Ce matin, un beau bonjour ‘’brisbanais’’ puisque cette ville, Brisbane, constitue notre première escale,
Après une journée de ‘’farniente’’ en mer, on reprend notre rythme de découvreur.
À nous Brisbane et sa Sunshine Coast! Sunshine? Mais pas aujourd’hui car il pleut! D’abord son étrange nom tire son origine d’un mot aborigène « Meanjin » ou 'Mian-jin' par la tribu Turrbul, qui signifie « lieu en forme de pointe ». Un certain Sir Thomas… Brisbane, le gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud de 1821 à 1825, lui donna son nom, modeste notre monsieur Brisbane hihi! Aujourd’hui, cette ville abrite 2 568 000 habitants et se situe sur la côte est de l’Australie, et brille comme capitale dynamique et normalement ensoleillée de l’État du Queensland. Elle décroche la médaille de bronze, après Sydney et Melbourne comme plus grande ville du pays.
On retrouve avec grand plaisir notre guide adoré, André, qui nous invite à l’exploration de sa ville. La distance entre le port et la ville fait une dizaine de kilomètres. Dans ce secteur industriel, on y rencontre d’anciens véhicules blindés militaires. Décor étrange. D’abord, son cours d’eau : la Brisbane River, ce large fleuve (340 km) aux courbes gracieuses, qui se faufile à travers la ville et lui confère son caractère distinct.
La visite en autocar de la ville, nous permet de voir des petits voiliers ici et là amarrés. Bien que plus modeste que les villes précédentes, on y apprend que son économie repose sur les secteurs des finances, du tourisme et tient lieu de siège social du Queensland. En 2011, une inondation avec son importante quantité d’eau, a envahi la ville sur l’équivalent de deux étages. Bien que les dégâts furent importants, rien n’y paraît aujourd’hui. Les aborigènes les avaient pourtant prévenus. Ils avaient le compas dans l’oeil ces nations et le « météomédia « à fleur de peau!
Nous avons circulé dans le quartier de Fortitude Valley. Un premier mur de pierres, imposant, rappelle les ouvrages auxquels ont participé les prisonniers appelés bagnards, dans toute l’Australie ou presque.
Pour les résidents de la ville, il n’en coûte que 50 …centimes pour tous les transports publics, vous imaginez les économies sur un budget familial, belle initiative de la ville. Le plan d’urbaniste du centre-ville est simple à comprendre, les rues qui longent la rivière portent des noms de princes et, ses rues perpendiculaires, ceux des princesses, et voilà pour la monarchie!
La jolie cathédrale Saint-John avec ses pierres roses, beiges et grises se démarquent de toutes celles vues précédemment dans les autres villes et Brisbane possède à son tour un monument mémorial ANZAC en hommage aux soldats morts à la guerre. De beaux bâtiments sont à noter: la station de chemin de fer, le spendide School of arts, Au loin, au fond de la rue principale, la tour de l’horloge sonne à toutes les heures, oreilles fragiles s’abstenir.
À Brisbane, les rues notables sont Ann et St-Georges. La grande particularité de cette ville est la présence de ses 18 ponts qui bordent les maisons « Terrace house » de style anglais, que nous croisons à chaque tournant de la rivière Brisbane. Tous possèdent une architecture qui lui est propre. D’ailleurs, l’emblême de la ville est justement l’un d’entre eux, le Story Bridge (1940), construit par le même architecte que le pont de Sydney et qui demeure son petit frère jumeau. Il y a même, tenez-vous bien, un pont strictement réservé aux piétons et on peut vous dire que ce dernier est fort utilisé car on les a vu le traverser à l’heure de pointe. André nous parle du William Bridge qui à l’instar du pont de Québec a lui aussi connu ses déboires puisqu’il en est à sa troisième version, la première, construite en bois, la pourriture en aurait eu raison, la deuxième, construite en acier, l’inondation l’ayant emportée, mais la troisème semble être un succès.
