensives…pour la plupart d’entre elles. Un autre animal dont Isabelle nous parle, habitant de cette forêt, mais invisible lors de notre passage, le cassoir. Il ressemble à une espèce d’émeu, le cou bleu foncé avec un genre de crête mais il ne gagnerait pas un concours de beauté. En voie d’extinction, il possède la particularité de manger des fruits forts en toxynes dont ils rejettent les graines sans subir les conséquences de certains malaises “gastriques” et assure par le fait même la reproduction de ces plantes. La nature fait bien les choses non? En prime, nous avions toujours le chant intense et vibrant des colonies de cigales en “back ground”.
Ces haltes nous ont permis d’admirer les monumentales chutes de la riviè Barrone, parmi les plus grandes cascades du Grand Nord du Queensland et également connues sous le nom de ‘’Din Din’’ par le peuple Djabuganydji Bama. La vue imprenable sur la puissance et la beauté des chutes (dont la plus haute est de 260 m) et de leurs affleurements rocheux, était un spectacle insolite d’autant plus qu’il avait plu les jours précédents. Nous n’étions pas étonnés d’apprendre que le parc national des Gorges de la rivière Barronne, dont elles font parties, est classé lui aussi comme site du patrimoine mondial des Tropiques humides en raison de sa riche biodiversité et de son importance géologique. Quelle chance nous avons eu que les nuages se soient dissiper pour nous laisser entrevoir ce spectacle du haut des sentiers et lors de notre passage confortablement assis dans le téléphérique. Un petit magasin, en pleine forêt, nous a permis de voir des collections de papillons d’un bleu intense, tournant au pourpre, montés dans de petites boîtes, exactement la même espèce que dans le film québécois “Le papillon bleu” racontant un fait vécu par notre célèbre enthomologiste Georges Brassard. Comme ces espèces sont nocturnes, il aurait fallu venir de nuit pour possiblement les apercevoir mais comme ils sont magnifiques. Vous saviez vous que la durée de vie des papillons dépend de la vitesse de leur vol? Plus ils volent vite, plus brève est leur vie.
Après un bref dîner et la visite de quelques boutiques dans le petit village Kuranda, nous nous sommes rendus à la station de train pour entreprende la balade du légendaire Kuranda Scenic Railway. Ici, oubliez le TGV. C’est plutôt un TLV, c’est-à dire, “train lente vitesse”. Ce très vieux train muni de longs sièges de bois pour six passagers date de l’époque de la période de la ruée vers l’or et s’est offert une deuxième vie…touristique cette fois-ci. À l’époque, on recherche l’or même sur le haut des montagnes. Comme la route se cassait, le chemin de fer a permis de faire progresser les explorations. Les arrêts du train, nous ont permis une fois de plus de revoir les saisissantes chutes et la gorge de la rivière Barron sous un autre angle, plus, une petite chute plus discrète celle-là, la Stoney Creek, mais toute en hauteur. Lors d’un long virage, en passant sur un pont, on a pu voir la locomotive de tête d’un beau bleu aux dessins et couleurs fantaisistes avec ses 14 wagons blanc et rouge qui serpentaient à travers la montagne.
Cette voie de chemin de fer, de 37 kimomètres avec ses 37 ponts vertigineux et ses 15 tunnels creusés par main d’hommes, est la même que dans le début des années 1800. Elle nous a également permis de voir lors d’un arrêt, la ville de Cairns au loin. Du bas de la montagne, il paraît qu’on appelait ce paysage “la cicatrice rouge” de la couleur de la roche. Quelle belle façon de relier le village de Kuranda à la ville de Cairns.
D’être positionné au-dessus de cette impressionnante végétation, de ces immenses arbres et fougères, nous a permis de bien comprendre la forêt tropicale. Nous étions tous bien heureux de faire cette journée d’activités en téléphérique et en train car les plages sont inexistantes ici. Les rives boueuses, appelées mangrove, cet écosystème de forêt littorale tropicale et subtropicale, entourées d’arbres qui peuvent vivre dans des zones d'eau saumâtre, entre terre et mer, au rythme des marée, n’auraient pas été appropriées pour nos bikinis. Tout comme à Airlie Beach hier, les Australiens, jamais prêts à s’avouer vaincus, ont aménagé un autre lagon artificiel : une splendide piscine à ciel ouvert bâti sur l’Esplanade, le front de mer du centre-ville où les résidents peuvent profiter de leur température clémente à l’année longue.
Un voyage nature disions-nous? À coup sûr !
Au lieu de compter les moutons ce soir; autres pays, autres mœurs, si on comptait …les papillons colorés? On entendra sûrement le chant des cigales dans nos rêves!
Demain, la mer nous appelle, on vous y attend?
Allez, bonne nuit!
Lucie
Photos Lucie et Josée


















































































































































