Nous avons délaissé la ville pour nous rendre vers le clou de cette excursion, le plus ancien et plus grand sanctuaire de mignons minuscules oursons au monde …le ‘’Lone Pine Koala Sanctuary’’, situé à environ 12 kilomètres du centre de Brisbane. Que voulez-vous, ces jolis koalas ressemblent à s’y méprendre aux ‘’toutous’’ de nos petits-enfants. Créé en 1927, on a appris que le sanctuaire doit son nom à un grand pin de Norfolk planté en 1867 par Daniel Clarkson.
On raconte qu’à ses débuts, le parc ne comptait que deux koalas : Jack et Jill. Le parc a commencé à se faire connaître durant la Seconde Guerre mondiale lorsque des américains, y compris la femme de Douglas MacArthur, visitèrent le parc pour découvrir la faune et la flore australienne. Petit à petit, le parc gagna en notoriété et évolua, jusqu'à devenir la plus grande réserve de koalas au monde.
Les lieux sont vastes et on se demandait par où commencer, c’est alors que André nous invite à le suivre vers la vedette des lieux: l’ornithorynque, vous connaissez? Cet animal semi-aquatique, endémique d’ici, de l'est de l'Australie, possède un bec de canard et une queue de castor. Le seul ordre des mammifères qui pond des œufs au lieu de donner naissance à des petits complètement formés. Eh bien, la réserve a adopté un ornithorynque nommé Barak en 2010. Barak a voyagé depuis Melbourne jusqu'au parc en première classe, oh pardon, et habite désormais dans un gigantesque aquarium qui a coûté plus d'un million de dollars. En terme humain, on appelle ça ‘’la classe affaire’’. Je crois bien que c’était un de ses descendants que nous avons eu la chance d’entrevoir car c’est un champion nageur et possiblement un tout jeune car il était de taille bien petite. Pour celles et ceux que l’histoire de cet étrange animal intéresse, rendez-vous sur le canal Explora, cherchez le documentaire “Le gardien des ornithorynques”, un bijou de reportage qui allie science et humanité.
Par la suite, comme la visite est libre, chacun y va de ses préférences animales mais évidemment, on opte pour la faune emblématique du pays (70 espèces différentes) : koalas (100), kangourous, wombats, dingo, de nombreux reptiles: serpents, lézards, tortues, crocodiles et grenouilles mais aussi tous aussi beaux; plusieurs espèces d'oiseaux : perroquets, kookaburras, aigles et chouettes…
Les nombreux koalas étaient là, mangeant des feuilles d’eucalyptus dans les arbres, dormant accrochés aux arbres avec leur petits appelés Joey. Sur une note moins joyeuse, on a appris qu’en 2019-2020, jusqu'à 60 000 koalas ont été tués ou déplacés lors de puissants incendies.
Le Lone Pine est resté un lieu quelque peu sauvage, la végétation y est foisonnante et abrite des dragons d'eau (lézards de taille moyenne), des dindes sauvages ou encore des kookaburras en liberté. Le kookaburras c’est cette espèce de martin-chasseur trapu que l’on connaît au Québec, mais celui-ci séduit les dames oiseaux avec sa grosse tête blanche surmontée d'une calotte brune et un bec épais et signale toute présence sur son territoire par un chant puissant ressemblant à un rire « hou hou hou hou » et « ha ha ha »! Pas certaine qu’il serait digne d’être un candidat pour La Voix!
Depuis le début du circuit, le mot kangourou revenait pratiquement à chaque deux phrases prononcées par les voyageurs. On en avait vu en nature mais je ne sentais pas nos gens rassasiés, au Lone Pine…ils le furent. En entrant sur un vaste terrain, on les voie ici et là. Il y en a au moins une cinquantaine qui attendent des caresses…en échange de nourriture. Les voyageurs du groupe se sont fait plaisir en les touchant, constatant la douceur de leur pelage… tout cela dans leur habitat naturel. Ne vous surprenez pas alors que les photos abondent pour appuyer notre récit. Un des leurs, impressionné par la couleur bleue du parapluie de Josée l’a…complétement détruit en voulant l’examiné de plus près.
Il y avait égalememt ces espèces de perroquets arboricoles colorés de teintes puissantes de vert, de rouge, d’orangé, de bleu, de jaune qui, dans la nature, s’alimentent principalement de nectar et de pollen grâce à une langue spéciale en forme de brosse. On a remarqué qu’ils vivent en couples ou en groupes bruyants…très bruyants. Eux aussi, on aurait le goût d’en rapporter un à la maison.
Les gardiens racontent, qu’ici, au sanctuaire, à la fin des années 1930, un duo aussi improbable que célèbre : un berger allemand et un petit koala se sont liés d’amitié. Il paraît que le koala grimpait souvent sur le dos du chien, enroulait ses pattes avant autour de son cou, comme son espèce le fait autour des arbres, et les deux partaient se promener ensemble. De cette amitié insolite, des photos ont été croquées et furent largement diffusées, un bon coup de ‘’marketing’’, à l’époque où ce mot ne devait même pas exister et contribua à la renommée du sanctuaire.
Les amateurs de chiens ont été ravis de rencontrer enfin une espèce similaire à ces derniers : le dingo. Ils ont appris que les dingos jouent un rôle essentiel en tant que super prédateur en Australie. Ils contribuent même à maintenir l'équilibre écologique de plusieurs manières : ils limitent les populations d'herbivores comme les kangourous et les lapins, limitent les prédateurs introduits comme les renards et les chats, et préviennent ainsi le surpâturage. En contrôlant les espèces indésirables, le dingo soutient indirectement la survie des espèces indigènes plus vulnérables et protège la végétation. En les voyant, si on m’avait dit que c’était un chien, je l’aurais cru car la ressemblance est frappante mais attention, cette espèce demeure sauvage et peut s’en pren prendre au bétail des fermiers parole d’un chauffeur avec qui on a voyagé en début de voyage et qui a perdu 300 bêtes de sa ferme.
Pour compléter notre visite à l’extérieur de la ville, direction le Mont-Coot-Tha. Avant d'être rebaptisé Mont Coot-tha en 1883, la colline était connue sous le nom de "One-Tree Hill" (La colline à un arbre), en référence à un grand arbre solitaire qui se dressait au sommet après le défrichement initial par les arpenteurs européens. On a appris que cette colline fut utilisée comme base militaire secrète pendant la Seconde Guerre mondiale d’août 1942 à 1945 (ah, on comprend maintenant laprésence des anciens véhicules blindés de l’armée que l’on a vue en quittant le port). En fait, le Conseil municipal de Brisbane aurait prêté le parc à la marine américaine (US Navy 75 000 soldats) après l'attaque de Pearl Harbor, pour qu'il serve de dépôt de munitions et de mines. Sa forêt dense offrait un camouflage idéal pour le stockage de l'armement. Ah les chenapans! Aujourd’hui, elle sert de belvédère pour avoir une vue générale de la ville. Nous avons vu sa version…sous la brume mais quand même assez bien pour distinguer les grands édifices au loin, en ville. Sur le sol, André nous fait remarque les différentes couleurs de pierres disposées tout en courbe, étrange « design ». En fait, elles reproduisent en noir, la rivière qui circule à travers la ville et en beige, les terrains qui l’entourent, ah belle façon de meiux comprendre la géographie de la ville.
Nous empruntons une route diverse pour retourner en ville. Nous nous rendons sur les rives de la riviére au South Bank Parklands, réputé pour être un quartier culturel et récréatif exceptionnel, situé comme son nom l’indique au sud de la ville. On s’est retrouvé dans un vaste espace de loisirs verdoyant où se rencontrent jardins fleuris, aires de pique-nique. On constate rapidement que, espaces verts et aménagements urbains font bon ménage à Brisbane face aux immeubles du centre financier. Notre guide mentionne que ce superbe développement réalisé peu après l'exposition universelle de 1988, couvre une superficie de 17 hectares et s'intègre aux institutions culturelles, restaurants, cafés et boutiques.
On remarque aussi que côté ‘’jardin’’, les Parklands, allient jardins paysagers à une forêt tropicale reconstituée, un espace exceptionnel. On s’imagine réellement à Hawaï. Les passerelles toutes en courbes nous font oublier la ville pour quelques instants. Discrètement dissimulée dans ce paysage, une grande et magnifique pagode avec ses boiseries exotiques y a été déposée, cadeau du Népal. Nous n’avons pas osé sonner la jolie cloche népalaise mais la tentation était forte. Respect oblige! Pour se rendre à cette forêt, nous sommes préalablement passés par une voie couverte de bougainvillées, courbée elle aussi, qui nous avait conduit à un lagon et une …plage reconstituée (Streets Beach), bondés de jeux qui créent sûrement la joie des enfants…et adultes que nous avons croisés dans la tourniquette « à hamster ». Les lieux se veulent une reconstitution des joies de la mer…en ville pour les …11 000 000 de visiteurs par année et…son life guard!
Notre lunch nous a conduit au Mary Mae’s Restaurant. Pour y avoir accès, nous devions longer de splendides jardins sur un terrain ovale, drôle d’architecture paysagère pensez-vous? Et bien, la ville et ses ingénieux employés ont eu la bonne idée d’utiliser un ancien terrain de course de chevaux, qui sont très présents en Australie et, l’ont tout simplement transformé en jardins. Que de la verdure et des fleurs. Quelle ingéniosité!
Heureux mélange pour une ville que cette ambiance à la fois cosmopolite et détendue, un équilibre parfait entre modernité et douceur de vivre. Brisbane nous a touché par son art de combiner l’effervescence d’une grande métropole à l’amour des espaces verts et de l’eau. Et comme corde de plus à son arc, elle est un accès à la Gold Coast, la Sunshine Coast et la Grande Barrière de corail. Un dernier aspect joue dans les faveurs de Brisbane, et non le moindre, son climat subtropical agréable toute l’année.
Par hasard, une dizaine de personnes se sont retrouvées au Bacio café…pour un prosecco et cette agréable ambiance tois ensemble à la salle à manger du Cosmopolitain.
Le Lone Pine Koala Sanctuary, va demeurer pour nous, jeunes de cœur, une expérience inoubliable auprès de la faune la plus emblématique d’Australie.
Une belle découverte que cette journée exploratoire de Brisbane sous les doux regards de cette faune australienne qui vont bercer notre nuit en mer!
La soirée se fait tard, dormez bien!
Lucie
Photos Lucie et Josée
Vous souhaitez connaître d’autres éléments sur Brisbane?
*Lamington est gâteau traditionnel australien constitué de rectangles de gâteau éponge recouverts d'un glaçage au chocolat (parfois à la framboise) et roulé dans de la noix de coco séchée. Il aurait été inventé par accident lorsqu'un chef de Government House a trempé un gâteau éponge dans du chocolat puis dans de la noix de coco pour éviter qu'il ne colle. Ah la gourmandise!
*Le pont Story a un jumeau à Montréal, Canada, le pont Jacques-Cartier, a influencé sa conception. Ah si les brisbanais venaient voir notre nouveau pont Champlain pour une autre de leur création future!
*En 2024, un photographe plasticien américain, Spencer Tunick, a invité des milliers de personnes à participer à une installation d’art public représentant des personnes volontaires nues sur le Story Bridge, dans le cadre du festival d’art queer « Melt ». Désolée, on n’ pas réussi à vous dénicher une photo, hihi!!! Ils sont fous ces Australiens!












































































































































































